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PG 43:1227περιστρέφεται, 422. ἐν γραφίδιVicarius regis, uti dictus, 372.
Victima et o6h, 152.
Videre Deum, quid, 309, 310.
Virgo evangelista, 411.
Visionum diversæ species, 310.
Vila vox περιστρέφεται, 422.
Vilis creator a Judæis ante cibum
invocatus, 337.
Vitulus ἐν γραφίδι factus, 558.
Vocabula quid Varroni, 49.
Xylaloe, 519.
Voces infinitæ origine Græcæ, Ro- Wouwerius, 208.
mana, Italica, Gallicæ, Hispanicæ, Syris, Chaldæis, rabbinis
in usu, 229, 446. Vocum Hellenisticarum non ex Græco, sed
aliunde petenda interpretatio
210. Vocum ac nominum consideratio, 206. Vox Dei, tonitru,
277. Testis Majestatis seu præsentiæ divinæ, 456.
{
Z
Zin et Sin duo deserta, 169.
Ziegleri error, 395.
Zupha Arabum, 513.
LECTORI.
Cum instituti nostri non sit Dionysiacorum carmen integrum edere, quod Nonnus adhuc ethnicus, ut
videtur, vel, ut alii volunt, in paganismi irrisionem, scripsit, poematis argumenta primum exhibemus
quæ Gallice exaravit doctissimus editor Dionysiacorum, cujus Præfationem, ipso perbenigne annuente, dedimus supra; deinde auctoris Invocationem cum tertio decimo cantu integro speciminis gratia exscribinus. EDIT. Patr.
DIONYSIACORUM ARGUMENTA.
Chant premier.
Invocation. Europe enlevée. Typhée dérobe la
foudre. Ruse de Cadmus.
Deuxième chant.
Désordres sur la terre et dans le ciel. Combat
de Jupiter et de Typhée. Mort de Typhée. Jupiter
annonce à Cadmus son destin, et lui dévoilé l'avenir.
Troisième chant.
Cadmus part de Cilicie et aborde à Samothrace.
Palais d'llémation. Cadmus raconte à la reine
Electre son origine. Réponse et conseils d'Electre.
Mercure envoyé par Jupiter.
Quatrième chant.
Harmonie refuse Cadmus. Discours de Vénus
sous la forme de Pisinoé. Harmonie persuadée aime
Cadmus et le suit. Leurs voyages. Lutte de Cadnus contre le dragon de Dircé et contre les habitants de l'Aonie.
Cinquième chant.
Construction de Thèbes. Noces de Cadmus et
d'Harmonie. Présents des dieux. Les quatre fils de
Cadmus leurs mariages. Aristée. Actéon: sa mort
au retour des Indes. Amour de Jupiter pour Proserpine.
Sixième chant.
Inquiétudes de Cérès sa visite au divin Astrée:
elle cache sa fille. Union du dragon et de Proserpine. Naissance de Zagrée, premier Bacchus: sa
mort. Vengeance de son père Jupiter. Le feu et le
déluge.
Septième chant,
Plaintes du Temps. Jupiter le console et lui annonce la naissance du second Bacchus. Sémélé:
son union clandestine.
Huitième chant.
Jalousie de Junon: elle s'adresse à la déesse
Apaté, prend la forme de la nourrice de Sémélé, et
lai soume l'envie et l'orgueil. Sémélé, consumée
sur la terre, monte dans les cieux.
Neuvième chant.
Jupiter père et mère. Naissance de Bacchus. Les
Alles du Lamos le reçoivent. Ino épouse d'Athamas, sa véritable nourrice, le confie aux soins de
Mystis. Folie d'Ino: son absence.
Dixième chant.
Fureur d'Athamas. Retour d'lno; sa fuite; elle se
précipite dans la mer avec Mélicerte. Adolescence
de Bacchus. Le satyre Ampélos: leurs exercices
communs, leurs jeux.
Onzième chant.,
Lutte dans les eaux. Mort d'Ampélos. Affliction
de Bacchus. Eros cherche à le consoler et raconte
les malheurs de Carpos et de Calamos.
Douzième chant.
La Saison de la vendange se rend auprès des
Phanès pour connaître l'avenir. Ampélos devient la
vigne. Joie de Bacchus. Autre légende sur l'origine du raisin. Ivresse des satyres.
Treizième chant.
Dénombrement de l'armée mortelle de Bacchus.
les Béotiens; les Phocéens; les Eubéens; les Athéniens; les habitants d'Egine, de la Crète, de l'Arcadie, de la Sicile, de la Libye, de Chypre, de la
Lydie, de Phrygie et de Samothrace.
Quatorzième chant.
Dénombrement de l'armée divine de Bacchus:
les Cabires; les Telchines; les Corybantes; les
Centaures; les Cyclopes; les Egipans; les Silėnes;
les Satyres; les Bacchantes; les Bassarides. Bataille
du lac Astacide. Le fleuve changé en vin.
Quinzième chant.
Ivresse des Indiens; ils sont faits prisonniers;
Astraïs, leur chef, se retire devant Bacchus. La
nymphe Nicée et le berger Hymnos. Mort d'llymınos. Ses troupeaux le pleurent.
Seizième chant.
Vengeance d'Eros. Amour de Bacchus pour Nicée. Ses plaintes amoureuses. Il la surprend. Fureurs et regrets de Nicée. Elle donne le jour à Télète. Fondation de la ville de Nicée.
Dix-septième chant.
Bacchus quitte la Méonie. Hospitalité du berger
Brongos. Bataille dans les montagnes. Bacchus
vainqueur arrive aux bords de l'Oronte. Suicide d'oronte l'Indien. Soumission de Blémys, chel de
l'Arabie éthiopienne.
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Dix-huitième chant.
Le roi Staphyle; son fils Botrys; son épouse Mé
thé. Palais de Staphyle; sa splendide hospitalité;
sa mort en l'absence de Bacchus. Retour du dieu.
Ses regrets. Deuil de la maison royale.
Dix-neuvième chant.
Bacchus console Méthé et Botrys. Il institue des
jeux en l'honneur de Staphyle. Lutte poétique
d'Eagre et d'Erechthée. Défi de la pantomime et
de la danse entre Maron et Silène, qui est changé
en fleuve.
Vingtième chant.
Bacchus, excité par la Discorde, prend le chemin
des Indes. I emmène Méthé et Botrys. Il passe le
Liban et arrive à Nysa, séjour de Lycurgue. Lycur
gue le poursuit et disperse les Bacchantes. Le dicu
se réfugie dans la mer Rouge.
Vingt et unième chant.
Combat d'Ambrosie contre Lycurgue et sa mé
tamorphose. Lycurgue emprisonné par les nour
rices de Bacchus. Ses fureurs. Sa délivrance. Son
aveuglement. Bacchus quitte la mer. Mission et
retour de Phéresponde ambassadeur du dieu au
près de Dériade. Embuscade des Indiens.
Vingt-deuxième chant.
Marche de l'armée de Bacchus. Défaite du déta
chement des Indiens embusqué, et révélé par une
hamadryade indienne. Les troupes de Bacchus se
déploient. Splendeur du dieu. Exploits d'Eagre,
d'Erechthée et d'Eaque.
Vingt-troisième chant.
L'ennemi submergé; un Indien se tue; l'armée
s'apprête à passer l'Hydaspe; colère du fleuve;
menaces de Bacchus. Incendie des eaux. L'Océan,
pour le faire cesser, appelle Téthys à son aide.
Vingt-quatrième chant.
Supplication de l'Hydaspe; il est changé en vin.
Clémence de Bacchus. Passage du fleuve. Deuil de
l'ennemi. Plaintes de la veuve indienne. Le festin
de l'armée. Vénus, émule de Minerve.
Vingt-cinquième chant.
Invocation du poète à Ilomère et à Pindare.
Comparaison de Bacchus avec Persée, Minos et
Hercule. Attis apporte des armes divines de la part
de Rhéa. Description de ces armes, Moria et
Tylos.
Vingt-sixième chant.
Minerve, sous la forme d'Oronte, réveille Dériade
et l'excite au combat; dénombrement de l'armée
indienne. Généalogic de Dériade, son chef suprême.
Vingt-septième chant.
Les armées se déploient. Harangue de Dériade;
harangue de Bacchus. Jupiter appelle Apollon, Mi
nerve et Vulcain au secours de son fils; les dieux
se partagent.
Vingt-huitième chant.
La charge sonne: la mêlée s'engage; Corymbase
l'Indien. L'éléphant du char de Deriade est tué.
Courage des Athéniens. Exploits des Cyclopes.
Vingt-neuvième chant.
Le combat continue; hauts faits d'Hyménée; il
est blessé; Bacchus le guérit. L'armée resserre les
Indiens entre l'Hydaspe et la ville. Songe de Mars;
il s'éloigne du champ de bataille pour surveiller
Vénus.
Trentième chant.
Morrhée attaque Eurymédon que Vulcain son
père défend. L'Hydaspe protége Morrhée, qui fond
sur les Bacchantes. Mort de Tectaphe. Junon excite
Dériade. Bacchus recule. Minerve le ramène à la
mêlée.
Trente et unième chant.
Junon s'adresse à Proserpine, qui lui prête le
Secours de Mégère; elle envoie Isis, sous la formie
de la Nuit, au Sommeil, pour le prier d'endormir
Jupiter. Elle demande à Vénus son ceste.
Trente-deuxième chant.
Junon se pare du ceste: son entretien avec Ju
piter; leur union. Le combat redouble. Barchus est
saisi de la rage que lui a soufflée Mégère, et s'é
gare. Les Indiens l'emportent; tous les capitaines
grees reculent, moins Eaque.
Trente-troisième chant.
Les Grâces pleurent auprès de Vénus, qui envoie
Eros au secours de l'arniée de Bacchus: il en
flamme Morrhée pour Chalcomède. Plaintes amou
reuses du guerrier indien. Effroi de Chalcomède,
que Thétis rassure.
Trente-quatrième chant.
Agitations de Morrhée. Le combat recommence.
Le héros fait captives un grand nombre de Bac
chantes qu'il donne à Dériade. Supplice des pri
sonniers. Chalcomède attire Morrhée loin de la
mêlée. Les Bassarides sont chassées vers la ville,
où Dériade les enferme.
Trente-cinquième chant.
Défaite des Bacchantes. Chalcomède et Morrhée.
Mercure délivre les Bassarides. Réveil de Jupiter
et son courroux. Il veut que Junon guérisse Bac
chus de sa frénésie. Bacchus est rendu au combat,
et excite le courage de son armée.
Trente-sixième chant.
Combat des dieux. Mercure les apaise. Mêléc des
satyres et des Indiens. Dériade attaqué par Bac
chus. Les transformations du dieu. Les Rhadama
nes construisent des vaisseaux pour la guerre ma
ritime. La trève.
Trente-septième chant.
Cérémonies funèbres. Le búcher d'Ophelte. Jeux
autour du tombeau. La course des chars. Le pugi
lat. La lutte. La course des hommes. Le disque.
Le prix de l'arc. Le combat simulé de deux guer
riers.
Trente-huitième chant.
La guerre se rallume. Présages. Episode de Phaé
thon raconté à Bacchus par Mercure. Description
du zodiaque. Phaethon guide le char du Soleil.
Désordres de la sphère. Il est foudroyé et devient
le Cocher céleste.
Trente-neuvième chant.
Flotte de Bacchus. Dériade rassemble la sienne.
Harangues des deux capitaines. Prières d'Eaque à
Jupiter et d'Erechthée à Borée. Combat naval.
Morrhée blessé. Brülot du cabire Eurymédon. In
cendie de la flotte. Dériade fuit.
Quarantième chant.
Minerve excite et trompe Dériade. Il meurt dans
les flots de l'flydaspe. Lamentations des princesses.
Fin de la guerre des Indes. Bacchus congédie son
armée, et vient à Tyr. Sa description. Hercule As
trochiton. Invention de la navigation. Origine de la
ville de Tyr. Ses fontaines.
Quarante et unième chant.
Description de Béroé. La nymphe Béroé, fille de
Vénus et d'Adonis. Sa mère consulte sur sa des
tinée les tables d'llarmonie, et prie Eros d'eir
flammer pour
elle Neptune et Bacchus.
Quarante-deuxième chant.
Passion de Bacchus pour Béroé. Il se déguise en
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PG 43:1231ΔΙΟΝΥΣΙΑΚΩΝ Πρῶτον ἔχει Κρονίωνα, κερασφόρον ἁρπαγα [νύμφης, καὶ παλάμαις Τυφῶνος ἀρασσόμενον πόλον άστρων. Εἰπὲ, θεά, Κρονίδαο διάκτορον αίθοπος αὐγῆς, νυμφιδίῳ σπινθῆρι μογοστόκον ἆσθμα κεραυνοῦ, καὶ στεροπὴν Σεμέλης θαλαμηπόλον· εἰπὲ δὲ φύτληνlences de Penthée. Prodiges dans la ville de
Thèbes.
chasseur, puis en jardinier, et déclare sa divinité
et son amour. Neptune aime et admire Béroé. Vénus s'alarme de leur rivalité, et ordonne une lutte
amicale entre les deux amants de sa fille.
Quarante-troisième chant.
L'armée divine de Bacchus s'avance contre l'armée divine de Neptune, Harangues des deux capitaines. La mêlée. Plaintes de Psamathe. Jupiter
arrête le combat, et adjuge Béroé à Neptune. Eros
console Bacchus.
Quarante-quatrième chant.
Bacchus arrive à Thèbes. Troubles des Thébains.
Songe d'Agavé. Emportements de son fils Penthée.
I arme ses sujets. Invocation de Bacchus à la
Lune. Le dieu, sous la forme de taureau, se présente à Autonoé pendant son sommeil.
Quarante-cinquième chant.
Délire d'Agavé. Tirésias et Cadmus adoptent le
culte de Bacchus. Reproches de Penthée. Réponse
de Tirésias. Les Tyrrhéniens. Le géant Alpos. VioQuarante-sixième chant.
Bacchus en présence de Penthée, qui, par son
conseil, se déguise en femme pour surveiller les
mystères. Penthée est mis en pièces par les bacchantes. Plaintes d'Agavé, d'Autonoé et de Cadmus.
Bacchus se rend à Athènes.
Quarante-septième chant.
Bacchus en Attique. Icarios, sa fille Erigone;
leur fin. Ariadne dans l'ile de Naxos. Guerre de
Bacchus contre Persée dans l'Argolide. Mort d'Ariadne. Le devin Mélampe pacificateur.
Quarante-huitième chant.
La Terre excite ses fils contre Bacchus. Bataille des géants: ils sont vaincus. Le dieu combat
et épouse Pallène. Aura insulte Diane, qui implore
Néniésis. Frénésie d'Aura; sa mort. Son fils lacchos. Apothéose de Bacchus.
NONNOS.
DIONYSIAQUES.
CHANT PREMIER.
Le premier livre fail voir Jupiler sous la forme
d'un taureau, ravisseur d'une nymphe, et
la sphère durantee par les mains de Typhon.
Racontez, & déesse, le souffle générateur de la
foudre du fils de Saturne, étincelle nuptiale avantcourriere d'un brulant éclat, et réclair qui présida
à l'union de Sémélé. Dites la double naissance de
Un savant critique, M. Ouvaroff, président
de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg,
et correspondant de l'Institut de France, qui, avant
moi, a essayé de tirer Nonnos de l'oubli, mais qui
n'a pas poussé cette fantaisie littéraire jusqu'à le
traduire, s'extasie sur le début du poëme.
Cette exposition, dit il en allemand,
donne
‹ déjà une idée précise de la manière de Nonnos;
car elle renferme une grande partie de ses propriétés: la versification artistique et harmonieuse;
le surabondant et le fantastique de la description;
‹ le mélange varié des phénomènes et leur compli-
⚫cation érudite; l'arrangement original des mots;
⚫ le retour de certaines expressions choisies; enfin les saillies spirituelles qui président à tout
• l'ouvrage, et le sublime qui va jusqu'à l'enflure,
• s'y font déjà reconnaître. Le poête a promis un
chant varié; il tiendra parole.
Il faut remarquer ici avec quel art Nonnos
• désigne d'avance les mythes divers qu'il va re-
• présenter. L'assimilation avec Protéc est particulièrement ingénieuse. Bacchus paraft d'abord,
• tantôt en Zagrée, le fils du Dragon, l'ennemi des
Titans; tantôt comme le fils de Sémélé, élevé dans
le sein de Rhéa; ensuite sous la forme indienne.
Plus loin, c'est la naissance du troisième Bacchus
(Iacchos), puis le mythe homérique de Lycurgue,
enfin l'histoire connue d'lcarios. Le poëte,
pour me servir de ses propres expressions, est
vraiment un Protée lui-même.»
Je ne puis, je l'avouerai, en cette occasion faire
marcher mon enthousiasme de pair avec celui de
M. Ouvaroff; je veux bien convenir avec lui que le
poète égyptien a paraphrasé trois vers d'ffomère
pour en faire jaillir les destinées diverses de son
héros; mais je ne trouve dans une telle exposition
NONNOY
ΔΙΟΝΥΣΙΑΚΩΝ
A.
Πρῶτον ἔχει Κρονίωνα, κερασφόρον ἁρπαγα
[νύμφης,
καὶ παλάμαις Τυφῶνος ἀρασσόμενον πόλον άστρων.
Εἰπὲ, θεά, Κρονίδαο διάκτορον αίθοπος αὐγῆς,
νυμφιδίῳ σπινθῆρι μογοστόκον ἆσθμα κεραυνοῦ,
καὶ στεροπὴν Σεμέλης θαλαμηπόλον· εἰπὲ δὲ φύτλην
qu'un degré de boursoullure beaucoup plus prononcé peut-être que dans le reste de l'épopée; et il
m'est impossible d'oublier, même en faveur de mon
auteur, les préceptes d'Aristote et d'Horace, si bien
répétés par Boileau:
Que le début soit simple, et n'ait rien d'affecté.
• Nonnos, disait, bien avant Boileau luimême, le trop sévère Cunæus, a commis dans
son début une faute grave, il est tombé dans le
‹ vice ridicule que les anciens nomment le paren.
‹ thyrse. La chose arrive quand l'écrivain s'échauffe
mal à propos, bouillonne et s'emporte seul, tandis
que ceux qu'il veut émouvoir n'en font que rire
ou bailler. Il faut que l'exorde soit toujours
• doux, tempéré et modeste. Lorsqu'on s'enflamme
tout d'abord sans y avoir préparé les autres, on
a l'air d'un homme fou ou ivre, parmi des gens
⚫ sensés et à jeun. ›
Quant à moi, écartant l'obscurité des images
trop érudites qui déparent ce frontispice épique, je
suis frappé, dés l'abord, de l'idée-mère adoptée par
le poëte; il semble qu'il ait pris à tâche de saper
par sa base tout le système philosophique que l'empereur Julien avait voulu faire prévaloir dans ce
inème siècle. Nonnos conduit Bacchus, d'origine
grecque, aux Indes pour les civiliser, tandis que
Julien amène ce même Bacchus des Indes pour
éclairer la Grèce. Le passage où le rhéteur, maitre
du monde, traite des allégories du culte bachique,
est trop curieux pour ne pas trouver ici sa place.
... Sémélé fut savante dans les choses divines.
En effet, elle était fille de Cadmus le Phénicien,
issu de cette nation dont le dieu des oracles
‹ atteste la science en ces termes: Les Phéni
ciens ont enseigné bien des routes qui mènent
chez les immortels. - Séwélé fut la première,
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PG 43:1233Βάκχου δισσοτόκοιο, τὸν ἐκ πυρὸς ὑγρὸν ἀείρας Ζεὺς βρέφος ἡμιτέλεστον ἀμαιεύτοιο τεκούσης, φειδομέναις παλάμῃσι τομήν μηροίο χαράξας, ἄρσενι γαστρὶ λόχευε, πατὴρ καὶ πότνια μήτηρ, εὖ εἰδὼς πόνον ἄλλον ἐπὶ στονόεντι κάρητι, ὡς αὐτὸς πάρος ὄγκον ἔχων ἐγκύμονι κόρσῃ, τεύχεσιν ἀστράπτουσαν ἀνηκόντιζεν Αθήνην. "Αξατέ μοι νάρθηκα, τινάξατε κύμβαλα, Μοῦσαι, (ιεροφάντιν ). ἄρσενα τάνδε βᾶθι νηδύν.DIONYSIACORUM
Βάκχου δισσοτόκοιο, τὸν ἐκ πυρὸς ὑγρὸν ἀείρας
Ζεὺς βρέφος ἡμιτέλεστον ἀμαιεύτοιο τεκούσης,
φειδομέναις παλάμῃσι τομήν μηροίο χαράξας,
ἄρσενι γαστρὶ λόχευε, πατὴρ καὶ πότνια μήτηρ,
εὖ εἰδὼς πόνον ἄλλον ἐπὶ στονόεντι κάρητι,
ὡς αὐτὸς πάρος ὄγκον ἔχων ἐγκύμονι κόρσῃ,
τεύχεσιν ἀστράπτουσαν ἀνηκόντιζεν Αθήνην.
"Αξατέ μοι νάρθηκα, τινάξατε κύμβαλα, Μοῦσαι,
• dans la Grèce, à présager Bacchus; il semble
• qu'ayant prédit sa très-prochaine venue, elle
donna plus tôt qu'il ne convenait, et sans attendre le terme fixé, le signal de certains mystères,
«et qu'ainsi elle fut consumée par le feu qui tomba
sur elle. Mais, lorsqu'il plut à Jupiter d'accorder
‹ à tous les hommes un nouvel ordre de choses,
⚫ et de les faire, en commun, passer de la vie nomade à l'état civilisé, Bacchus, génie visible,
• partit des Indes, parcourut les villes, accompagné
⚫ de divinités nombreuses, comme d'une armée, et
• donna à tous les hommes ensemble, pour sym-
• bole de sa manifestation, la vigne que les Grecs
● nommèrent dans leur langue, héméris (svumise
• à la culture, affranchie), pour indiquer, selon
• moi, le bienfait et l'affranchissement que cet
‹ arbuste introduisait dans leur existence. En
• même temps, ils firent de Sémélé la mère de Bacchus, en raison de sa prédiction, et parce que
le dieu lui-même l'honorait comme ayant été
• la première à annoncer son apparition future
• (ιεροφάντιν ).
Après cet historique, exact ainsi qu'on peut
s'en assurer en l'étudiant avec beaucoup de soin,
‹ ceux qui ont bien cherché quel était ce dieu
Bacchus, trouvant la vérité dans ce récit, en ont
fait le fond de leur fable. Ils ont représenté sa
• Substance comme conçue dans son père parmi
les êtres intelligents, comme une production on
engendrée dans le monde, et comme une puissance répandue partout dans l'univers. Il me
• serait difficile d'indiquer ici quelles devraient être
⚫ nos recherches sur ce point, autant parce que
la matière est malaisée à connaitre réellement,
que parce que je ne voudrais pas produire,
comme sur un théâtre, ce dieu à la fois manifeste
● et caché, ni le livrer, en quelque sorte, à des
• esprits incultes, et disposés à toute autre chose
qu'à l'étude de la philosophie.
Je laisse donc à Bacchus lui même le soin de
⚫ toutes ces choses; seulement je le prie de péné-
● trer mon âme et la vôtre de ce saint enthousiasme
‹ qui nous porte à la véritable connaissance des
‹ dieux. › (Julien au cynique Iléraclius, 7• discours.)
Je me hâte de revenir à Nonnos, pour ne pas
tomber dans les ténèbres métaphysiques de l'empereur Julien, qui semble toujours arriver au principe et à la morale du christianisme, même quand
il les combat à l'aide de tous ses souvenirs païens.
On le voit, dans le système du philosophe couronné, comme dans celui du poète de Panopolis,
Bacchus est toujours le dieu de la civilisation; et
Je me borne à rappeler ici que dans les Dionysiaques il s'agit de la victoire du paganisme sur les
cultes sauvages, des lumières relatives sur l'ignorance, du bon génie sur le mauvais, enfin du triom -
phe de la race blanche sur la race noire, que Nonnos voyait déjà se confondre sous ses yeux dans
les populations de l'Egypte.
Je ne puis m'empêcher aussi d'attacher une dernière réflexion à ce début de Nomnos, le plus emharrassé peut-être des paragraphes de son poëme,
quand le goût, la raison et l'imitation de l'Iliade
et de l'Odyssée lui faisaient un devoir d'y être plus
clair encore et plus précis que partout ailleurs.
FRAGMENTA.
Bacchus, que Jupiter arracha tout humide encore
aux flammes, produit imparfait d'une maternité inachevée. Père et mère à la fois, le dieu ménagea
pour lui, de sa propre main, des entrailles masculines dans l'incision de sa cuisse; car il n'ou -
bliait pas que, dans un autre douloureux enfantemment, il avait déjà fait jaillir lui-même d'une tumeur de son front Minerve resplendissante et tout
arinée.
O Muses, portez-moi les férules agitez les
J'en conclus que l'esprit de Nonnos s'était déjà dégagé de ces mythes profanes dont il allait célébrer
Forigine. En effet, les invocations d'Homère aux
Muses et aux dieux de l'Olympe partent d'un sentiment véritablement religieux et d'un cœur croyant.
Les poëtes latins, à son exemple, épiques ou semiépiques, se sont soumis à cet usage devenu règle,
plutôt peut-être par discipline que par foi. Mais
Nounos, esclave à son tour de la formule, me paraît,
dans cet exorde prolongé, développer péniblement
son sujet, enfin obscurcir, malgré lui, de termes
métaphysiques le mystère de la naissance de Bacchus, comme s'il avait déjà détaché ses convictions
du culte de la mythologie, et réservé pour les vers
d'Homère toute son adoration. En un mot, quand il
illustre les vieux mensonges, chers encore à l'imagination des peuples, de tous les prestiges de la
tradition, il se montre déjà, ce me semble, dégoûté
lui-même des fables qui vont bientôt se dissiper
devant ses yeux à la lumière de l'Evangile.
Les entrailles masculines. C'est le même
mot chez Euripide: ἄρσενα τάνδε βᾶθι νηδύν.
(Bacch., v. 530.) Que le corps de ton père soit
pour toi le sein maternel. C'est ainsi qu'un traducteur récent a étouflé sous une pémphrase l'excessive crudité du poëte.
Les férules. - Les plantes de férules étaient
consacrées à Bacchus, soit parce que leur tige
creuse servait à porter le feu des sacrifices, ainsi
que, suivant Hésiode (Théogonie, v. 558), Prométhée en usa pour dérober le feu du ciel; soit,
comme le veut Pline (liv. XXIV, c. 1), parce que
cette herbe, nuisible aux animaux, est aimée de
l'àne, monture de Silène, et chéri de Bacchus.
Plutarque en donne deux autres raisons. La première toute matérielle: c'est, dit-il, que ces bâtons
de férules, étant à la fois solides et très-égers,
soutiennent les vieillards et les convives chancelants,
sans fatiguer leur main; et que si, dans l'ivresse
du repas, ils viennent à s'en frapper, ils ne se font
aucun mal. Le second motif est tout philosophique:
en donnant pour attribut au dieu du vin l'oubli et
la férule, l'antiquité a voulu que l'on pardonnât en
les oubliant les excès de la coupe, ou du moins
qu'ils fussent suivis de châtiments insignifiants et
presque puérils.
propos de ce proverbe que cite Platon dans le
plus sublime de ses dialogues (Phédon, § 69): × Il
y a plus de porteurs de férules que de Bacchus,
Erasme se livre à une boutade tout à fait amusante.
‹ Ceci veut dire que bien des hommes ont plus de
réputation que de vertu. Ne sont pas en effet
théologiens tous ceux qui portent le bonnet do
‹ docteur. Ne sont pas poëtes tous ceux qui eu
prennent le titre. Ne sont pas moines tous ceux
qui en ont le capuchon. Ne sont pas chrétiens
• Lous ceux qui assistent aux offices. Ne sont pas
nobles tous ceux qui ont la Toison d'or. Ne sont
• pas vierges toutes celles qui n'ont pas encore la
• coiffe. Ne sont ni rois tous ceux qui ceignent la
‹ couronne, ni évêques tous ceux qui ont crosse et
nitre, ni papes tous ceux dont la tiare signale la
sainteté. Ne sont pas généraux enfin tous ceux qui
• montrent un aigle sur leurs étendards. Ce n'est,
comme dit Plutarque, ni le manteau ni la barbe
• qui font le philosophe. (Frasme, Adag., p. 234.)
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PG 43:1235καὶ παλάμῃ δότε θύρσον ἀειδόμενον Διονύσου ἀλλὰ χοροῦ ψαύοντα, Φάρῳ παρὰ γείτονι νήσῳ, στήσατέ μοι Πρωτῆς πολύτροπον, ὄφρα φανείη, ποικίλον εἶδος ἔχων, ὅτι ποικίλον ὕμνον ἀράσσω. Εἰ γὰρ ἐφερπύσσεις δράκων, κυκλούμενος ὁλκῷ, μέλψω θεῖον ἄεθλον, ὅπῃ κισσώδεῖ θύρσῳ φρικτὰ δρακοντοκόμων ἐδαΐζετο φύλα Γιγάντων εἰ δὲ λέων φρίξειεν, ἐπαυχενίην τρίχα σείων, Βάκχον ἀνευάξω, βλοσυρῆς ἐπὶ πήχεῖ Ρείης μαζὸν ὑποκλέπτοντα λεοντοβότοιο θεαίνης εἰ δὲ θυελλήεντι μετάρσιος ἅλματι ταρσῶν πόρδαλις άΐξῃ, πολυδαίδαλον εἶδος ἀμείβων, ὑμνήσω Διὸς υἱα, πόθεν γένος ἔκτανεν Ἰνδῶν, πορδαλίων ὀχέεσσι καθιππεύσας ἐλεφάντων εἰ δέμας ἰσάζοιτο τύπῳ συός, υἷα Θυώνης ἀείσω, ποθέοντα συοκτόνον εύγαμεν Αύρην, ὀψιγόνου τριτάτοιο Κυβηλίδα μητέρα Βάκχου εἰ δὲ πέλοι μιμηλὸν ὕδωρ, Διόνυσον ἀείσαι, κόλπον ἀλὸς δύνοντα, κορυσσομένοιο Λυκούργου εἰ φυτὸν αἰθύσσοιτο, νόθον ψιθύρισμα τιταίνων, μνήσομαι Ικαρίσιο, πόθεν παρὰ θυιάδι ληνῷ βότρυς ἁμιλλητῆρι ποδῶν ἐθλίβετο ταρσῷ. *Αξατέ μοι νάρθηκα, Μιμαλλόνες· ὠμαδίην δὲ νεβρίδα ποικιλόνωτον ἐθήμονος ἀντὶ χιτῶνος σφίγξατέ μοι στέρνοισι, Μαρωνίδος ἔμπλεον ἐμῆς, νεκταρέης· βυθίῃ δὲ παρ᾽ Εἰδοθέῃ καὶ ῾Ομήρῳ φωκάων βαρὺ δέρμα φυλασσέσθω Μενελάω. Εντά μοι δότε ρόπτρα καὶ αἰγίδας· ἡδυμελῆ δὲ ἄλλῳ δίθροον αὐτὸν ὀπάσσατε, μή κεν ὀρίνω Φοῖσον ἐμόν· δονάκων γὰρ ἀναίνεται ἔμπνοον ηχώ, τῶν προηγουμένων ἐπῶν ἐπιμέμνημαι. -11 οcymbales; donnez-moi le thyrse si célèbre de Bacchus; montrez-moi prenant part à vos danses le
multiple Protée près de l'ile voisine du phare;
qu'il se montre sous ses transformations, variées
autant que mes chants. Ainsi lorsque, dragon rampant, il se roule en cercle, je chanterai les divines
batailles où, sous un thyrse de lierre, les géants,
et les dragons leur chevelure, furent terrassés. Lion
rugissant, s'il secoue sa crinière, je ferai voir mon
jeune dieu, sur le bras de la redoutable Rhéa, usurpant la mamelle de la déesse qui nourrit les lions.
Si, dans ses nombreuses métamorphoses, il bondit
comme un impétueux léopard, je célébrerai les
triomphes du fils de Jupiter sur les Indiens, quand
il sut atteler à son char les léopards et les éléphants. S'il revêt la forme d'un sanglier, je dirai
les amours du fils de Thyone et son union avec
Aura, l'ennemie des sangliers, Aura, fille de Cybèle,
mère du troisième Bacchus, qui devait naître plus
tard. S'il se change en eau, je chanterai Dionysos
pénétrant dans les abimes de la mer devant l'attaque de Lycurgue. Enfin, s'il s'élance en arbre,
et que son feuillage emprunté murmure, je parlerai d'lcarios, créateur de ce pressoir divin où les
pieds rivalisent à écraser la grappe.
Portez-moi des férules, & Mimallones et au
lien de mon vêtement accoutumé, couvrez ma poitrine de la nébride tachetée, toute parfumée du
nectar de Maronie Gardez pour Ménélas, guidé
par Homère et par l'habitante des abimes, Idothée,
le cuir infect des phoques. Donnez, donnez-moi
les cymbales et les boucliers; à d'autres la double
flute aux douces mélodies. Je ne veux pas offenser
mon Apollon; je sais que le bruit animé des chalumeaux l'importune depuis le défi de Marsyas
Protée. - Nonnos, en rappelant ici l'épisode
de Ménélas dans le quatrième livre de l'Odyssée,
ne perd pas son goût pour les paraphrases: et,
comme il a allongé en cent quarante-deux hexamètres le second et le plus court chapitre de l'Evangile selon saint Jean, il délaye ici en vingt alexandrius ces trois vers d'Homère, où il suit dans leur
ordre et pas à pas les six métamorphoses de Protée:
se transforme d'abord en lion à la crinière
épaisse, puis il devient dragon, léopard, sanglier
‹ énorme. Enfin il se change en eau limpide et en
‹ arbre aux rameaux élevés. (Odyssée, IV, 456.)
Le fils de Thyone. C'est le cinquième Bacchus de Cicéron (de Nat. deor. liv. ill, c. 23):
Quintum, Nyso natum et Thyone. - Mais, chez Nonnos, comme chez Suidas, Thyone n'est qu'un des
surnoms de Sémélé.
Ce troisième Bacchus, né plus tard, ne serait-il
pas plutôt, chez Cicéron, l'aîné des autres, le même
Bacchus qu'il fait naître de Jupiter et de Proserpine?
Et Proserpine n'est-elle pas cette Cybélide, fille ou
petite-tille de Cybèle, mère du troisième Bacchns?
Au lieu de laisser dans l'esprit du lecteur des douses sur ce problème mythologique, au lieu de le
fatiguer d'un résumé même succinct d'innombrables
dissertations, je crois pouvoir assurer d'avance
qu'il en trouvera la solution dans les derniers vers
des Dionysiaques, si sa patience lui permet de pousser jusque-là.
Les Mimallones. - Cette dénomination des
Bacchantes vient de leur habileté et de leur penchant à imiter Bacchus, de prμéopat, comme le veut
Suidas, ou de ce qu'elles habitaient les forêts profondes du mont Mimas en Asie Mineure, si l'on en
croit Strabon. -Je ne suis pas assez savant pour
aller chercher, à la suite de Heinsius, une autre
étymologie chez les Chaldéens. Memalleton, dit-il,
signifie femmes bruyantes et bavardes. Dans ces trois
significations d'un mot assez bizarre, chacun peut
་
καὶ παλάμῃ δότε θύρσον ἀειδόμενον Διονύσου •
ἀλλὰ χοροῦ ψαύοντα, Φάρῳ παρὰ γείτονι νήσῳ,
στήσατέ μοι Πρωτῆς πολύτροπον, ὄφρα φανείη,
ποικίλον εἶδος ἔχων, ὅτι ποικίλον ὕμνον ἀράσσω.
Εἰ γὰρ ἐφερπύσσεις δράκων, κυκλούμενος ὁλκῷ,
μέλψω θεῖον ἄεθλον, ὅπῃ κισσώδεῖ θύρσῳ
φρικτὰ δρακοντοκόμων ἐδαΐζετο φύλα Γιγάντων
εἰ δὲ λέων φρίξειεν, ἐπαυχενίην τρίχα σείων,
Βάκχον ἀνευάξω, βλοσυρῆς ἐπὶ πήχεῖ Ρείης
μαζὸν ὑποκλέπτοντα λεοντοβότοιο θεαίνης·
εἰ δὲ θυελλήεντι μετάρσιος ἅλματι ταρσῶν
πόρδαλις άΐξῃ, πολυδαίδαλον εἶδος ἀμείβων,
ὑμνήσω Διὸς υἱα, πόθεν γένος ἔκτανεν Ἰνδῶν,
πορδαλίων ὀχέεσσι καθιππεύσας ἐλεφάντων·
εἰ δέμας ἰσάζοιτο τύπῳ συός, υἷα Θυώνης
ἀείσω, ποθέοντα συοκτόνον εύγαμεν Αύρην,
ὀψιγόνου τριτάτοιο Κυβηλίδα μητέρα Βάκχου·
εἰ δὲ πέλοι μιμηλὸν ὕδωρ, Διόνυσον ἀείσαι,
κόλπον ἀλὸς δύνοντα, κορυσσομένοιο Λυκούργου
εἰ φυτὸν αἰθύσσοιτο, νόθον ψιθύρισμα τιταίνων,
μνήσομαι Ικαρίσιο, πόθεν παρὰ θυιάδι ληνῷ
βότρυς ἁμιλλητῆρι ποδῶν ἐθλίβετο ταρσῷ.
*Αξατέ μοι νάρθηκα, Μιμαλλόνες· ὠμαδίην δὲ
νεβρίδα ποικιλόνωτον ἐθήμονος ἀντὶ χιτῶνος
σφίγξατέ μοι στέρνοισι, Μαρωνίδος ἔμπλεον ἐμῆς,
νεκταρέης· βυθίῃ δὲ παρ᾽ Εἰδοθέῃ καὶ ῾Ομήρῳ
φωκάων βαρὺ δέρμα φυλασσέσθω Μενελάω.
Εντά μοι δότε ρόπτρα καὶ αἰγίδας· ἡδυμελῆ δὲ
ἄλλῳ δίθροον αὐτὸν ὀπάσσατε, μή κεν ὀρίνω
Φοῖσον ἐμόν· δονάκων γὰρ ἀναίνεται ἔμπνοον ηχώ,
choisir celle qui sera le plus à sa convenaner.
Le nectar de Maronie, - ville de Thrace près
de l'embouchure de l'Hèbre, est le vin avec lequel
Ulysse enivre Polyphème dans l'Odyssée, et que le
cyclope met au-dessus de tous les produits vineux
de la Sicile. Se douterait-on aujourd'hui, en traversant les solitudes baignées par la Maritza, que
le vin de ses coteaux abandonnés l'emportait sur
le nectar de Marsala et de Syracuse?
La terre fertile des Cyclopes leur donne de
• belles grappes, que gonfle la pluie de Jupiter, et
de bon vin; mais celui-ci distille le nectar et
• l'ambroisie.», (Homère, Od., IX, 359.)
Marsyas. Ce sont ces deux vers, 42 et 43,
relatifs à Marsyas, que l'historien Agathias a cités
de mémoire à la suite de ce qu'il dit de Nonnos, et
dont j'ai fait mention dans ma Préface, où yàp &
τῶν προηγουμένων ἐπῶν ἐπιμέμνημαι. -11 ο Galle
depuis y remplacer le verbe rapwonσe, mal corstruit d'ailleurs (car c'est toujours chez Nonnos
Enŋwoŋos; liv. IV, v. 356; et liv. V, v. 132), par
le verbe napnwoŋoɛ, plus favorable à la fois au sens
et à la prosodie.
Quant à Marsyas, cet inventeur infortuné de la
flute, qui, après avoir été écorché vif par Apollon,
devait laisser son nom à plus d'un fleuve, il a inspiré à Alcée ces beaux vers:
⚫ Tu ne chanteras plus comme jadis dans la
Phrygie, mère des pius: tu ne feras plus réson-
⚫ner le bruit de tes roseaux; satyre né d'une nym-
‹ phe, l'instrument de la Tritonide Minerve_nc
• brillera plus en tes mains comme autrefois. Des
chaines chargent tes bras, parce que, niortel, tu
osas défier le dieu Phébus; et les lotus qui te
• pleurent, tels qu'une lyre harmonieuse, au lieu
de la douce couronne, prix de la victoire, ne
‹ l'ont donné que la mort. ›
(Choix de l'Anth, Jacobs, § 1 Epig. 76.)
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PG 43:1237ἐξ ὅτι Μαρσύαο θεημάχον αὐτὸν ἐλέγξας, δέρμα παρῃώρησε φυτῷ, κολπούμενον αὔραις, γυμνώσας ὅλα γυία λιποῤῥίνοιο νομῆος. ᾿Αλλὰ, θεά, μαστῆρος ἀλήμονος ἄρχεο Κάδμου. ΔΙΟΝΥΣΙΑΚΩΝ ΙΓ. Εν τρισκαιδεκάτῳ στρατιήν νήριθμον ἐνίψω, καὶ προμάχους ἥρωας, ἀγειρομένους Διονύσῳ. Ζεὺς δὲ πατὴρ προέηκεν ἐς αύλια θέσκελα Ρείης Ιριν, ἀπαγγέλλουσαν ἐγερσιμόθῳ Διονύσῳ, ἔφρα δίκης ἀδίδακτον ὑπερφιάλων γένος Ἰνδῶν Ασίδος ἐξελάσειεν ἐῷ ποινήτορι θύρσῳ, ναύμαχον ἀμήσας ποταμήτον υἷα κεράστην, Δηριάδην, βασιλῆα· καὶ ἔθνεα πάντα διδάξη Έργια νυχτιχόρευτα, καὶ οίνοπα καρπὸν ὁπώρης. Η μὲν ἐρεσσομένων πτερύγων ανεμώδεῖ ριπῇ δυσταμένη κελάδοντα λεοντοκόμου μυχὸν ἄντρου, ἄψορον ίχνος έπηξεν· ἀφωνήτῳ δὲ σιωπῇ σφιγξαμένη στόμα δοῦλον, ορειάδος ἐγγὺς ἀνάσσης, ἵστατο κυρτωθεῖσα· καθελκομένου δὲ χαρήνου χείλεσιν ἱκεσίοισι πόδας προσπτύξατο Ρείης. Καὶ τὴν μὲν Κορύβαντες, ἀμειδέϊ νεύματι Ρείης, Θεσπεσίης αίροντο παρὰ κρητῆρι τραπέζης. Θαμβαλέη δὲ πιοῦσα νεηγενέος χύσιν οἴνου, τέρπετο βακχευθείσα. Καρηβαρέουσα δὲ δαίμων παιδὶ Διὸς παρεόντι Διὸς μυθήσατο βουλήν Αλκήεις Διόνυσε, τεὸς γενέτης σε κελεύει, εὐσεβίης ἀδίδακτον ἀἱστῶσαι γένος Ινδών. ᾿Αλλὰ τεαῖς παλάμησι μαχήμονα θύρσον ἀείρων, αἰθέρος ἄξια ῥέξον· ἐπεὶ Διὸς ἄμβροτος αὐλὴ οὗ σε πόνων ἀπάνευθε δεδέξεται, οὐδέ σοι Ωραι μήπω ἀεθλεύσαντι πύλας πετάσωσιν Ολύμπου. Ερμείας μόγις ἦλθεν ἐς οὐρανὸν, όππότε ῥάβδῳ ὄμμασιν ἀστράπτοντα ποδῶν ἄπο μέχρι κομάων βουκόλον "Αργον ἔπεφνε, καὶ "Αρεα λύσατο δεσμών. ο πάρος, ποτέ, τότε,ἐξ ὅτι Μαρσύαο θεημάχον αὐτὸν ἐλέγξας,
δέρμα παρῃώρησε φυτῷ, κολπούμενον αὔραις,
γυμνώσας ὅλα γυία λιποῤῥίνοιο νομῆος.
᾿Αλλὰ, θεά, μαστῆρος ἀλήμονος ἄρχεο Κάδμου.
ΔΙΟΝΥΣΙΑΚΩΝ
ΙΓ.
Εν τρισκαιδεκάτῳ στρατιήν νήριθμον ἐνίψω,
καὶ προμάχους ἥρωας, ἀγειρομένους Διονύσῳ.
Ζεὺς δὲ πατὴρ προέηκεν ἐς αύλια θέσκελα Ρείης
Ιριν, ἀπαγγέλλουσαν ἐγερσιμόθῳ Διονύσῳ,
ἔφρα δίκης ἀδίδακτον ὑπερφιάλων γένος Ἰνδῶν
Ασίδος ἐξελάσειεν ἐῷ ποινήτορι θύρσῳ,
ναύμαχον ἀμήσας ποταμήτον υἷα κεράστην,
Δηριάδην, βασιλῆα· καὶ ἔθνεα πάντα διδάξη
Έργια νυχτιχόρευτα, καὶ οίνοπα καρπὸν ὁπώρης.
Η μὲν ἐρεσσομένων πτερύγων ανεμώδεῖ ριπῇ
δυσταμένη κελάδοντα λεοντοκόμου μυχὸν ἄντρου,
ἄψορον ίχνος έπηξεν· ἀφωνήτῳ δὲ σιωπῇ
σφιγξαμένη στόμα δοῦλον, ορειάδος ἐγγὺς ἀνάσσης,
ἵστατο κυρτωθεῖσα· καθελκομένου δὲ χαρήνου
χείλεσιν ἱκεσίοισι πόδας προσπτύξατο Ρείης.
Καὶ τὴν μὲν Κορύβαντες, ἀμειδέϊ νεύματι Ρείης,
Θεσπεσίης αίροντο παρὰ κρητῆρι τραπέζης.
Θαμβαλέη δὲ πιοῦσα νεηγενέος χύσιν οἴνου,
τέρπετο βακχευθείσα. Καρηβαρέουσα δὲ δαίμων
παιδὶ Διὸς παρεόντι Διὸς μυθήσατο βουλήν
Αλκήεις Διόνυσε, τεὸς γενέτης σε κελεύει,
εὐσεβίης ἀδίδακτον ἀἱστῶσαι γένος Ινδών.
᾿Αλλὰ τεαῖς παλάμησι μαχήμονα θύρσον ἀείρων,
αἰθέρος ἄξια ῥέξον· ἐπεὶ Διὸς ἄμβροτος αὐλὴ
οὗ σε πόνων ἀπάνευθε δεδέξεται, οὐδέ σοι Ωραι
μήπω ἀεθλεύσαντι πύλας πετάσωσιν Ολύμπου.
Ερμείας μόγις ἦλθεν ἐς οὐρανὸν, όππότε ῥάβδῳ
ὄμμασιν ἀστράπτοντα ποδῶν ἄπο μέχρι κομάων
βουκόλον "Αργον ἔπεφνε, καὶ "Αρεα λύσατο δεσμών.
• Observation préliminaire. En matière épique,
tous les procédés d'Homère font lui. Son denonbrement, qui a dicté tant de volumineuses dissertations, a débuté par être une loi lui-même. C'est
par l'autorité de ce code de géographie primitive
que Mycale fut adjugée aux habitants de Milet,
Calydon aux Foliens, et que Solon, le sage Solon,
s'empara legitimement de Salamine; c'est encore
à l'imitation de ces archives poétiques, qu'llérodote, narrateur homérique pour ainsi dire, a passé
la revue de l'armée et de la flotte de Xerxès,
avant de raconter la grande guerre des Grecs et
des Perses. Si donc Virgile, Lucain, Stace, Silius
Italicus même, historien versificateur, ont reproduit cette marche de l'épopée sans nous déplaire,
si le Tasse, l'Arioste, le Canoëns, Ercilla, Milton,
Klopstock, Fénelon et Voltaire, en la répétant,
se font lire sans regret, pourquoi dédaigner le dénombrement de Nonuos? Serait-ce parce qu'il
est écrit en vers grecs aussi harmonieux et didactiques, sinon aussi simples, que ceux d'Homère? ou
bien parce qu'il date du quatrième siècle, époque
systématiquement négligée et méconnue?
Quoi qu'il en soit, je dois bien avouer qu'Orphée
et l'entreprise des Argonautes, Homère et la guerre
alors que, dépouillant tous les membres du berger
impie, il en étendit la peau sur un arbre et en lit
une outre gonflée, pour punir sa flute provocatrice. Commencez done, ο déesse, les recherches
vagabondes de Cadmus.
DIONYSIAQUES.
chant treizIÈME.
Je dirai dans le treizième livre le dénombrement de l'armée, et les héros guerriers
rassemblés autour de Bacchus.
Bientôt le père des dieux détache Iris vers les
crèches divines de Rhéa; elle duit annoncer au belliqueux Bacchus qu'il chassera d'Asie avec son
thyrse vengeur la race orgueilleuse de ces Indiens
à qui la justice est inconnue, qu'il vainera dans
un combat naval le fils cornu d'un fleuve, le roi
Dérinde, et enseignera à toutes les nations les joies
des danses nocturnes et le fruit vineux de la vendange.
Iris, s'élançant impétueusement sur ses ailes qui
battent l'air, arrive à l'entrée des grottes bruyantes
habitées par les lions. Elle y pénètre sans bruit,
soumet sa bouche au plus rigoureux silence, el se
tient d'abord inclinée auprès de la reine des montagnes. Puis elle se prosterne, et baise de ses lèvres
suppliantes les pieds de Rhéa. un signe de l'auguste divinité, les Corybantes conduisent Iris auprès des coupes de la table divine; elle s'étonne d'y
boire cette liqueur nouvelle qui la charme, l'euivre;
puis, la tete alourdie des fumées du vin, elle devoile au fils de Jupiter, qui est auprès d'elle, les
volontés de Jupiter lui-meme:
• Courageux Bacchus, ton père L'ordonne d'ex-
‹ terminer la race impie des Indiens. Prends dans
tes mains le thyrse guerrier, et mérite l'Olympe
• par tes exploits. La cour immortelle de Jupiter
ne t'accueillera pas sans épreuves; et les lleures
‹ ne t'ouvriront les portes du ciel que si tu com.
‹ bats. Mercure y est à peine parvenu pour avoir,
⚫ sous son caducée, fait périr le berger Argus, tout
‹ couvert, des pieds aux cheveux, de ses yeux étin-
• celants, et pour avoir détaché les fers de Mars.
Apollon n'habita les cieux qu'après avoir dompté
de Troie, Hésiode même et son énumération théogonique, se présentent souvent à la mémoire de
Nonnos, dans sa revue des peuples réunis sous les
étendards de Bacchus, ou plutôt des nations qui
étaient alors favorisées par la culture de la vigne;
et cependant ces faits, suivant les traditions mythologiques, devaient bien etre postérieurs à l'expédition de Bacchus dans les Indes, si l'on osait
assigner une époque précise à de telles fictions.
J'ajoute que ces anachronismes, dans les Dionysiaques, sont mêlés de beaucoup d'autres plus
frappants encore, dont l'Iliade n'a pu donner
l'exemple, puisque Homère écrivait peu de temps
après les combats qu'il a célébrés. Or, cette confusion chronologique n'est sauvée de temps en
temps que par la répétition des mots πάρος, ποτέ,
τότε, du texte grec, auparavant, un jour, alors, qui
sont bien insuffisants pour rectifier des dates ou
tout au moins pour désigner un siècle; mais,
malgré tout, un véritable intérêt d'érudition se
porte sur ces légendes imaginaires qui se rattachent à des notions de géographie antique trèspositives. Après cette observation préalable,
j'entre en matière.
col. 1239–1240page 7 of 29
PG 43:1239εὐεπίης ὅλον όρμον, Εννοσιγαίου Αρνην καὶ Πετεῶνα, Ενδιον Εννοσιγαίου Ογχηστόν, Μετεώνα. Δελφίνην δ' ἐδάμασσε, καὶ αἰθέρα ναἶεν ᾿Απόλλων. Οὐδὲ τεὸς γενέτης, μακάρων πρόμος, όψιμέδων Ζεὺς νόσφι πόνων ἀνέβαινεν ἐς οὐρανὸν, όρχαμος ἄστρων, εἰ μὴ πρῶτον ἔδησεν ἀπειλητῆρας Ολύμπου, Ταρταρίῳ Τιτήνας υποκρύψας κενεῶνι. Καὶ σὺ μετ᾿ ᾿Απόλλωνα, μεθ' Ερμάωνα, μογήσας, μισθὸν ἔχεις καμάτων, πατρώϊον αιθέρα ναίων. Ως φαμένη, πρὸς Ολυμπον ἔδη θεός. Αίψα δὲ Ρείη παμμήτωρ προέηκεν ἀγέστρατον ἀγγελιώτην, Πύρριχον, ὀρχηστηρα φιλοσμαράγδιο βοείης, φύλοπιν ἀγγέλλοντα κορυσσομένοιο Λυαίου. Καὶ στρατιὴν πολύμορφον ἀολλίζων Διονύσω, Πύρριχος ἀενάοιο διέδραμεν έδρανα κόσμου. Εὐρώπης δὲ γένεθλα καὶ ᾿Ασίδος ἔθνεα γαίης, πάντας ἄγων, νόστησεν ἐς ἀκροβίων χθόνα Λυδῶν. ᾿Αλλὰ πολυσπερίων προμάχων ηρωΐδα φύτλην, καὶ λασίων Σατύρων, Κενταυρίδος αἷμα γενέθλης, Σειληνῶν τε φάλαγγα δασυνήμοιο γενέθλης, καὶ στίχα Βασσαρίδων, Κορυβαντίδες εἴπατε Μοῦσαι. Οὐ γὰρ ἐγὼ τόσα φύλα δέκα γλώσσῃσιν ἀείσω, οὐδὲ δέκα στομάτεσσι, χέων χαλκόθροον ἐχώ, ὀππόσα Βάκχος ἄγειρε δορυσσόος· ἀλλὰ λιγαίνων ἡγεμόνας, καὶ Ὅμηρον ἀοσσητῆρα καλέσσω, εὐεπίης ὅλον ὅρμον· ἐπεὶ πλωτῆρες ἀλῆται πλαγκτοσύνης καλέουσιν ἀρηγόνα Κυανοχαίτην. Πρῶτα μὲν, εὐθύρσοιο καλεσταμένου Διονύσου, Ακταίων ταχὺς ἦλθεν, ὁμόγνιον αἷμα γεραίρων, πατρίδος 'Αονίης ἑπτάστομον οἶδας ἐάσας Βοιωτῶν δὲ φάλαγγες ἐπέῤῥεον, οι χθόνα Θήβης ᾤκεον εὐπύργοιο, καὶ ἔνδιον Εννοσιγαίου Ογχηστον, Πετεῶνα, καὶ Ὠκαλέην, καὶ Ερυθράς, » (Οἱ δὲ ποιηταί κοσμοῦσιν.)• Delphine Ton père lui-même, le premier des
dieux, le grand Jupiter, u'a pas sans fatigue oc-
• cupé le trône des astres, car il a auparavant enchaîné les assaillants de l'Olympe, et enseveli
‹ les Titans dans les antres du Tartare. Quand tu
‹ auras souffert, comme Apollon et Mercure, tu
auras aussi en héritage le séjour des airs pour
prix de ton labeur. ›
Elle dit, et retourna dans l'Olympe. Aussitôt
Rhéa, la mère universelle, fit partir en héraut pour
rassembler ses troupes, Pyrrhique, le danseur au
bruyant tambourin; il est chargé de proclamer la
guerre et d'en annoncer les préparatis. Pyrrhique
parcourt toutes les contrées du monde éternel, et
forme des éléments les plus divers l'armée de Bacchus; il réunit les générations de l'Europe, les nations de l'Asie, et les conduit toutes ensemble chez
les voluptueux Lydiens.
Mais celte héroïque race de guerriers si différents, les satyres velus, la génération des centaures,
tes tribus des silenes aux jambes hérissées de poils,
et les phalanges des Bassarides; dites les vousmêmes, o Muses des Corybantes! car pour déuombrer la multitude que Bacchus rallie sous sa lance,
dix langues ne pourraient me suffire, ni même dix
bouches à la voix d'airain. Pour célébrer leurs chefs,
j'appellerai à mon secours Homère; Homère, asile
de tout le beau langage. El quoi! les navigateurs
errants pour les aider dans leur course vagabonde
n'implorent-ils pas aussi Neptune (2)?
Et d'abord, à l'appel du dieu du thyrse accourut
Actéon. I a, pour faire honneur à leur commune
origine, quitté sa patrie, l'Aonie, que sept fleuves
traversent. Les phalanges de la Béotic le suivent.
Ce sont les citoyens de Thèbes aux belles tours
d'Oncheste, séjour de Neptune de Pétéone
Ocalée Erythré d'Arné la vineuse, dont
Delphine. Delphine est un des noms du
serpent Python, Ashoplyny lúptov, a dit Apollonius de Rhodes (liv. II, v. 706 ). Sans doute,
parce qu'il était né du limon corrompu, resté à
Delphies après le déluge de Deucalion, ou bien,
parce qu'en témoignage de la victoire d'Apollon
a peau écailleuse de Python entourait le trépied
de Delphes.
Imitation d'Homère.- Ici Nonnos, et il en est
fier, suit pas à pas les traces d'Homère, asile
complet du beau langage, εὐεπίης ὅλον όρμον, insi
qu'il le nomme lui même; car, après avoir reculé,
comme lui, devant la tâche de décrire une telle
multitude, et souhaité les dix langues et les dix
bouches à la voix d'airain, il invoque les Muses
corybantes en place des Muses olympiennes, et
commence aussi le catalogue par la Béotie, Là il répète les noms des localités ci:ées par Homère avec
une telle exactitude, que le texte de l'Iliade m'a
servi à rétablir le texte des Dionysiaques. Ainsi, il
est évident que le nom d'Arné, qui commence les
deux vers 58 et 59, doit être supprimé dans le premier, où il s'est glissé par une incurie de copiste,
et doit être remplacé par Oncheste, qu'Homère a
dotée, comme elle le sera ici après ma correction,
d'un temple de Neptune. Alors au lieu de EVOLOV
Εννοσιγαίου Αρνην καὶ Πετεῶνα, je lis: Ενδιον
Εννοσιγαίου Ογχηστόν, Μετεώνα. Et je n'ai eu
d'autre peine pour rétablir la mesure du vers que
de retrancher la conjonctive xal, ainsi que cela se
présente dans plusieurs des hémistiches qui précèdent ou suivent. Nonnos a néanmoins élagué de la
Béotie homérique, non pas sans doute lyrie et
Aulis, qu'on retrouve dans la seconde classe des
Béoliens sous les ordres d'Hyménée, mais bien
Etéone, Glissas, Eutrèse; et il y ajoute seulement
Δελφίνην δ' ἐδάμασσε, καὶ αἰθέρα ναἶεν ᾿Απόλλων.
Οὐδὲ τεὸς γενέτης, μακάρων πρόμος, όψιμέδων Ζεὺς
νόσφι πόνων ἀνέβαινεν ἐς οὐρανὸν, όρχαμος ἄστρων,
εἰ μὴ πρῶτον ἔδησεν ἀπειλητῆρας Ολύμπου,
Ταρταρίῳ Τιτήνας υποκρύψας κενεῶνι.
Καὶ σὺ μετ᾿ ᾿Απόλλωνα, μεθ' Ερμάωνα, μογήσας,
μισθὸν ἔχεις καμάτων, πατρώϊον αιθέρα ναίων.
Ως φαμένη, πρὸς Ολυμπον ἔδη θεός. Αίψα δὲ Ρείη
παμμήτωρ προέηκεν ἀγέστρατον ἀγγελιώτην,
Πύρριχον, ὀρχηστηρα φιλοσμαράγδιο βοείης,
φύλοπιν ἀγγέλλοντα κορυσσομένοιο Λυαίου.
Καὶ στρατιὴν πολύμορφον ἀολλίζων Διονύσω,
Πύρριχος ἀενάοιο διέδραμεν έδρανα κόσμου.
Εὐρώπης δὲ γένεθλα καὶ ᾿Ασίδος ἔθνεα γαίης,
πάντας ἄγων, νόστησεν ἐς ἀκροβίων χθόνα Λυδῶν.
᾿Αλλὰ πολυσπερίων προμάχων ηρωΐδα φύτλην,
καὶ λασίων Σατύρων, Κενταυρίδος αἷμα γενέθλης,
Σειληνῶν τε φάλαγγα δασυνήμοιο γενέθλης,
καὶ στίχα Βασσαρίδων, Κορυβαντίδες εἴπατε Μοῦσαι.
Οὐ γὰρ ἐγὼ τόσα φύλα δέκα γλώσσῃσιν ἀείσω,
οὐδὲ δέκα στομάτεσσι, χέων χαλκόθροον ἐχώ,
ὀππόσα Βάκχος ἄγειρε δορυσσόος· ἀλλὰ λιγαίνων
ἡγεμόνας, καὶ Ὅμηρον ἀοσσητῆρα καλέσσω,
εὐεπίης ὅλον ὅρμον· ἐπεὶ πλωτῆρες ἀλῆται
πλαγκτοσύνης καλέουσιν ἀρηγόνα Κυανοχαίτην.
Πρῶτα μὲν, εὐθύρσοιο καλεσταμένου Διονύσου,
Ακταίων ταχὺς ἦλθεν, ὁμόγνιον αἷμα γεραίρων,
πατρίδος 'Αονίης ἑπτάστομον οἶδας ἐάσας·
Βοιωτῶν δὲ φάλαγγες ἐπέῤῥεον, οι χθόνα Θήβης
ᾤκεον εὐπύργοιο, καὶ ἔνδιον Εννοσιγαίου
Ογχηστον, Πετεῶνα, καὶ Ὠκαλέην, καὶ Ερυθράς,
Ascrée, pour amener un compliment bien mérité,
d'ailleurs, par Hésiode.
Je ferais également subir une légère inflexion à
une lettre de la Méléone de Nounos, qui deviendra
ainsi la Médéone d'Homère. On pourrait croire
aussi que les trois villes omises par notre poëte
n'existaient plus de son temps, ou même qu'il ne
restait plus au quatrième siècle, en Béoţie, qu'un
très-petit nombre des villes nommées par Homère
et répétées par Nonnos.
Oncheste. Oncheste, dit Strabon, cest sur
• une hauteur sans arbres; et son temple de Nep-
‹ tune est privé d'arbres aussi: mais les poètes em-
• bellissent tout.» (Οἱ δὲ ποιηταί κοσμοῦσιν.)
Pétéon. Pétéon. Ce bourg de la Béotie,
près de la route de Thèbes à Anthédon, ne sonne
pas bien haut dans l'antiquité, dit Eustathe; on
sait seulement qu'il a reçu son nom d'un certain
Pétéon. J'ai poussé mes recherches plus loin que le
savant archevêque de Thessalonique, et je veux
voir, dans ce certain Pétéon (DETEVOS TIVO; ), le
roi Pétéos, fils d'Ornéos et petit-fils d'Erechthée,
qui, chassé d'Athènes par Egée, s'établit en Thessalie. Il était le père de Ménesthée, l'habile écuyer,
qui commandait les Athéniens sous les murs de
Troie, et qui, chef de la faction des Pallantides,
régna dans Athènes après Thésée.
Ocalée. Ocalée s'appelait ainsi, selon
Etienne de Byzance, parce qu'elle était le plus court
chemin pour se rendre de Thespie à Thèbes (wxéa).
Erythre.—Erythre, qui est sur la même route,
est la mère des colonies ioniennes de ce nom, s'il
faut en croire Strabon, et non quelques critiques
hardis, ses contradicteurs modernes. Dites pecorum Erythra (Stace, Theb. VII, 265).
col. 1241–1242page 8 of 29
PG 43:1241Αρνην βοτρυόεσσαν, ἀγαλλομένην Διονύσω οι τε Μίδειαν έναιον, ἀειδομένας τε πολίχνας Εἰλέσιον, καὶ Σκώλον, αλικρή πιδά τε Θίσβην, δρμον ἐϋτρήρωνα θαλασσαίης Αφροδίτης, καὶ δάπεδον Σχοίνοιο, καὶ εὐχαίτην Ελεῶνα, Κώπας τ', ἀγλαὸν οἶδας, ὅπη περίπυστον ἀκούω ἐγχελύων θρέπτειραν, ἐπώνυμον εἰσέτι λίμνην καὶ λάσιον Μεδεῶνα, καὶ οἱ λάχον εὔβοτον Ὕλην, σκυτοτόμου Τυχίοιο τανυκνήμιδα τιθήνην καὶ πέδον εὐρύαλον χθονίῃ πεφυλαγμένον ἐμφῃ, ἅρματος οψιγόνοιο φερώνυμον Αμφιαράου μέγισται, καὶ ἐσθίειν εἰσὶν ἥδισται). Κωπαῖοι καὶ Στρυμόνια, μεγάλαι τε γάρ εἰσι, καὶ τὸ πάχος θαυμασται. Όμως δ' οἶμαι βασιλεύει πάντων τῶν περὶ δαῖτα, καὶ ἡδονῇ ἡγεμονεύει. φεύγοντι καὶ παῖδες θεῶν. (61.)Αρνην βοτρυόεσσαν, ἀγαλλομένην Διονύσω·
οι τε Μίδειαν έναιον, ἀειδομένας τε πολίχνας
Εἰλέσιον, καὶ Σκώλον, αλικρή πιδά τε Θίσβην,
δρμον ἐϋτρήρωνα θαλασσαίης Αφροδίτης,
καὶ δάπεδον Σχοίνοιο, καὶ εὐχαίτην Ελεῶνα,
Κώπας τ', ἀγλαὸν οἶδας, ὅπη περίπυστον ἀκούω
ἐγχελύων θρέπτειραν, ἐπώνυμον εἰσέτι λίμνην·
καὶ λάσιον Μεδεῶνα, καὶ οἱ λάχον εὔβοτον Ὕλην,
σκυτοτόμου Τυχίοιο τανυκνήμιδα τιθήνην·
καὶ πέδον εὐρύαλον χθονίῃ πεφυλαγμένον ἐμφῃ,
ἅρματος οψιγόνοιο φερώνυμον Αμφιαράου -
Arné. Arné, aux nombreux raisins chez
Homère (odvorápulos), est encore ici sous la même
qualification (Boτpudɛσσav), la contrée fière de Bacchus. L'imitation est complète. Arné, la seconde
ville de la Béotie, prit, plus tard, le nom de Chéronée, de Chéron, fils d'Apollon. Elle vit le triomphe de
Philippe sur les Athéniens, de Sylla sur Mithridate,
fit naître Plutarque, et elle se cache maintenant
sous des ruines où les bergers voisins abritent leurs
chèvres, et que, pour ce fait, ils appellent Caprènes.
Midée. Midée, comme par compensation,
l'obscure Midée, que, dans l'époque mythologique,
un vers d'Homère seul a sauvée d'un entier oubli,
a cédé sa place à Livadie d'une célébrité toute moderne.
Elésie. Elésie, qui devait ce nom à la
proximité des marais (λos), n'a laissé aucune trace.
Scole. Scolos, sur le Cithéron ville mal
famée dans l'antiquité, puisqu'un proverbe ordonnait d'en fuir les abords, Scolos, dont Pausanias
lui-même n'a pu voir les ruines, partage avec Elésie
l'épithète de célèbre. J'aurais dû dire célébrées; car,
daus la pensée de Nommos, elles ne me paraissent
acquérir la célébrité qu'en raison des éloges de Démétrius de Phalère, et par conséquent au prix d'un
anachronisme. Dans Homère, dit-il, les noms
• imparfaits ou ignorés des villes béotiennes prennent, de leur agglomération harmonieuse, une certaine grandeur et quelque importance. › (De l'élocution.
Thisbé. Thisbé, qu'Homère désigne
comme le séjour favori des colombes, se voit sur
les bords de la mer de Corinthe. C'est le port où
l'Aphrodite maritime rassemble ses colombes les
plus belles (torppuva). Et, en effet, le port de
Thisbé, maintenant Gianiki, est ceint de rochers
où les oiseaux de Vénus font leurs nids en grand
nombre: ‹ Dionæis avibus circumsona Thisbe. ›
(Stace, Théb., 1. VII, v. 261.) Lactance assure
que Jupiter rendait des oracles à Thisbé par le
moyen des colombes, sans doute comme à Dodone.
Schænos. La ville de Schoenos, que je
place auprès de Scolos, comme dans les vers de
Iliade, bien qu'éponyme de Schoœnée, le père d'Atalante, voit sa plaine traversée par le Schoenos, le
Morikios d'aujourd'hui, bien petite rivière, si l'on
en juge par son nom. Les jones qui le lui donnent
ne croissent d'ordinaire qu'au bord de petits cours
d'eau lents ou faibles, car ils sont déracinés et entraînés par les grands fleuves.
Elévne. Eléone est encore une de ces villes, nées des marais, qui semblent ne figurer sur
la carte poétique, qu'en faveur de leur nom mélodieux et de l'euphonie.
Cupé. Copas, petite ville près du lac auquel elle a donné ou emprunté son nom, fut renommée par ses anguilles, inconnues à Homère. Il fait
pourtant mention des anguilles du Scamandre, qui
in'ont paru excellentes aussi. Les Copaïdes prirent
une grande faveur sur les tables et les marchés
d'Athènes. Les Béotiens, par une tradition antique
Bacchus fait la richesse ceux qui habitent
Midée et les célèbres villes d'Hilésie
Scole Thisbé, fondée sur les ondes, port
chéri des colombes de la Vénus des mers
et la plaine de Schoenos et Eléone aux belles
forêts et le sol fertile de Copas où l'on
m'assure que le lac de ce nom est fameux encore
par les anguilles qu'il nourrit, et Médéon, aux ombrages touffus et ceux qui ont en partage
Hyle aux riches pâturages et aux larges penchants, nourrice de Tychos l'habile artiste en
boucliers; et la vaste plaine aestinée à l'oracle terrestre qui doit porter plus tard le nom laissé par
le char d'Amphiaraus et la ville des Thespiens et Platée, aux collines prolongées,
dont ils ne savaient pas se rendre compte, (était-ce
donc en raison de leur qualité de Béotiens?) les sacrifiaient aux dieux en guise de victime: «C'est
là, en effet, › dit Pausanias, que se trouvent les
• plus grandes et les plus exquises. › (Kal µɛyéosi
μέγισται, καὶ ἐσθίειν εἰσὶν ἥδισται). Et Archestrate,
le partisan d'Epicure, ajoute en vers dignes d'ètre
enregistrés par les gastronomes L'anguille du
lac Copais et du Strymon est grande et d'une
• grosseur merveilleuse; elle l'emporte en succulence sur tout le reste, et c'est, selon moi, la
reine des festins. ›
Κωπαῖοι καὶ Στρυμόνια, μεγάλαι τε γάρ εἰσι,
καὶ τὸ πάχος θαυμασται. Όμως δ' οἶμαι βασιλεύει
πάντων τῶν περὶ δαῖτα, καὶ ἡδονῇ ἡγεμονεύει.
Méaéon. Médéon, la ville bien bâtie d'Homère (tüxtiusvov), ne figure plus ici que chargée
d'arbustes toudus (^ástov). Elle avait été fondée par
Médéon, fils de Pylade et d'Electre.
Nylé. — Hylé, comme Copé, donne son nom
à un petit lac qui se dégorge dans le détroit occidental de l'Eubée, mais à ciel ouvert, et par le
fleuve Ismène, tandis que les eaux surabondantes
du lac Copaïs s'y rendent par des canaux souterrains.
Tychos l'armurier. Hylé était la patrie de
l'armurier Tychos, qui fit le bouclier d'Ajax, semblable à une tour (hote núpyoy). Et Nonnos fait
ici allusion au vers 220 du septième chant de l'Iliade. Tychos, qu'llomère a immortalisé, était ce
même ouvrier en cuir de Néon-Tychos sur les bords
de l'Hermos, chez lequel le sublime mendiant, dans
ses malheurs, trouva une hospitalité généreuse, el
fit ses premiers vers.
Honorez l'étranger qui n'a ni ressources ni
asile, ô vous habitants de la ville élevée et charmante que Cyme a fait naître aux penchants ré-
• générés du mont Sardène, dont les sommets se
couvrent d'ombrage; 6 vons tous qui buvez l'onde
• délicieuse de l'Hermos profond, fleuve divin, en-
• fanté par l'immortel Jupiter. ›
Le char d'Amphiaraus. La plaine d'Amphiaraus désigne la ville d'Harma. C'est là que,
dans sa fuite, Amphiaraus, effrayé, et son char
(appa) furent engloutis ensemble dans un abfme
ouvert par Jupiter. Car les enfants des dieux, ›
dit Pindare, ‹ s'épouvantent aussi des terreurs que
⚫ les dieux envoient. › 'Ey yap Azipovioısı ç660!;
φεύγοντι καὶ παῖδες θεῶν. (Νem. od. IX, v. 61.)
Thespie. Thespie sur l'Hélicon. C'est maintenant Cacosi, suivant le géographe Mélétius. Et
n'est-il pas la meilleure autorité pour cette partie
de la Grèce qu'il avait longtemps habitée, parcou
rue et étudiée? Thespie n'avait plus au siècle de
Cicéron d'autre titre à la curiosité que le Cupidon
de Praxitèle: • Cupidinem illum qui est Thespiis,
• propter quem Thespiæ visuntur: nam alia visendi
causa nulla est. (In Verr. act. II, lib. IV, c. 2.)
L'orateur romain oublie la célèbre fontaine de
Thespie, qui, suivant Pline, donnait aux femmes la
col. 1243–1244page 9 of 29
PG 43:1243πατρίδ᾽ ἀδυεπήν ου αὐδήεσσαν, Θεσπιέων τε πόληα, βαθυκνή μους τε Πλαταιάς, ὑδρηλήν θ' 'Αλίαρτον, δρεσσι του ποταμοῖο χεύμασι μετσατίοισι μεριζομένην Ἑλικῶνος οι τ' εἶχον πυμάτην 'Ανθηδόνα, γείτονα πόντου, βαιὴν ἰχθυβολῆος ἀειζώοιο πολίχνην, Αγροδίου Γλαύκοιο· καὶ οἱ δυσπέμφελον "Ασκρην, πάτρην αὐδήεσσαν ἀσιγήτοιο νομος, Γραίης θ' ἱερὸν ἄστυ, καὶ εὐρυχόρου Μυκαλησσού, Ευρυάλης μίμημα φερώνυμον ἀνθερεώνος, καὶ χθόνα Νισαίην, καὶ ἐπώνυμον ἄστυ Κορώνου.Haliarte que baigne le fleuve Hélicon, torrent de la montagne, dont les flots la divisent en
deux parts; et ceux qui tiennent Anthédon à
la dernière limite vers la mer, petite ville de l'immortel pêcheur Glaucos habitant des eaux, et
Ascrée d'un accès si dilicile, illustre patrie
du chantre immortel des pâturages, et la sainte
citadelle de Gréa et la large Mycalesse
qui garde le nom imité du gosier de la gorgone
Euryale, et les champs de Nyssa et la ville
qui a reçu le nom de Coronos Tous partaient
fécondité; ou pent-être ne croit-il pas à sa vertu.
L'archevêque Mélétius l'a retrouvée dans ses investigations modernes; il vante aussi les remparts et
les tombeaux creusés dans les carrières mêmes de
Thespie. Mais les Grecs, dit Pausanias, font plus
⚫ de cas des merveilles étrangères que de ce qu'ils
⚫ ont chez eux. (Liv. IX, c. 36.)
Platée.
Platée est trop célèbre pour avoir
besoin de mon commentaire. Ces belles actions
• accomplies dans un noble but et avec un grand
courage, je ne sais comment il se fait qu'on les
loue à plus haute et plus pleine voix. Tels sont
• Marathon, Salamine, Platée, vastes champs ou-
• verts à l'éloquence. › (Cic., De off., 1. 1. c. 18.)
Haliarte.
Haliarte n'existe plus que sous
te nom moderne de Tridouni; elle avait, chez Homère, l'épithète d'Herbeuse (motheve') qu'expliquent
les irrigations du torrent de l'Hélicon, décrites par
Nonnos. Mais cette abondance d'herbe, Stace la
prend en mauvaise part, et prétend qu'elle nuit aux
moissons d'llaliarte":
Novis Haliartos aristis
Invidet, et nimia sata læta supervenit herba.
(Théb., 1. VII, v. 275.)
Anthédon. Anthédon, dans l'Iliade, est la
frontière de la Béotie (toxarówsay); elle est ici
également à la dernière finite sur la mer. Mais
Nonnos y rattache le souvenir de Glaucos, le dieu
maritime.
Glaucos. Ovide, dans ses Métamorphoses,
fait parler ce dieu marin en courtisan voluptueux
et efféminé du siècle d'Auguste, lorsqu'il dit à
Scylla Que me sert de plaire aux divinités des
mers, ou d'être dieu moi-même, si je ne puis
• réussir à vous toucher? >
Quid dis placuisse marinis,
Quid juvat esse deum, si non tu tangeris istis?
(Métam., I. XIII, v. 965.)
Une poétesse grecque peu connue, qui avait écrit
en vers iambiques un poème de Scylla, et il en reste
quelques lambeaux, Hédyle, dans un style naif et
bucolique, a dit bien mieux qu'Ovide, si je ne me
trompe:
• Glaucos offre en présent, tantôt un coquillage
• des roches de la mer Erythrée, tantôt de jeunes
alcyons sans plumes encore, pour amuser la
nymphe insensible; puis il pleure, et la vierge
• Sirène, sa voisine, en prend pitié.»
(Athénée, liv. VII, ch. 12.)
Ascrée.
- Je ne puis en conscience respecter l'épithète Sappheσoav, terre des lauriers, que
les manuscrits ou éditions de Nonnos donnent à
Ascrée, patrie d'Hésiode. Le chantre des Travaux
et des jours, nous a trop bien dépeint sa ville
adoptive, misérable bourgade, dit-il, mauvaise
● en hiver, fatigante en été, et honnête jamais. ›
J'aime mieux lire πατρίδ᾽ ἀδυεπήν ου αὐδήεσσαν,
pour me rapprocher un peu plus du terme écrit;
patrie éloquente du chantre immortel; car, je me
souviens que cette même épithète adventy est altribuée à Ascrée par Pindare: or Nonnos n'aura fait
Θεσπιέων τε πόληα, βαθυκνή μους τε Πλαταιάς,
ὑδρηλήν θ' 'Αλίαρτον, δρεσσι του ποταμοῖο
χεύμασι μετσατίοισι μεριζομένην Ἑλικῶνος·
οι τ' εἶχον πυμάτην 'Ανθηδόνα, γείτονα πόντου,
βαιὴν ἰχθυβολῆος ἀειζώοιο πολίχνην,
Αγροδίου Γλαύκοιο· καὶ οἱ δυσπέμφελον "Ασκρην,
πάτρην αὐδήεσσαν ἀσιγήτοιο νομος,
Γραίης θ' ἱερὸν ἄστυ, καὶ εὐρυχόρου Μυκαλησσού,
ispòv
Ευρυάλης μίμημα φερώνυμον ἀνθερεώνος,
καὶ χθόνα Νισαίην, καὶ ἐπώνυμον ἄστυ Κορώνου.
faute de lui en emprunter l'équivalent, suivant sa
coutume, tout en reproduisant l'humeur d'Hésiode
contre son pays par le terme dvonéµóɛhov. Il pourrait me suffire, d'ailleurs, pour bannir irrévocablement du texte grec le mot dayɛosa, de faire
observer qu'il se retrouve à cinq vers de distance,
el cette fois très justement appliqué à Apollon.
Gréa. Gréa, qui est aussi Pomandrie et
Tanagre chez les anciens, Sicamino chez les modernes, a donné son nom à la Grèce, et la reçu
elle-même de Tanagra, fille d'Eole ou d'Asope,
comme le voulait la célèbre Corinne, née dans ses
murs. La nymphe Tanagra fut surnommée la
Vieille (pala), pour avoir atteint une extrême
vieillesse. Les citoyens de Gréa s'appelèrent Graikoi; de là les Grecs de nos jours, soit qu'ils tirent
leur origine de Græa, soit d'un Græcos distinct,
habitant de Græa; et ils ont gardé ce nom à travers
les siècles, même depuis que la ville étymologique
(ispòv ǎotu), la ville sacrée, a disparu.
Mycalesse.· C'est encore en l'altérant que
Nonnos a reproduit à l'avantage de Mycalesse l'épithète d'Homère supúxopov, aux larges plaines; il
y a joint un commentaire étyniologique pour faire
remonter aux mugissements d'une gorgone (HÚxnua) l'appellation de Mycalesse; mais il est, sur
ce point, en contradiction avec Pausanias, autorité
plus grave. Celui-ci rapporte les légendes nationales, et affirme que Mycalesse prit son nom de la
génisse fatidique, qui, en guidant Cadmus vers
Thèbes, vint à mugir en cet endroit.
Nisa. Est-ce Nisa qu'Homère a nommée
divine, Calény, parce qu'on y voyait un temple de
Bacchus? Nonnos dit les champs de Nisée, et, involontairement sans doute, il indique ainsi un autre
territoire que celui de la Nissa de l'Iliade. J'ai bien
jadis, pour me rendre à Nisée, le port de Mégare,
traversé pendant près d'une heure de riantes campagnes que mon guide nommait la plaine de Nisée.
D'un autre côté, il n'y a point de ville de Nisa en
Béotie, ce dont Strabon le grand géographe, adorateur d'Homère, a peine à convenir. On veut voir
alors, dans la Nissa du Dénombrement de l'Iliade,
le bourg d'Isos, dont il restait encore quelques ruines au temps de Strabon. Mais, soit que Nonnos ait
reculé devant la controverse, soit qu'il ait voulu
s'éloigner d'Homère, ce que je ne saurais croire,
toujours est-il qu'en cette occasion, en citant la
plaine de Nisée, il a transporté à la Béotie un nom
de la Mégaride.
Coronos.
Coronos, fondateur de Coronée
en Béotie, était, ainsi qu'Haliarte, fils de Thersandre,
‹ce héros honoré dans les luttes des jeunes homines
et dans les combats guerriers. (Pindare, Ol. II,
v. 76.) Coronos fut adopté par Athamas, enfin
guéri de ces longues fureurs dont nous venons de
génir dans le dixième chant; et sa ville devint célèbre plus tard par la bataille où Agésilas défit
toutes les forces de la Grèce combinées contre lui.
Xénophon y assistait parmi les vaincus, et nous en
a laissé le tableau le plus vif et le plus saisissant.
Coronée était fertile en blé, comme Glisas en vin.
Homère les a nommées toutes les deux; mais Nonnos a supprimé ta dernière.
col. 1245–1246page 10 of 29
PG 43:1245Τοῖσι μὲν ἐρχομένοισιν 'Εώῖον εἰς κλίμα γαίης Ακταίων πρόμος δεν· ἐπ' ἠθέοιο δὲ νίκη πατροπάτωρ δαφναῖος ἐπέπταρε μάντις Απόλλων. Βοιωτῶν δ' ἑτέροιο προηγεμόνευεν ὁμίλου εὐχαίτης Υμέναιος, ἔχων ἀχάρακτον ὑπήνην ἀρτιθαλής, Βρομίῳ πεφιλημένος· ἐρχομένῳ δὲ κούρῳ παιδοκόμος πολιός πρόμος, οὔνομα Φοίνιξ, εἴπετο, Λαοκόωντι πανείκελος, ὃς πάρος ᾿Αργους, νηὸς Ἰησονίης, ἐπιβήμενος, εἰς χθόνα Κόλχων σύμπλους ὠμάρτησε κορυσσομένῳ Μελεάγρῳ. Τοῖος ἐὼν, ἔτι κοῦρος, ἔχων παιδήτον ήδην, ἁβροκόμης Υμέναιος εδύσατο φύλοπιν Ινδῶν, δινεύων ἑκάτερθε παρηΐδος ήλικα χαίτην. Καί οἱ ἐφωμάρτησαν ὁμήλυδες ἀσπιδιῶται, οἱ τ' Ασπληδόνος ἄστυ, καὶ ὃν Χάρις οὗ ποτε λείπει, Ορχομενὸν Μινυάο, χοροίτυπον ἄλσος Ερώτων, οἱ θ' Υρίην ἐνέμοντο, θεηδόχον οἶδας αρούρης, ξεινοδόχου μεθέπουσαν ἐπωνυμίην Υριος, ᾖχι Γίγας ἀπέλεθρος, ἀπειρογάμων ἀπὸ λέκτρων, Θρέψαι κύνας, ὡς τὸ φάγοντι. Τὸν μὲν ἄρ᾽ Οινεύς ἤδη γηραλέον κοσμήτορα παιδὸς αλλεν.Τοῖσι μὲν ἐρχομένοισιν 'Εώῖον εἰς κλίμα γαίης
Ακταίων πρόμος δεν· ἐπ' ἠθέοιο δὲ νίκη
πατροπάτωρ δαφναῖος ἐπέπταρε μάντις Απόλλων.
Βοιωτῶν δ' ἑτέροιο προηγεμόνευεν ὁμίλου
εὐχαίτης Υμέναιος, ἔχων ἀχάρακτον ὑπήνην
ἀρτιθαλής, Βρομίῳ πεφιλημένος· ἐρχομένῳ δὲ
κούρῳ παιδοκόμος πολιός πρόμος, οὔνομα Φοίνιξ,
εἴπετο, Λαοκόωντι πανείκελος, ὃς πάρος ᾿Αργους,
νηὸς Ἰησονίης, ἐπιβήμενος, εἰς χθόνα Κόλχων
σύμπλους ὠμάρτησε κορυσσομένῳ Μελεάγρῳ.
Τοῖος ἐὼν, ἔτι κοῦρος, ἔχων παιδήτον ήδην,
ἁβροκόμης Υμέναιος εδύσατο φύλοπιν Ινδῶν,
δινεύων ἑκάτερθε παρηΐδος ήλικα χαίτην.
Καί οἱ ἐφωμάρτησαν ὁμήλυδες ἀσπιδιῶται,
οἱ τ' Ασπληδόνος ἄστυ, καὶ ὃν Χάρις οὗ ποτε λείπει,
Ορχομενὸν Μινυάο, χοροίτυπον ἄλσος Ερώτων,
οἱ θ' Υρίην ἐνέμοντο, θεηδόχον οἶδας αρούρης,
ξεινοδόχου μεθέπουσαν ἐπωνυμίην Υριος,
ᾖχι Γίγας ἀπέλεθρος, ἀπειρογάμων ἀπὸ λέκτρων,
Feracem
Messe Coroniam, Baccho Glisanta colentes.
(Stace, Theb., 1. VII, v. 308.)
On le voit, les temps heureux prédits par Virgile
dans sa quatrième églogue n'étaient pas arrivés,
ces temps où toutes les terres devaient porter tous
les fruits, Omnis feret omnia tellus. L'on en était,
à Coronée, et nous en serons longtemps encore à
cet axiome plus positif des Géorgiques:
Nec vero terræ ferre omnes omnia possunt.
(Liv. II, v. 109.)
Acléon. Cet Actéon, mort et enseveli au
cinquième chant, puis reparaissant à la tête des
Béotiens au treizième, m'aurait fort embarrassé, si
je ne m'étais souvenu que, par ce même vers 302
du V chant, Nonnos annonce d'avance qu'Actéon,
dont il raconte la mort, fera la guerre des Indes. Il
semble à certains critiques que le poëte égyptien,
grand amateur de chroniques fabuleuses, ne s'est
pas contenté d'une seule aventure pour chacun de
ses héros; et qu'après avoir sacrifié Actéon à la
colère de Diane, comme le veulent Apollodore,
Euripide et tant d'autres, il le ressuscite de sa
propre autorité, pour l'envoyer avec Bacchus dans
les lindes. Le vers qui amène cette double situation
a, en effet, tout l'air d'avoir été glissé après coup
dans le récit mortel et final, uniquement pour justifier la présence d'Actéon à l'armée, comme si
Nonnos l'avait improvisé, plus tard, pour figurer
dans son dénombrement. Je veux au moins tirer
de ce mythe assez embrouillé deux ou trois couclusions morales à mon profit. Et d'abord, je dis
avec Theocrite, dans un sens tout à fait allégorique:
• Nourrissez donc des chiens pour qu'ils vous dé-
• vorent!, Θρέψαι κύνας, ὡς τὸ φάγοντι. (Idyll.
38.) Puis je maintiens avec le mythologue
Fulgence, contemporain de Nonnos, que la curiosité
donne à ses partisans plus de chagrins que de plaisirs. Curiositas semper periculorum germana, de-
● trimenta suis amatoribus novit magis parturire
quam gaudia. › (Fulg., Myth., liv. III.) Ensuite
je reconnais avec Natalis Comès (le savant Vénitien
Noël Conti), un grand danger à nous mêler de ce
qui ne nous regarde pas, et à pénétrer les secrets
d'autrui. Admonemur præterea per hanc fabulam ne
simus nimis curiosi in rebus nihil ad nos pertinentibus, quoniam multis perniciosum fuil res arcanas
liorum cognovisse. (Nat. Com., Myth., liv. VI.)
Enfin, avec Paléphate, l'interprète des faits incroyables, je conseille de ne pas oublier pour la
chasse les affaires sérieuses. Cet antique écrivain
sous la conduite d'Actéon pour les régions orientales; et son aieul paternel le dieu du laurier,
prophétisait au jeune héros la victoire.
La seconde partie de l'armée béotienne se rangeait sous les ordres d'Hyménée à la riche chevelure; il n'avait encore qu'une barbe dessinée à
peine, et tout jeune, il était chéri de Bacchus. Un
guerrier aux cheveux blancs le suivait pour veiller
sur lui; il s'appelait Phénix Ainsi, Laocoon
s'embarqua jadis sur Argo, le vaisseau de Jason,
pour accompagner en Colchide Méléagre, et naviguer avec lui. Tel était, dans la fleur de son adolescence, l'élégant Hyménée, quand il se préparait
à la guerre des Indes. Des deux côtés de ses joues
s'agitait une moitié de sa chevelure, et des com
battants de son âge lui obéissaient. C'étaient les
habitants de la citadelle d'Asplédon d'Orchomène, ville de Minyas, où est le bois consacré aux
danses amoureuses; Orchomène que la déesse
Charis n'abandonne jamais; ceux qui habitent Hyrie dont le sol, asile des dieux, a reçu le nom de
l'hospitalier Hyriée C'est là que le géant imnous représente Actéon sous les traits d'un agriculteur négligent et dissolu; et il se rapproche en
cela de la pensée d'un célèbre publiciste moderne:
car M. le baron d'Ekstein fait des deux Actéon
(les deux princes de Thèbes et de l'Attique, confondus en un seul roi) un Actéon-Actée, représentant sous ces deux noms le sol ou la côte (àXTý)
cultivée et cultivable; et comme aussi bien il y a
eu plus d'un Actéon, neque vero unus tantum fuit
Acteon (Nat. Com., ibid.), il donne à l'un le département agricole de la fertile Attique, et à l'autre
la chasse de l'inculte Béotie; c'est tout ce que je
sais dire de mieux pour essayer de jeter une certaine lueur au travers de tant de ténèbres.
Phénix. Si Phénix, tuteur d'llyménée,
est un personnage, et même un nom emprunté à
Homère, Laocoon et Méléagre sont des allusions
aux Argonautiques d'Apollonius de Rhodes. Laocoon
Τὸν μὲν ἄρ᾽ Οινεύς
ἤδη γηραλέον κοσμήτορα παιδὸς αλλεν.
(Ch. I, v. 194.)
Asplédon. La citadelle d'Asplédon, fils
de Neptune et de Midée. Elle se nomma plus tard
Eudeiélos, pour désigner son heureuse exposition
aux penchants du soir et aux rayons du soleil
couchant. Cette épithète, qu'llomère a consacrée à
Ithaque ('10άxny údelɛlov) (Od. IX, 20) a reçu
plus d'une interprétation; elle désigne à la fois, un
point très-distinct, bien visible à l'œil, qui s'aperçoit de loin, et une hauteur occidentale, éclairée
par les derniers feux du jour.
Orchomène. C'est l'Orchomène du roi
Minyas. Homère vante son opulence (11., 1x, 381),
et Montesquieu l'attribue au commerce de la Propontide et de la mer Noire, d'où la fable de la Toison d'or. (Espr. des lois, XXI, 7.) Le roi Etéocle
construisit à Orchomène de beaux monuments,
entre autres, un temple à la Reconnaissance (XάPs), pour remercier les dieux de ses richesses.
C'est à quoi Nonnos fait allusion. Les grandes constructions, s'il faut en croire Strabon, sont la preuve
des grandes fortunes; ‹ car, dit-il, on ne peut
beaucoup donner que quand on a beaucoup;
‹le vase qui s'emplit ou se vide à mesure des be-
• soins peut se considérer comme toujours plein. ▸
(P. 415.)
Ilyrie. Hyrie, patrie d'llyriée. Le pauvre
Hyriée était le plus hospitalier des hommes, selon
Paléphate, hoevótatos. Il reçut Jupiter, Neptune
et Mercure dans sa petite maison, exiguam casam
col. 1247–1248page 11 of 29
PG 43:1247οἱ Ωρίων τριπάτωρ μητέρος ἄνθορε Γαίης, εἴτε θεῶν τριγόνοισιν ἀεξηθεῖσα γενέθλαις, εἰς τόκον αὐτοτέλεστον εμορφώθη χύσις ούρων, αύλακα νυμφεύσασα τελεσσιγόνοιο βοείης, καὶ χθονὸς ἄσπορον υἷα λαχών μαιώσατο Βύρσης. Οἱ τ' ἔχον ἀγρομένων ξεινηδόχον οἶδας ᾿Αχαιών, Αὐλίδα πετρήεσσαν, ἐδέθλιον Ἰοχεαίρης, εχι θεὰ βαρύμηνις ὀρεσσαύλῳ παρὰ βωμό δέκτο θυηπολίην ψευδήμονος Ιφιγενείης, καὶ κεμὰς οὐρεσίφοιτος ἀμεμφέῖ καίετο πυρσῷ, ἁρπαμένης νόθον εἶδος ἀληθέος Ιφιγενείης, ἣν Οδυσσεὺς ἐκόμισσε δολοπλόκος, ὡς ᾿Αχιλῆας ἐσσομένην πρὸ μόθοιο παρευνέτιν, ἔνθεν ἀκούει Αὐλὰς ἀνυμφεύτοιο γαμοστόλης Ιφιγενείης ὁλκάσι δ' Αργείων επεσύρισε πομπὸς ἀήτης, άψοφα μαστίζων ἐχενηΐδος ἄκρα γαλήνης, νεβροφόνῳ βασιλῆς φέρων παλινάγρετον αύρην κούρη δ' ὀψὲ μολοῦσα μετάρσιος ἐς χθόνα Ταύρων, φρικτὰ κακοξείνων ἐδιδάσκετο θεσμὰ λεβήτων, ἀνέρα δαιτρεύουσα· καὶ ἀνδροφόνῳ παρὰ βωμῷ Βοιωτῶν τόσος ἦλθεν ἀμετρήτων στόλος ἀνδρῶν, γνωτὸν ἁλιπτοίητον ἀνεζώγρησεν Ὀρέστην. Ἰνδῴην ἐπὶ δῆριν ὁμαρτήσας Υμεναίῳ. Τοῖσι συνεστρατόωντο σοφῇ παρὰ Δελφίδι πέτρῃ ἀγχίποροι Φωκῆς ὁμήλυδες, οι Κυπαρίσσου εἶχον ἔδος γαίης, καὶ Υάμπολιν, ἥνπερ ἀκούωmense, Orion, né de trois pères qui n'avaient pas
connu le mariage, s'élança du sein maternel de la
Berre; lorsque l'urine accumulée des trois dieux
générateurs se transforma en un produit spontané,
imprégna le sillon d'une peau de bœuf féconde,
et fit croftre dans des flancs de cuir un mortel
qu'aucune union n'avait enfanté. Et ceux qui occupent les champs hospitaliers, où se rassemblèrent
les Grecs, la pierreuse Aulis séjour de Diane,
οἱ la déesse irritée agréa sur son' autel montaguard
le sacrifice d'une fausse Iphigénie. Un faon des
collines y fut consumé par le feu sacré, trompeuse
image de la véritable Iphigénie disparue. C'était
elle que le cauteleux Ulysse avait amenée pour
épouser Achille avant la guerre, et de là vient
qu'Aulis passe pour la conciliatrice des noces d'lphigénie, qui ne se maria jamais. Dès lors, un
vent favorable aux vaisseaux des Grecs souffla,
frappa sans bruit une surface immobile, et soumit
la brise rebelle au roi meurtrier d'une biche. Plus
card, après avoir traversé les airs et abordé en Tauride, la jeune nymphe y apprit les lois inhospitalie
res des chaudières horribles, et y sacrifia des humains. Mais, tout près de l'autel homicide, elle reconnut et sauva son frère Oreste, poursuivi par ses
terreurs jusque sur les mers. Telle était l'innombrable troupe des Béoliens, qui suivirent Hyménée
à la guerre des Indes.
ceux-ci se joignirent auprès de la roche fatidique de Delphes, les Phocéens leurs limitrophes,
ceux qui habitaient la contrée de Cyparisse
et Ilyaipolis dont le nom est celui de la laie
(Ov., Fast., liv. V, v. 500). Ces dieux, en récoinpense, lui accordèrent un héritier qu'il n'espérait
plus, parce qu'il était veuf. Le texte dit le resie, et
ne le dit que trop bien; car il est difficile de le faire
passer honnêtement en français. (Pudor est ulteriora loqui, Ov., ibid.) Pour me tirer d'un si mauvais pas, je cède la plume à Voltaire, beaucoup
moins pudique que Nonnos:
Un jour Jupiter, Neptune et Mercure, voyageant en Thrace, entrèrent chez un certain roi,
‹ nommé llyriéus, qui leur fit bonne chère. Les
trois dieux, après avoir bien diné, lui demandèrent s'ils pouvaient lui être bons à quelque
‹ chose; le bonhomme, qui ne pouvait plus avoir
• d'enfants, leur dit qu'il leur serait bien obligé
s'ils voulaient lui faire un garçon. Les trois
• dieux se mirent à p..... sur le cuir d'un bœuf
● tout frais écorché. De là naquit Orion, dont on
fit une constellation connue dans la plus haute
• antiquité….... › (Volt. Dict. philos. art. Allégories.) J'interromps cet exposé cynique, qui va finir
par une impiété. Enfin, Orion est issu de celle
étrange origine, et a perdu la première lettre de
son nom, qui la rappelait trop crûment.
Perdidit antiquum littera prima sonum.
(Ov., ibid.)
a
Or, si, à propos du mot ßúpaŋs, que j'ai dû substituer à rains, pour rester fidèle à la légende, on
venait à se formaliser de mes entreprises contre
l'intégrité de l'édition princeps d'Anvers, repro⚫
duction si exacte du plus fautif manuscrit, je ferais
observer que Græfe s'est permis de bien autres
libertés contre l'édition de Leipsick, et qu'il a de
son vivant recueilli, pour ce fait, bien des éloges:
quand les érudits auront consenti en majorité à
lire les Dionysiaques, j'espère qu'ils me sauront
gré également de toute la peine que j'ai prise pour
dissiper quelques-uns des nuages qui formaient de
si profondes ténèbres autour de cette épopée.
Aulis. Je laisse de côté la pierreuse Aulis,
si fameuse, et je n'ai rien à ajouter à Nomnos, qui
est ici l'abréviateur d'Euripide.
'Oplev spinatwp and prépos ope rains,
Ωρίων τριπάτωρ μητέρος ἄνθορε Γαίης,
εἴτε θεῶν τριγόνοισιν ἀεξηθεῖσα γενέθλαις,
εἰς τόκον αὐτοτέλεστον εμορφώθη χύσις ούρων,
αύλακα νυμφεύσασα τελεσσιγόνοιο βοείης,
καὶ χθονὸς ἄσπορον υἷα λαχών μαιώσατο Βύρσης.
Οἱ τ' ἔχον ἀγρομένων ξεινηδόχον οἶδας ᾿Αχαιών,
Αὐλίδα πετρήεσσαν, ἐδέθλιον Ἰοχεαίρης,
εχι θεὰ βαρύμηνις ὀρεσσαύλῳ παρὰ βωμό
δέκτο θυηπολίην ψευδήμονος Ιφιγενείης,
καὶ κεμὰς οὐρεσίφοιτος ἀμεμφέῖ καίετο πυρσῷ,
ἁρπαμένης νόθον εἶδος ἀληθέος Ιφιγενείης,
ἣν Οδυσσεὺς ἐκόμισσε δολοπλόκος, ὡς ᾿Αχιλῆας
ἐσσομένην πρὸ μόθοιο παρευνέτιν, ἔνθεν ἀκούει
Αὐλὰς ἀνυμφεύτοιο γαμοστόλης Ιφιγενείης
ὁλκάσι δ' Αργείων επεσύρισε πομπὸς ἀήτης,
άψοφα μαστίζων ἐχενηΐδος ἄκρα γαλήνης,
νεβροφόνῳ βασιλῆς φέρων παλινάγρετον αύρην
κούρη δ' ὀψὲ μολοῦσα μετάρσιος ἐς χθόνα Ταύρων,
φρικτὰ κακοξείνων ἐδιδάσκετο θεσμὰ λεβήτων,
ἀνέρα δαιτρεύουσα· καὶ ἀνδροφόνῳ παρὰ βωμῷ
Βοιωτῶν τόσος ἦλθεν ἀμετρήτων στόλος ἀνδρῶν,
γνωτὸν ἁλιπτοίητον ἀνεζώγρησεν Ὀρέστην.
Ἰνδῴην ἐπὶ δῆριν ὁμαρτήσας Υμεναίῳ.
Τοῖσι συνεστρατόωντο σοφῇ παρὰ Δελφίδι πέτρῃ
ἀγχίποροι Φωκῆς ὁμήλυδες, οι Κυπαρίσσου
εἶχον ἔδος γαίης, καὶ Υάμπολιν, ἥνπερ ἀκούω
De la Béotie, Nonnos avec Homère, et procédant
dans le même ordre que lui, passe en Phocide;
nous allons les y suivre tous les deux. Chez l'un,
comme chez l'autre, nous rencontrons en premier
lieu:
Cyparisse. C'est la patrie de Cyparisse,
qui n'est pas ici l'infortuné favori d'Apollon dont
le cyprès, ornement des tombeaux chez tous les
peuples, a été la funèbre métamorphose, mais bien
Cyparisse, l'un des fils de Minyas. Eustathe conteste cette origine du nom de la contrée, et assure
qu'elle le doit à ses nombreux cyprès. Cette élymologie, dit-il, est toute naturelle, et n'est nul-
⚫lement ancienne; elle se forme de ces deux mots,
• xúst maploous, appliqués au cyprès, parce que
• cet arbre produit des rameaux égaux les uns
‹ aux autres. Je donne ce calembour pour ce
qu'il vaut, et ne prétends en aucune façon arrêter
bolique que nous ont déjà données ou nous préni contredire les dissertations sur le cyprès symparent de savants orientalistes.
Puis Nonnos saute par-dessus Anémorie, pour
arriver sans doute plus vite à Hyampolis et aux
autres villes phocéennes. Faut-il lui pardonner,
dans un de ces vers répétés de l'Iliade, l'irrévérence avec laquelle il altère ou rajeunit l'épithète
consacrée par loère à Crissa, la divine Crissa.
Hyampolis. Ici, notre počte donne avec
une certaine hésitation, à Hyampolis une étymo
logie traditionnelle, qui pourrait être de quelque
poids; elle eût pu faire diversion aux incertitudes
de Strabon, ou tout au moins de ses commentaLeurs, s'ils avaient pris la peine de lire Nonnos. Ils
ont vainement tenté de retracer, dans le nom homérique, une colonie des Hyantes, peuplade fort
ignorée, que Cadinus avait chassés de la Béotie, et
qui, sans doute, n'eussent pas envoyé des auxiliaires
à Bacchus, son petit-fils. Quoi qu'il en soit, Hyampolis est trop peu connue dans l'antiquité pour se
prêter à toutes ces conjectures. On n'en sait guère
autre chose que sa situation topographique, ainsi
décrite par Stace: Et Hyampolin acri subnixam
‹ scopalo. › (Théb., 1. VII, v. 345.)
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PG 43:1249Λονίης ὑὸς οὗδας ἐπώνυμον, ἢ περὶ μορφῆς αὐχένα γαῦρον ἄειρε, καὶ ἤρισε Τριτογενείη. Οι τε λάχον Πυθῶνα, καὶ ἀμφίκρημνον ἀλωὴν, Κρίσσαν ἀειδομένην, καὶ Δαυλίδα, καὶ Πανοπῆς γείτονα Βάκχον ἔχοντες· ἐπεὶ δαφναῖος Απόλλων πλῆρον ἐὸν ξύνωσε κασιγνήτῳ Διονύσῳ,, Παρνησσον δικάρηνον. Αγειρομένοισι δὲ λαοῖς Πυθιάς αμφήεσσα θεηγόρος έκλαψε πέτρη, καὶ τρίπος αὐτοβόητος ἀσιγήτοιο δὲ πηγῆς Κασταλίης λάλον οἶδμα σοφῷ πάφλαζε δεέθρω. Εὐβοέων δὲ φάλαγγας ἐκόσμεον ἀσπιδιῶται παιδοκόμοι Κορύβαντες ἀεξομένου Διονύσου, οἱ Φρύγα κόλπον ἔχοντες ὀρεσσιπόλῳ παρὰ Ρείῃ, νήπιον εἰσέτι Βάκχον ἐκυκλώσαντο βοείαις, τόν ποτε, πορφυρέω κεκαλυμμένον οίνοπι πέπλῳ, εὗρον ἑνὶ σκοπέλοις, κερόεν βρέφος, ἔνθα μιν Ινώ Μύστιδι παιδοκόμῳ παρεκάτθετο, μητρὶ κορύμβου. Οι τότε πάντες ἵκανον ἀειδομένης ἀπὸ νήσου, Πρυμνεύς, εἰλιπόδης τε Μίμας, καὶ ὀρίδρομος Ακμων, Δαμνεύς τ', Ωκυθόος τε σακεσπάλος, οἷς ἅμα βαίνων, σύνδρομος Ιδαίῳ, κορυθαίολος ἦλθε Μελισσεύς, οὕς ποτε δυσσεβίης κεκορυθμένος άφρονι κέντρο, Σῶκος ἀλιζώνοιο πατήρ νοσφίσατο πάτρης Κόμβος επτατόχου μετὰ μητέρος· οἱ δὲ φυγόντες Κνώσσιον οὗδας ἴκοντο· καὶ ἔμπαλιν ἦσαν ἀλῆται ἐς Φρυγίην Κρήτηθεν, ἀπὸ Φρυγίης ἐς Αθήνας, ἀλλοδαποί ναετῆρες ὁμέστιοι, εἰσόκε Κέκροψ Σῶκον ἀπηλοίησε Δίκης ποινήτορι χαλκῷ. Καὶ χθόνα καλλείψαντες ἀλικλύστου Μαραθώνος, νόστιμον ίχνος έκαμψαν ἐς ἱερὸν οἶδας ᾿Αβάντων, Κουρήτων προτέρων χθόνιον γένος, οἷς μέλος αὐλῶν, οἷς βίος εὐχελάδων ξιφέων κτύπος, οἷς τινι ρυθμῷ κύκλα ποδῶν μεμέλητο καὶ ἀσπιδόεσσα χορείη. κορύμβου, κορίνθουΛονίης ὑὸς οὗδας ἐπώνυμον, ἢ περὶ μορφῆς
αὐχένα γαῦρον ἄειρε, καὶ ἤρισε Τριτογενείη.
Οι τε λάχον Πυθῶνα, καὶ ἀμφίκρημνον ἀλωὴν,
Κρίσσαν ἀειδομένην, καὶ Δαυλίδα, καὶ Πανοπῆς
γείτονα Βάκχον ἔχοντες· ἐπεὶ δαφναῖος Απόλλων
πλῆρον ἐὸν ξύνωσε κασιγνήτῳ Διονύσῳ,,
Παρνησσον δικάρηνον. Αγειρομένοισι δὲ λαοῖς
Πυθιάς αμφήεσσα θεηγόρος έκλαψε πέτρη,
καὶ τρίπος αὐτοβόητος ἀσιγήτοιο δὲ πηγῆς
Κασταλίης λάλον οἶδμα σοφῷ πάφλαζε δεέθρω.
Εὐβοέων δὲ φάλαγγας ἐκόσμεον ἀσπιδιῶται
παιδοκόμοι Κορύβαντες ἀεξομένου Διονύσου,
οἱ Φρύγα κόλπον ἔχοντες ὀρεσσιπόλῳ παρὰ Ρείῃ,
νήπιον εἰσέτι Βάκχον ἐκυκλώσαντο βοείαις,
τόν ποτε, πορφυρέω κεκαλυμμένον οίνοπι πέπλῳ,
εὗρον ἑνὶ σκοπέλοις, κερόεν βρέφος, ἔνθα μιν Ινώ
Μύστιδι παιδοκόμῳ παρεκάτθετο, μητρὶ κορύμβου.
Οι τότε πάντες ἵκανον ἀειδομένης ἀπὸ νήσου,
Πρυμνεύς, εἰλιπόδης τε Μίμας, καὶ ὀρίδρομος Ακμων,
Δαμνεύς τ', Ωκυθόος τε σακεσπάλος, οἷς ἅμα βαίνων,
σύνδρομος Ιδαίῳ, κορυθαίολος ἦλθε Μελισσεύς,
οὕς ποτε δυσσεβίης κεκορυθμένος άφρονι κέντρο,
Σῶκος ἀλιζώνοιο πατήρ νοσφίσατο πάτρης
Κόμβος επτατόχου μετὰ μητέρος· οἱ δὲ φυγόντες
Κνώσσιον οὗδας ἴκοντο· καὶ ἔμπαλιν ἦσαν ἀλῆται
ἐς Φρυγίην Κρήτηθεν, ἀπὸ Φρυγίης ἐς Αθήνας,
ἀλλοδαποί ναετῆρες ὁμέστιοι, εἰσόκε Κέκροψ
Σῶκον ἀπηλοίησε Δίκης ποινήτορι χαλκῷ.
Καὶ χθόνα καλλείψαντες ἀλικλύστου Μαραθώνος,
νόστιμον ίχνος έκαμψαν ἐς ἱερὸν οἶδας ᾿Αβάντων,
Κουρήτων προτέρων χθόνιον γένος, οἷς μέλος αὐλῶν,
οἷς βίος εὐχελάδων ξιφέων κτύπος, οἷς τινι ρυθμῷ
κύκλα ποδῶν μεμέλητο καὶ ἀσπιδόεσσα χορείη.
Pythone. - Pythone. C'est l'appellation que
prit Delphes en vieillissant, et cela dit tout.
Crissa. Crissa à ce nom magique, je
suspends mes recherches érudites, et je me transporte en esprit vers ces bords enchantés où je me
plongeais jadis dans les ondes qui vont baigner Corinthe.
Crissa, j'aimais ton golfe aux flots étincelants,
ton horizon d'azur, ces sommets du Parnasse et du
Pinde qui te dominent, ces voiles isolées qui côtoient lentement tes rivages déserts, comme on
aime la nature et ses grandes scènes au printemps
de la vie. Je ne pensais pas alors qu'un jour j'aurais, pour toute jouissance, le plaisir imparfait d'en
retracer le souvenir dans ces commentaires, et de
les contempler de loin encore à travers les ombres
du passé. Je reprends prosaïquement mon cours
de géographie mythologique.
Daulis. Daulis, patrie de Philomèle et de
Progné: C'est là, dit Thucydide dans son style
sévère, que des femmes accomplirent le fait d'ltis; et de ce souvenir il résulte que beaucoup de
poëtes nomment le rossignol l'oiseau de Daulis. ›
(Liv. H.)
Panopée. Panopée, selon Pausanias, ne
peut s'appeler une ville, quand elle n'a ni palais
pour les imagistrats, ni gymnase, ni theatre, ni
• place publique, pas même une fontaine perpé-
· ‹
tuelle. Ce sont des maisons creusées dans le roc,
• ou plutôt des cabanes montagnardes dans des
• ravins. >· Telle était la patrie d'Epéos, le fabricateur du cheval de Troie.
Mystis. — Je ne puis me résoudre à laisser
Mystis jouir en paix de la maternité de Corinthe, et
aonienne qui leva, m'a-t-on dit, vers le ciel une tête
orgueilleuse, et erut l'emporter sur Minerve en
beauté. Les possesseurs de Pythone de la ſameuse Crissa et de ses vergers suspendus aux
flancs de la montagne, et Daulis et Panopée qui ont Bacchus pour voisin; car Apollon,
le dieu du laurier, a mis en commun avec Bacchus,
son frère, le Parnasse à la double cime, son héritage. Alors, à ce grand concours de peuples, l'oracle de la Pythie, sa roche divine et le trépied qui
parle de lui-mêine retentirent à la fois, et la source
éloquente de l'immortelle Castalie fit bouillonner
ses flots intelligents.
Les troupes de l'Eubée étaient ces mêmes Corybantes armés de boucliers qui avaient élevé et vu
croître Bacchus; ils occupaient le golfe Phrygien
auprès de Rhéa, qui se plait dans les montagnes;
et ils avaient, avec ces mêmes boucliers, formé le
cercle autour du jeune dieu, quand jadis ils trouvèrent parmi les rochers l'enfant cornu enveloppé
dans un manteau de pourpre de la couleur du vin;
c'était là qu'ino l'avait remis aux soins de Mystis,
la mère des guirlandes Tous accouraient alors
de l'ile célèbre d'Eubée. Pryminée, Mimas aux pieds
tardifs, Acmon le coureur de la montagne, Damnes,
Ocythons le sonneur de boucliers; l'actif Mélissée
qu'idéos accompagne. Tous ensemble, chassés de
leur patrie maritime par la colère injuste et impie
de leur père Socos avec Combé leur
mère, qui lui avait donné sept enfants; tous ils
échappèrent, parvinrent à Gnosso, passèrent de nouveau de Crète en Phrygie, et de Phrygie à Athènes,
sans se quitter jamais dans leur séjour sur le sol
étranger, jusqu'à ce que Cécrops eut immolé Socos
sous son fer vengeur. Alors abandonnant la terre
de Marathon, où la mer brise, ils retournèrent sur
le sul sacré des Abantes, race terrestre des premiers Curètes dont la vie s'écoule au son des flutes,
au bruit mesuré des glaives, aux rondes cadencées
et à la danse du bouclier.
ce mot me paraft de mauvais aloi. Corinthe, fondateur de la ville de ce nom, était fils de Jupiter
ou de Pélops. On ne sait quelle fut sa mère. J'aime
à lire κορύμβου, aut lieu de κορίνθου; ce serait de
signer ainsi les corymbes, ces guirlandes de lierre
ou de vigne qui parent la chevelure de Bacchus et
des Bacchantes. Mystis, 'ordonnatrice des fêtes et
des coutumes dionysiaques, Mystis, qu'on a vue
dans le 9 chant (vers 120) inventer l'ornement des
corymbes, ne doit figurer ici que comme la mère
des guirlandes, et n'a rien à faire avec Corinthe,
ville ou héros.
Socos. Socos, le Vigoureux, qui emprunte
si mal à propos son nom à une épithète de Mercure,
le puissant conservateur (Iliade, liv. XX, v. 72), était
sans doute l'un des rois primitifs de l'Eubée; on
trouve aussi, dans l'Iliade, un Troyen nommé
Socos, noble, genéreux, vengeur de son frère, qui
tombe, comme lui, sous les coups d'Ulysse (liv. X,
v. 458); mais iln'avait rien de commun avec l'époux
inhumain de Combé.
Combé. Je ne puis croire qu'il s'agit ici
de Combé, la fille d'Ophíos, que rappelle Ovide:
Ophias effugit natorum vulnera Combe.
(Métam., I. VII, v. 383.)
Elle inventa les armes d'airain et en reçut le
nom de Chalcis, qu'elle porta en Eubée. Mais cette
Combé, l'armurière, avait eu cent enfants, et sa fécondité devint proverbiale, tandis que la Combé de
Nonnos n'avait donné le jour qu'à sept rejetons.
Nous revenons à Homère, après nous en être un
moment éloignés, et nous arrivons aux pays des
troupes commandées par les Corybantes.
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PG 43:1251Τοῖσι συνεστρατόωντο μαχήμονες υίες Αβάντων, οἱ λάχον ὀφρυόεσσαν Ερέτριαν· οἱ λάχον άμφω, καὶ Στύρα καὶ Κήρινθον, ἀειδομένης τε Καρύστου ἔδρανα καὶ Δίου κραναν πέδον· οἵ τ᾽ ἔχον "Ακρην, Ακρην κυματόεσσαν ἀσιγήτοιο Γεραιστοῦ, καὶ Τύχα, καὶ Κοτύλαιον ἔδος, καὶ Κιρές εδρην, Μαρμαρίου τε τένοντα, καὶ Ωγυγίης πέδον Αίγης. Τοῖς ἅμα λαὸς ἔκανεν ὁμόστολος, οἷς πέλε πάτρη Χαλκίς, ὀπισθοκόμων μητρόπολις Ελλοπιήων. Ἑπτὰ μὲν ἡγεμόνες στρατὸν ὦπλισαν· ἀλλ᾿ ἕνα πάντες θυμὸν ἔχον κατ' "Αρηα· καὶ ἀστέρας αίθοπι βωμῷ ζωδιακῆς ναετῆρας ἐμειλίξαντο κελεύθου, δῆριν ἰσηρίθμοισιν ἐπιτρέψαντες ἀλήταις. Κεκροπίδας δ' ἐκόρυσσε μύθων ακόρητος Ερεχθεὺς, χρύσεον ἀγλαόπαιδος Ερεχθέος αἷμα κομίζων, τόν ποτε πυρσοφόροιο κατὰ πτύχα παρθενεῶνος παρθένος αὐτολόχευτος ἀνέτρεφεν ἄρσενι μαζῷ παιδοκόμος Γλαυκώπις ἀνήροτος· αἰδομένη δὲ παρθενίῳ πήχυνεν ἀηθεῖ κοῦρον ἀγοστῷ Ηφαιστηϊάδην, ὅτε δύσγαμος Αμφιγυήεις ἀλλοίῃ φιλότητι γονὴν ἔσπειρεν ἀρούρης θεσμὸν ἀκοντίζων αὐτόσσυτον ἀφρὸν ἐρώτων. Καὶ στίχες Ατθίδος ἦλθον ἐπήλυδες· ἐγρεμόθων δὲ σὺν δορί, σὺν ξιφέεσσιν ἐπειγομένων ναετήρων, εἰς μόθον εὐπήληκες βακχεύθησαν ᾿Αθῆναι, ἐσσυμένων δ' ἐς "Αρηα, λιμὴν ήχησε ΦαληρεύςAvec eux se montrent les fils belliqueux des Abantes qui habitent la sourcilleuse Erétrie Styra,
Cérinthe et la fameuse Caryste où
sont le temple et l'aride plaine de Jupiter. Les citoyens d'Acré Acré, où retentissent les vagues
du cap Géreste qui ne se laisent jamais, et Tycha et la montagne de Cotylée et les bords
du Cirés et la colline de Marmarie et la
plaine de la vénérable Ægée Auprès de ceux-ci
vient se ranger le peuple dont Chalcis est la
patrie. Elle est la métropole de ces Hellopiens dont
la chevelure se déploie derrière la tête. Sept chefs
les commandent; mais tous ils n'ont pour la guerre
qu'un même cœur; ils conjurent, sur un autel allumé, les astres qui habitent la voie du zodiaque,
et divisent leurs troupes en autant de bataillons
qu'ils comptent de pléiades.
Erechthée, insatiable des combats, enrola les Cecropides; il est de l'illustre race de cet Erechthée
aux nobles enfants, que, dans son réduit virginal,
éclairé des feux du sacrifice, Minerve la vierge, née
d'elle-même, la chaste nourrice approcha de sa mamelle virile; elle berça sur ses bras timides et inexpérimentés ce fils de Vulcain, lorsque le malheureux époux, trompé dans ses vœux, fit pénétrer
au sein de la terre les germes spontanés de ses brûlants amours.
Les troupes réunies de l'Attique paraissent ensuite. Athènes tout entière, parée de casques
excite la fureur de ses belliqueux enfants qui courent à la mêlée avec la lance et le glaive. Sous leur
marche guerriere, le port Plalère retentit, et la ci-
Erétrie. Erétrie était la seconde ville de
l'Eubée. L'armée de Darius la pilla et incendia ses
temples pour se venger des mêmes profanations
commises par les Grecs au siége de Sardes. (Hérodote, liv. IV, c. 101. )
Styra. Styra, maintenant Stoura, village
au nord du cap Capharée. J'ai vu de loin ce village
escarpé; et, du haut de mon vaisseau, j'ai contenplé, sans péril, ce formidable promontoire en
le saluant de l'épithète de xylophage, mangeur de
navires, que lui donnait l'antiquité.
Cérinthe. Cérinthe, aujourd'hui Coumi,
est un petit hameau sur les bords de la mer, à
l'embouchure du fleuve Boudore, ruisseau que nourrissent la montagne du même nom et la forêt Nédée.
Caryste. Caryste, ville de Jupiter, aux
pieds du mont Oché, ainsi nommée, parce qu'elle
est le point le plus élevé de l'Eubée (i to XLV
twy wy), comme le veut Mélétius, et non parce
qu'elle a vu l'union de Junon et Jupiter ou les mariages des brebis, version étymologique que je réprouve malgré l'autorité d'Etienne de Byzance.
Caryste dominait l'ile de Myrto et ses mers si fécondes en naufrages.
Acré.
Acré, ainsi l'indique son nom, est
la pointe orientale que le cap Géreste prolonge sur
la iner vers l'ile d'Andros.
Tycha. Ce Styx ou cette Stiga que porte
le texte grec de toutes les éditions resterait inexplicable si je n'avais essayé de les remplacer par
Tycha, qui fait au moins partie de l'Eubée en qualité de montagne, quand Styga n'y figure ni comme
ville ni comme rivière.
Cotylée. Cotylée, qui est aussi une montagne voisine d'Oché, ne se trouve ni dans Homère
ni dans Strabon; mais Eschine en a parlé.
Cirès.
Siris, qui se rencontre dans la
Péonie ou en Italie, me parait fort déplacée ici; et,
grâce à une légère altération du texte, j'en fais le
nom d'un fleuve célèbre par la vertu de ses eaux
dont j'ai dit quelque chose ailleurs, le Cirès. (Epi1932
Τοῖσι συνεστρατόωντο μαχήμονες υίες Αβάντων,
οἱ λάχον ὀφρυόεσσαν Ερέτριαν· οἱ λάχον άμφω,
καὶ Στύρα καὶ Κήρινθον, ἀειδομένης τε Καρύστου
ἔδρανα καὶ Δίου κραναν πέδον· οἵ τ᾽ ἔχον "Ακρην,
Ακρην κυματόεσσαν ἀσιγήτοιο Γεραιστοῦ,
καὶ Τύχα, καὶ Κοτύλαιον ἔδος, καὶ Κιρές εδρην,
Μαρμαρίου τε τένοντα, καὶ Ωγυγίης πέδον Αίγης.
Τοῖς ἅμα λαὸς ἔκανεν ὁμόστολος, οἷς πέλε πάτρη
Χαλκίς, ὀπισθοκόμων μητρόπολις Ελλοπιήων.
Ἑπτὰ μὲν ἡγεμόνες στρατὸν ὦπλισαν· ἀλλ᾿ ἕνα πάντες
θυμὸν ἔχον κατ' "Αρηα· καὶ ἀστέρας αίθοπι βωμῷ
ζωδιακῆς ναετῆρας ἐμειλίξαντο κελεύθου,
δῆριν ἰσηρίθμοισιν ἐπιτρέψαντες ἀλήταις.
Κεκροπίδας δ' ἐκόρυσσε μύθων ακόρητος Ερεχθεὺς,
χρύσεον ἀγλαόπαιδος Ερεχθέος αἷμα κομίζων,
τόν ποτε πυρσοφόροιο κατὰ πτύχα παρθενεῶνος
παρθένος αὐτολόχευτος ἀνέτρεφεν ἄρσενι μαζῷ
παιδοκόμος Γλαυκώπις ἀνήροτος· αἰδομένη δὲ
παρθενίῳ πήχυνεν ἀηθεῖ κοῦρον ἀγοστῷ
Ηφαιστηϊάδην, ὅτε δύσγαμος Αμφιγυήεις
ἀλλοίῃ φιλότητι γονὴν ἔσπειρεν ἀρούρης
θεσμὸν ἀκοντίζων αὐτόσσυτον ἀφρὸν ἐρώτων.
Καὶ στίχες Ατθίδος ἦλθον ἐπήλυδες· ἐγρεμόθων δὲ
σὺν δορί, σὺν ξιφέεσσιν ἐπειγομένων ναετήρων,
εἰς μόθον εὐπήληκες βακχεύθησαν ᾿Αθῆναι,
ἐσσυμένων δ' ἐς "Αρηα, λιμὴν ήχησε Φαληρεύς·
sodes littéraires en Orient, t. II, p. 76.)
Marmarie. - La colline de Marmarie,
qui
donnait des colonnes d'un marbre renommé, est
l'ancienne Amarynthos, consacrée à Diane.
Ægée. Enfin, à l'ŒEta d'Ogygie, dont je
ne saurais me rendre compte, je prends la liberté
de substituer Ega, l'une des villes qui prétend à
l'honneur d'avoir donné son nom à la iner Egée.
ce titre, Nonnos ne peut l'avoir oubliée, et, s'il l'appelle Ogygie, c'est que parfois ce mot devient un
adjectif et signifie antique, vénérable, presque divine,
ce qui s'applique parfaitement à Æga.
Chalcis. Chalcis, capitale de l'Eubée. La
ville des Hellopiens, qui tient la tête des populations
des belliqueux Abantes dans l'Iliade, en termine le
catalogue chez Nonnos. Elle est trop connue pour
en dire autre chose, si ce n'est qu'Hellopia fut le
premier nom de l'Eubée, comme Egripo en est la
dernier. Et puisque nous sommes en verve d'étymologies, cet Egripo me paraft tout aussi bien une corruption turque d'Evripos, nom porté longtemps
par l'Eubée et son détroit, que de Négrepont, dénomination temporaire et italienne.
Athènes. Plusieurs critiques ont soutenu
que les onze vers, consacrés à la ville d'Athènes
dans le dénombrement, n'appartenaient pas originellement à l'Iliade, mais bien qu'ils étaient l'ouvrage de quelque interpolateur athénien, jaloux de
faire participer son pays à la gloire du siége de
Troie, et à l'honneur de ligurer dans Homère. Nonnos
semble avoir pris à tâche de dédommager les Athéniens de l'oubli de leur gloire antique par la description
plus étendue qu'il fait de leur puissance et de leurs
dèmes, désignation plus moderne, née sans doute
en même temps que la république. Or, dans le dénombrement homérique ou dans les vers que le patriotisme y a fait insérer, ce dont nous pourrions,
à l'aide d'un passage de Cicéron, accuser Pisistrate
(Cic., de Orat., liv. Ill, c. 34), Athènes en était
encore à Thésée, son roi légitime, ou plutôt an
cousin de ce roi, l'usurpateur Ménestbée.
col. 1253–1254page 14 of 29
PG 43:1253καὶ πολὺς, ἀγγέλλων προτέρην αὐτόχθονα φύτλην, χρύσεος εὐπλέκτῃσι κόμαις ἐσφίγγετο τέττιξο οἱ λάχον Οἰνώης γόνιμον πέδον, οἵ τε καρήνων γείτονος Ὑμεττοῖο μελισσήεντας ἐναύλους, καὶ τέμενος βαθύδενδρον ἐλαιοκόμου Μαραθώνος" οι τε πόλιν Κυθέροιο, καὶ οἱ λάχον όρμον ᾿Αθήνης, ἀγχίαλον Βραυρωνα, κενήριον Ιφιγενείης, καὶ δάπεδον Θορικοῖο, καὶ εὐώδινος Αφίδνης" οἵ τ᾽ ἔχον ἀγλαόπαιδος Ελευσινίην χθόνα Δηούς μυστιπόλοι ταλάροιο καὶ εὐκάρποιο θεαίνης, Τριπτολέμου γεγαῶτες ἀφ' αἵματος, ὅς ποτε Δηοῦς δίφρον εχιδνήεντα δι' μέρος ἡνιοχεύων, στιχτὰ φερεσταχύων ἐπεράστιε νῶτα δρακόντων. Καὶ πολὺς ἔνθα καὶ ἔνθα σιδήρεα τεύχεα πάλλων παισὶ κορυσσομένοισι γέρων ὤρεξεν ᾿Αχαρνεύς. Τοῖος Αθηναίων στρατιῆς πρόμος ἦλθεν Ερεχθεὺς, Σίφνον ἔχων συνάεθλον, ὁμόπτολιν ἡγεμονῆα. Πατρίδα γαῖαν ἔλειπε καὶ Αἰακός, ὃν νόθον ὄρνις ἁρπαμένῃ σπέρμηνε μιγείς Ασωπίδι νύμφη, αἰετός, Αἰγίνης πτερόεις πόσις, ύψιμέτης Ζεύς ἐκ δὲ γάμου πεφάτιστο και Αιακός· ἔξοχα δ' ἄλλων νος, ὅτι οἴεσθαι νοῦν ἔχειν ποιεῖ τῶν πινόντων τοὺς » χωρίον μέγιστον τῆς Ἀττικῆς τῶν Αχαρναι δὲ παλαίφατον Ευάνορες.καὶ πολὺς, ἀγγέλλων προτέρην αὐτόχθονα φύτλην,
χρύσεος εὐπλέκτῃσι κόμαις ἐσφίγγετο τέττιξο
οἱ λάχον Οἰνώης γόνιμον πέδον, οἵ τε καρήνων
γείτονος Ὑμεττοῖο μελισσήεντας ἐναύλους,
καὶ τέμενος βαθύδενδρον ἐλαιοκόμου Μαραθώνος"
οι τε πόλιν Κυθέροιο, καὶ οἱ λάχον όρμον ᾿Αθήνης,
ἀγχίαλον Βραυρωνα, κενήριον Ιφιγενείης,
καὶ δάπεδον Θορικοῖο, καὶ εὐώδινος Αφίδνης"
οἵ τ᾽ ἔχον ἀγλαόπαιδος Ελευσινίην χθόνα Δηούς·
μυστιπόλοι ταλάροιο καὶ εὐκάρποιο θεαίνης,
Τριπτολέμου γεγαῶτες ἀφ' αἵματος, ὅς ποτε Δηοῦς
δίφρον εχιδνήεντα δι' μέρος ἡνιοχεύων,
στιχτὰ φερεσταχύων ἐπεράστιε νῶτα δρακόντων.
Καὶ πολὺς ἔνθα καὶ ἔνθα σιδήρεα τεύχεα πάλλων
παισὶ κορυσσομένοισι γέρων ὤρεξεν ᾿Αχαρνεύς.
Τοῖος Αθηναίων στρατιῆς πρόμος ἦλθεν Ερεχθεὺς,
Σίφνον ἔχων συνάεθλον, ὁμόπτολιν ἡγεμονῆα.
Πατρίδα γαῖαν ἔλειπε καὶ Αἰακός, ὃν νόθον ὄρνις
ἁρπαμένῃ σπέρμηνε μιγείς Ασωπίδι νύμφη,
αἰετός, Αἰγίνης πτερόεις πόσις, ύψιμέτης Ζεύς·
ἐκ δὲ γάμου πεφάτιστο και Αιακός· ἔξοχα δ' ἄλλων
La cigale d'or. La Minerve, parée d'nn
casque, et la cigale d'or, sont empruntées aux médailles d'Athènes.
ŒEnoé. Onoé, et non Œ none, est une
ville sur les confins de l'Attique; Thucydide nous
apprend qu'en raison de cette situation, les Athéniens la fortifièrent pour en faire un rempart contre
leurs voisins de la Béotie et de l'Eubée. OЕnoé,
d'ailleurs, ville du vin, tient mieux ici sa place
qu'Enone, ville de la Troade, homonyme de l'amante négligée de Paris. Ici, l'étymologie décide;
et, bien que prodiguée par Nonnos, l'étymologie
n'est pas sans autorité. De plus graves auteurs s'y
sont arrêtés. Platon lui-même, sans sortir de notre
sujet, ne prétend-il pas que le vin se nomme olvos,
en grec, parce qu'il fait croire de l'esprit à la plus
• grande partie des buveurs qui n'en ont pas. › O!-
νος, ὅτι οἴεσθαι νοῦν ἔχειν ποιεῖ τῶν πινόντων τοὺς
Tollous oux Exovtas. (Platon, Cratyle.)
L'Hymette. Je dirai de l'Hymette et de
Marathon, comme disait Pomponius Méla
d'Athènes, leur capitale: Clariores quam ut indicari
egeant. Et j'ajoute, avec lui, Brauron, Thorice, autrefois des villes, maintenant des noms. Olim urbes,
jam tantum nomina.
Cythéros. — Céléos, que je déplace pour le
détrôner, usurpe ici évidemment sur Kythéros,
bourg de la tribu Pandionide, et, d'un autre côté,
Céléos, comme nous le verrons plus tard, régnait
à Eleusis, que Nonnos va nommer. Or, dans son
dénombrement, il a pour habitude de désigner les
noms des villes elles-mêmes, et rarement leurs rois
homonymes ou les héros qui en étaient sortis.
Brauron. J'en ai aperçu l'emplacement et
quelques décombres auprès de la mer, quand je regardais autour de moi du haut d'un tertre de Marathon, et que je foulais sous mes pieds les ossements et les flèches des Perses.
Thorice. Thorice, bourg de la tribu Acamantide.
Aphidna. Aphidna de la tribu Léontide,
célèbre par ses mines d'argent.
Eleusis peut se passer sous siEleusis.
lence, comme Athènes, et sans plus d'inconvénient.
Acharnes. Acharnes, dème de la tribu
Cnoide, où se fabriquaient les armes de fer, et
qu'Aristophane a immortalisée. Ces nombreux veillards de Nonnos me font souvenir de Thucydide.
gale d'or qui révèle leur origine autochthone,
se multiplie sur les tresses élégantes de leur chevelure. Avec lui viennent les cultivateurs de la fertile
plaine d'Enoé des penchants de l'Ilymette
voisin, patrie de l'abeille et des tertres de Marathon, ombragés d'une forêt d'oliviers les
citoyens de Cythéros et du port de Minerve,
Brauron le maritine, où est la tombe d'Iphigénie, de la plaine Thorice et de la riche
Aphidna et ceux qui tiennent la terre de Cérès, l'auguste mère, Eleusis où les prêtres de
la déesse aux beaux épis et aux lourdes corbeilles
se vantent de descendre de Triptolème; le divin
Triptolème qui, fouettant les flancs mouchetés des
dragons attelés au char de gerbes de Cérès, guida
jadis ces monstres au milieu des airs. De nombreux
vieillards d'Acharnes, vibrant çà et là leurs armes
de fer les tendent à leurs enfants pour les
préparer aux combats. Telle est l'armée des Athéniens, dont Erechthée est le chef; Siphnos de
la même ville, lui vient en aide.
Eaque quitta également son Egine; c'est lui
que Jupiter, l'aigle aérien, l'époux aile d'Egine, oiseau mensonger, fit naître en s'unissant à la fille
de l'Asope après l'avoir ravie. Le nom d'Eaque lui
était venu de cette union; et plus qu'aucun autre
• Acharnes, dit-il, est le dème le plus considérable
e de l'Attique,» χωρίον μέγιστον τῆς Ἀττικῆς τῶν
Ehpur xadovμévwv. (Thuc., liv. II). Achaines, re-
‹ nommée dans les temps antiques par ses héros, >
dit Pindare: Αχαρναι δὲ παλαίφατον Ευάνορες.
(Pind., N m., od. If.)
Siphnos. - Siphnos, que notre poète donne
pour collègue à Erechthée dans le cominandement
des troupes d'Athènes, figure là, sans doute, en sa
qualité de fils de Sunios, que lui attribue Denys de
Byzance sur l'autorité d'un certain Nicolas. (Ne serait-ce pas le savant Nicolas Damascène?) Le père
éponyme du cap Sunium a fait naître un enfant
éponyme de l'ile de Siphnos. Cela est dans l'ordre;
mais j'oubliais toutes ces étymologies topographi
ques à l'aspect des grands paysages, le jour, où
me dirigeant vers le promontoire Sunium que je
voulais aborder, je laissais derrière moi les collines
de Siphante, l'antique Siphnos, et ses fertiles canpagnes qui recouvrent des mines d'or, célèbres autrefois, perdues aujourd'hui. Ce que je trouvais
alors de plus piquant à cette fle, c'était le masque de
mousseline que les femmes grecques de Siphanto,
renchérissant sur les dames turques, leur ont emprunté; ces bandelettes, cachant étroitement et sous
une sorte de réseau épais et aplati la bouche, le nez,
le front et les sourcils peints, dit-on, des plus noires
couleurs, laissent apercevoir seulement le blanc
des yeux. J'avais rencontré à Constantinople, à la
promenade du champ des Morts, une de ces momies
vivantes, et j'aurais pu la croire échappée de ces
mêmes tombeaux qui nous entouraient.
Eaque. Est-ce donc l'aigle son père (alɛtos), comme le veut Nonnos, ou la Terre (Ala) dont
il était un des plus habiles administrateurs, comme
le prétendent d'autres archéologues, qui est la racine
du nom d'Eaque? Quoi qu'il en soit, il mérita, par
son amour de la justice, les honneurs divins; et il
alla régir après Egine, dans le royaume des ombres,
les fles élyséennes.
Ereptum stygiis fluctibus Eacum
Virtus, et favor, et lingua potentium
Vatum divitibus consecrat insulis.
Dignum laude virum Musa vetat mori:
Colo Musa beat.
(Horace, 1. IV, od. 8.)
col. 1255–1256page 15 of 29
PG 43:1255μεγάλη πόλις χραισμῆσαι μενέαινε κασιγνήτῳ Διονύσω. Μυρμιδόνων δὲ φάλαγγας ἐκόσμεεν ἴδμονι τέχνη. οἱ πρὶν ἔσαν μύρμηκες, εφερπύζοντες ἀρούρης, ποσσὶ πολυσπερέεσσι μεμηλότες, εἰσόκεν αὐτῶν ἐκ χροὸς οὐτιδανοῖο χαμαιγενὲς εἶδος ἀμείψας, φέρτερον εἰς δέμας ἄλλο μετέπλασεν ὑψιμέδων Ζεὺς, καὶ στρατὸς ἐβλάστησεν ἐνόπλιος· ἐξαπίνης γὰρ ἀλλοφυής, ἄφθογγος, ἀπόσπορος ἐσμὸς ἀρούρης εἰς βροτὸν αὐδήεντα δέμας μορφώσατο μύρμηξ τῶν πρόμος Ανακὸς ἦρχεν· ἐν εὐτύχτῳ δὲ βοείῃ Ζῆνα νόθον, σοφὸν ὄρνιν, ἐπέγραφε, σῆμα γενέθλης, évúεσ Καὶ ποταμὸς πυρίκαυτος την σχεδόν· ἄγχι δὲ κούρη, οἰκτρὰ κατηφιόωσα, καὶ εἰ πέλεν ἄπνοος εἰκὼν, δόχμιον ὄμμα τίταινεν, ἅτε στενάχουσα τοκῆα, Ασωπόν βαρύγουνον· ἔοικε δὲ τοῦτο βοῆσαι Καλὸν ἐμοὶ πόρες ἔδνον, ἐμὸν γενετῆρα δαμάσσας. Κρήτης δ' ἡγεμόνευε πολυγλώσσων ναετήρων Αστέριος, φαιδρωπὸν ἔχων δέμας· ἀμφότερον δὲ, ὅσσον ἕην ἐρόεις, τόσον ἄλκιμος· ὃν ποτε νύμφη, λυσαμένη Μίνωϊ σαόφρονος ἄμμα κορείης, Φαιστιὰς Ανδρογένεια. Κυδωναίη τέκεν εὐνῇ. *Ος τότε λαὸν ἄγων ἑκατόμπολιν οίνοπι· Βάκχῳ, ἵκετο, κυδαίνων εμφύλιον αἷμα γενέθλης πατρὸς ἐοῦ· Σεμέλης γὰρ ἀνεψιός ἔπλετο Μίνως, Κάδμου ξυνὰ γένεθλαπολυσπερέες δὲ μαχηταὶ πάντες ἑνὶ σπεύδοντι συνέῤῥεον ἡγεμονῆς, οἱ μὲν ἀπὸ Κνωσσοιο, μαχήμονες, οἱ δ᾽ ἀπὸ Λύκτου, Μιλήτου στρατιῇσι συνήλυδες· οἷς ἅμα πολλοὶ λέγουσι δὲ καὶ ὑπὸ σκολοπενδρῶν ἐξαναστῆναι δυil était pour son frère Bacchus un arilent auxiliaire.
Il instruisit dans l'art des combats ces plalanges
de Myrmidons qui furent originairement des fourmis toujours pressées de courir sur la terre à l'aide
de leurs pieds nombreux; jusqu'au moment où le
prudent Jupiter donna une forme supérieure à ce
vil insecte né du sol. Les bataillons surgirent ainsi
tout armés; et tout à coup l'essaim muet, sorti
de terre, cette fourmi d'une autre nature, devint
un corps doué de la forme humaine et de la
parole. Eaque était leur chef. Sur son riche bouclier, en signe de son origine, il avait retracé l'oiseau intelligent, emblème de Jupiter, qui enlève
une femme dans ses serres caressantes; on y
voyait aussi le fleuve consumé par la foudre, et sur
ses bords, la Nymphe triste et plaintive, bien qu'image inanimée, regardant de cô'é son père, le malheureux Asope, au cours ralenti, comme si elle gé
missait sur son sort: elle semblait dire: Ta victoire
• sur mon père est donc le premier gage de ton
‹ amour. >
Astérios, que distingue sa beauté, commande les
Crétois aux nombreux idiomes. Il est aussi aimable
qu'il est vaillant. La nymphe Androgénie de
Phestos oubliant sa sagesse virginale, el cé
dant à l'amour de Minos l'avait jadis mis au
monde dans son palais de Cydonic maintenant
il amène à Bacchus le peuple des cent villes, et
il honore ainsi la race dont son père est issu. Minos, en effet, avait la même origine que Cadmus,
et il était cousin de Sémélé. ce seul chef obéissaicnt tous ces combattants si divers. Les belliqueux habitants de Gnosse et de Lyctos
réunis aux troupes de Milet Avec eux s'armaient les nombreux citoyens de Gortyne de
Rytée de la fertile Lycaste du territoire
Androgénie. Androgénie était de la ville.
de Pheste-Cydonie, que Tournefort a reconnue pour
être la moderne La Canée.
Pheste.
Pheste, conquise et détruite par
les Gortyniens (Polybe, liv. IV), avait été célèbre
par le goût inné de ses habitants pour les facéties
(Athénée, liv. VI), et Cydonie était une colonie des
Samiens qui y bâtirent des temples. Ainsi parle
l'histoire par la bouche d'Hérodote (liv. III), tandis
que la mythologie veut que Cydonie et Pheste aient
été fondées par Phestos et Cydone, beaux-pères,
frères ou fils de Minos.
Minos. Mais ce Minos, quelle était donc
sa sagesse passée en proverbe, lorsque, époux legitime de Pasiphaé et de Crété, la Crète personnifiée, il séduisait Androgénie, et forçait, par la crainte
de ses violences, la nymphe Dicté à se précipiter
dans la mer?
Cydonie. Nonnos commence par établir
au premier rang de sa nomenclature crétoise les
villes qu'Homère a citées lui-même.
Gnosse. - La grande ville, eran modis
μεγάλη πόλις
(Homère, Od. XIX, 178), séjour de Minos, où fut
le tombeau de Jupiter. Longtemps capitale de
l'ile, elle dut céder cet honneur à Gortyne et à Cydonie. Plus tard, Gnosse, dans sa décadence, vit
naftre Strabon. Et je cite par reconnaissance ce
Aambeau qui m'éclaire dans mes investigations lénébreuses.
Lyctos. Lyctos, ville intérieure, la bien
bálie, tüxtrµévny (Iliade, XVII, 611), colonie des
Lacédémoniens (Aristote, Polit., liv. II, ch. 8), et
patrie d'Idoménée: Lyctius Idomeneus (Virgile,
En., liv. II, v. 401).
Milet de Crète. Milet, métropole d'une
autre Milet plus célèbre. Ce héros ou ce village
χραισμῆσαι μενέαινε κασιγνήτῳ Διονύσω.
Μυρμιδόνων δὲ φάλαγγας ἐκόσμεεν ἴδμονι τέχνη.
οἱ πρὶν ἔσαν μύρμηκες, εφερπύζοντες ἀρούρης,
ποσσὶ πολυσπερέεσσι μεμηλότες, εἰσόκεν αὐτῶν
ἐκ χροὸς οὐτιδανοῖο χαμαιγενὲς εἶδος ἀμείψας,
φέρτερον εἰς δέμας ἄλλο μετέπλασεν ὑψιμέδων Ζεὺς,
καὶ στρατὸς ἐβλάστησεν ἐνόπλιος· ἐξαπίνης γὰρ
ἀλλοφυής, ἄφθογγος, ἀπόσπορος ἐσμὸς ἀρούρης
εἰς βροτὸν αὐδήεντα δέμας μορφώσατο μύρμηξ·
τῶν πρόμος Ανακὸς ἦρχεν· ἐν εὐτύχτῳ δὲ βοείῃ
Ζῆνα νόθον, σοφὸν ὄρνιν, ἐπέγραφε, σῆμα γενέθλης,
vois évúεσ happlčovta yuvaixa.
Καὶ ποταμὸς πυρίκαυτος την σχεδόν· ἄγχι δὲ κούρη,
οἰκτρὰ κατηφιόωσα, καὶ εἰ πέλεν ἄπνοος εἰκὼν,
δόχμιον ὄμμα τίταινεν, ἅτε στενάχουσα τοκῆα,
Ασωπόν βαρύγουνον· ἔοικε δὲ τοῦτο βοῆσαι·
Καλὸν ἐμοὶ πόρες ἔδνον, ἐμὸν γενετῆρα δαμάσσας.
Κρήτης δ' ἡγεμόνευε πολυγλώσσων ναετήρων
Αστέριος, φαιδρωπὸν ἔχων δέμας· ἀμφότερον δὲ,
ὅσσον ἕην ἐρόεις, τόσον ἄλκιμος· ὃν ποτε νύμφη,
λυσαμένη Μίνωϊ σαόφρονος ἄμμα κορείης,
Φαιστιὰς Ανδρογένεια. Κυδωναίη τέκεν εὐνῇ.
*Ος τότε λαὸν ἄγων ἑκατόμπολιν οίνοπι· Βάκχῳ,
ἵκετο, κυδαίνων εμφύλιον αἷμα γενέθλης
πατρὸς ἐοῦ· Σεμέλης γὰρ ἀνεψιός ἔπλετο Μίνως,
Κάδμου ξυνὰ γένεθλα- πολυσπερέες δὲ μαχηταὶ
πάντες ἑνὶ σπεύδοντι συνέῤῥεον ἡγεμονῆς,
οἱ μὲν ἀπὸ Κνωσσοιο, μαχήμονες, οἱ δ᾽ ἀπὸ Λύκτου,
Μιλήτου στρατιῇσι συνήλυδες· οἷς ἅμα πολλοὶ
primitif de la Crète ont aussi donné leur nom aux
ruines que j'ai vues sur les bords du Rhyndaque,
en Bithynie, entre Loupat et Mikalitza; mes cartes
géographiques, à défaut de mon guide, les indiquaient sous la dénomination antique de Miletopolis.
Gortyne. Gortyne, grande ville embastillée, TELLEσsa (Iliade, liv. II, v. 646), qui partageait avec Gnosse la primauté et l'importance politiques; c'est maintenant un village oublié, que
traverse encore le fleuve terrestre du Léthé.
Rylée. Rytium, que la multitude des scolopendres fit abandonner, s'il faut eu croire Elien,
λέγουσι δὲ καὶ ὑπὸ σκολοπενδρῶν ἐξαναστῆναι δυ
Tiels (Hist. anim., liv. XV, ch. 26). C'est, sans
doute, ce petit scorpion venimeux, qui est si comnun en Orient, où il chemine par les temps humides.
Lycaste. -Lycaste, que sa blancheur, ou,
pour mieux dire, son terrain argileux chez Homère
(apɣivóevra), pas plus que sa fécondité chez Nonnos (euxáρroio), n'ont pu sauver du temps. J'aurais
voulu trouver quelque affinité entre cette épithète
d'Homère, blanchissante, et la nymphe Argès, blanche, dont parle Plutarque. Elle était native de Lycaste ou de Lyclos; Jupiter l'enleva, et la transporta sur la montagne Argillos, en Egypte. Or
cette argileuse montagne des bords du Nit, je me
plais à y reconnaître le crayeux Mokalam, qui
domine le Caire. En tout cas, Lycaste n'existait
déjà plus, quand Strabon écrivait dans son voisinage. Bientôt, négligeant Pheste, dont il a déjà fait
mention à propos d'Androgénie, après avoir épuisé
le trésor de la Crète homérique, notre poëte n'emprunte plus qu'à ses propres ressources.
col. 1257–1258page 16 of 29
PG 43:1257ὑψιλόφου Γόρτυνος ἐθωρήσσοντο πολίται, καὶ νάσται Ῥυτίοιο, καὶ εὐκάποιο Λυκάστου, καὶ χθονός Ἰδαίοιο Διὸς, καὶ ἐδέθλια Θέννων, καὶ δάπεδον Κισάμοιο, καὶ ἄστεα καλά Κυταίου. Τοῖος ἀπὸ Κρήτης πρόμος ήλυθεν· ἐρχομένῳ δὲ θερμοτέραις ἀκτῖσι χέων μαντήϊον αίγλην, Αστερίῳ σελάγιζεν ὁμώνυμος "Αρεος ἀστὴρ, νίκης ἐσσομένης πρωτάγγελος· ἀλλ' ἐνὶ χάρμῃ νικήσας, νόθον οίστρον ἀήθεος ἔσχεν ἀρούρης, νηλής· οὐ γὰρ ἔμελλεν ἰδεῖν μετὰ φύλοπιν Ἰνδῶν πάτριον Ἰδαίης κορυθαίολον άντρον Ερίνης ἀλλὰ βίον προβέβουλε λιπόπτολιν· ἀντὶ δὲ Δίκτης Κνώσσιος ἐν Σκυθίῃ μετανάστιος ἔσχε πολίτης, καὶ πολιὸν Μίνωα καὶ ᾿Ανδρογένειαν ἑάσας ξεινοφόνων σοφὸς ἦλθεν ἐς ἔθνεα βάρβαρα Κόλχων. Αστερίους δ' ἐκάλεσσε, καὶ ὤπασεν οὔνομα Κόλχοις Κρητικόν, οἷς ξένα θεσμὰ φύσις πόρε· παιδοκόμου δὲ πάτριον Αμνισοῖο βόον Κρηταῖον ἐάσας, ἀνδρομέοις στομάτεσσι νόθον πίς Φάσιδος ὕδωρ. Μοῦνος ᾿Αρισταίος βραδύς ήτε, λοίσθιος ἄλλων, ἔσσοι γαῖαν ἔναιον ὁμούριον 'Ελλάδι γαίη, ὃς μέλιτος γλυκεροῖο πολυτρήτων ἀπὸ σίμβλων αὐχένα γαῦρον ἄειρε, καὶ οἰνοχύτῳ Διονύση ἥρισεν ἀπρήκτῳ μελιηδέος ἐλπίδι νίκης. Αμφοτέροις δ' ἐδίκαζον, ὅσοι ναετῆρες Ολύμπου ἀλλὰ παῖς Φοίβοιο, νεόβρυτα γεύματα σίμβλων ἀθανάτοις ὀρέγων, μελιηδέος ήμβροτε νίκης, ὅττι θεοὶ παχὺ χεῦμα φιλοπτόρθοιο μελίσσης δεξάμενοι, κόρον ὀξὺν ἀτερπέος εἶχον ξέρσης. Καὶ κόρος ἦν μακάρων τρίτατον δέπας· οὐδὲ τετάρτου κιρναμένου γεύσαντο παλιννόστοιο κυπέλλου, καὶ μάλα διψώωντες· ἀρυομένοιο δὲ Βάκχου δμβρῳ ἐϋῤῥαθάμιγγι νόον τέρποντες φέρσης, (ἰδεῖν) Θεναὶ δέσαν ἔγγυθι Κνωσσού. χάνδαξ,ὑψιλόφου Γόρτυνος ἐθωρήσσοντο πολίται,
καὶ νάσται Ῥυτίοιο, καὶ εὐκάποιο Λυκάστου,
καὶ χθονός Ἰδαίοιο Διὸς, καὶ ἐδέθλια Θέννων,
καὶ δάπεδον Κισάμοιο, καὶ ἄστεα καλά Κυταίου.
Τοῖος ἀπὸ Κρήτης πρόμος ήλυθεν· ἐρχομένῳ δὲ
θερμοτέραις ἀκτῖσι χέων μαντήϊον αίγλην,
Αστερίῳ σελάγιζεν ὁμώνυμος "Αρεος ἀστὴρ,
νίκης ἐσσομένης πρωτάγγελος· ἀλλ' ἐνὶ χάρμῃ
νικήσας, νόθον οίστρον ἀήθεος ἔσχεν ἀρούρης,
νηλής· οὐ γὰρ ἔμελλεν ἰδεῖν μετὰ φύλοπιν Ἰνδῶν
πάτριον Ἰδαίης κορυθαίολον άντρον Ερίνης·
ἀλλὰ βίον προβέβουλε λιπόπτολιν· ἀντὶ δὲ Δίκτης
Κνώσσιος ἐν Σκυθίῃ μετανάστιος ἔσχε πολίτης,
καὶ πολιὸν Μίνωα καὶ ᾿Ανδρογένειαν ἑάσας
ξεινοφόνων σοφὸς ἦλθεν ἐς ἔθνεα βάρβαρα Κόλχων.
Αστερίους δ' ἐκάλεσσε, καὶ ὤπασεν οὔνομα Κόλχοις
Κρητικόν, οἷς ξένα θεσμὰ φύσις πόρε· παιδοκόμου δὲ
πάτριον Αμνισοῖο βόον Κρηταῖον ἐάσας,
ἀνδρομέοις στομάτεσσι νόθον πίς Φάσιδος ὕδωρ.
Μοῦνος ᾿Αρισταίος βραδύς ήτε, λοίσθιος ἄλλων,
ἔσσοι γαῖαν ἔναιον ὁμούριον 'Ελλάδι γαίη,
ὃς μέλιτος γλυκεροῖο πολυτρήτων ἀπὸ σίμβλων
αὐχένα γαῦρον ἄειρε, καὶ οἰνοχύτῳ Διονύση
ἥρισεν ἀπρήκτῳ μελιηδέος ἐλπίδι νίκης.
Αμφοτέροις δ' ἐδίκαζον, ὅσοι ναετῆρες Ολύμπου
ἀλλὰ παῖς Φοίβοιο, νεόβρυτα γεύματα σίμβλων
ἀθανάτοις ὀρέγων, μελιηδέος ήμβροτε νίκης,
ὅττι θεοὶ παχὺ χεῦμα φιλοπτόρθοιο μελίσσης
δεξάμενοι, κόρον ὀξὺν ἀτερπέος εἶχον ξέρσης.
Καὶ κόρος ἦν μακάρων τρίτατον δέπας· οὐδὲ τετάρτου
κιρναμένου γεύσαντο παλιννόστοιο κυπέλλου,
καὶ μάλα διψώωντες· ἀρυομένοιο δὲ Βάκχου
δμβρῳ ἐϋῤῥαθάμιγγι νόον τέρποντες φέρσης,
Le territoire de Jupiter Idéen. C'est la
baute montagne où naquit le souverain des dieux:
‹ on y découvre le soleil bien avant qu'il soit sur
‹ l'horizon, et on la nomme Ida, parce qu'une fois
‹ monté sur son sommet, on peut apercevoir de là
< (ἰδεῖν) tous les environs et les deux mers.» Voilà
tout ce qu'en dit le bon archevêque Mélétius, et je
n'irai pas plus avant que lui. • La mer!» ajoule
Tournefort, voyageur peu avide du pittoresque,
pourquoi se fatiguer si cruellement pour la voir
de si loin?»
Théné. Les manuscrits disent Thèbes. \|
est malheureux que, parmi les Thèbes, au nombre
de neuf, qu'énumère Etienne de Byzance, il ne se
trouve aucune place pour celle-ci; or, comme Strabon n'admet pas davantage une Thèbes crétoise, je
propose de lui substituer la ville de Thènes, Ovvas, ou Théné, suivant l'orthographe de Pline; et.
je me crois autorisé à cette correction, d'amiant
mieux que Poliux parle d'un certain vin thénéen
de quelque valeur, produit des environs de l'ancienne ville de Théné en Crète; ce qui expliquerait
sullisamment la présence des Thénéens auprès de
Bacchus. Callimaque en a aussi adouci le nom
dans cet hemistiche:
Θεναὶ δέσαν ἔγγυθι Κνωσσού.
(Hymn. 1, v. 42.;
(80)) Cissamos. Cissamos nous transporte vers
une autre contrée de la Crète, et nous fait passer
de l'orient à l'occident. Cissamos était l'arsenal
maritime de la ville intérieure d'Aptère, et c'est
aujourd'inut. Kisano, un évéché grec. On le voit,
PATROL. GR. XLIII.
de Jupiter Idéen du sol de Théné de la
plaine de Cissamos et des beaux remparts de
Cytée
Tel était le chef de l'armée venue de Crête. Quand
il marchait, l'astre de Mars, sun homonyme, étincelait, et, par des rayons plus ardents, jetait un
éclat précurseur prophétique de la victoire. Mais,
après son triomphe, Astérios fut pris d'un goût
étrange pour un pays inaccoutumé, et ne voulut
pas revoir, après la guerre des Indes, l'antre belliqueur des rochers de l'Ida, son séjour paternel.
!! préféra l'existence d'un expatrie; au lieu de
Dicté le citoyen de Gnosse s'établit en Seythie.
Il abandonma le vieux Minos, Androgenie, et il vint,
homme civilisé, parmi les populations barbares de
la Colchide, ou l'on immole les hotes; il les appela Astériens, et donna ainsi une dénomination
crétoise à ces mêmes Colchiens dont la nature seule
a réglé les lois bizarres. Puis, renonçant aux flots
paternels de l'Amnise de Crete, avait vul so11
enfance, il but, dans sa maturité, l'onde étrangère
du Phase.
De tous ceux qui habitaient les contrées limitrophes de la Grèce, Aristée seul vint sans empresseiment et même le dernier. Enorgueilli d'avoir inventé
le miel et les ruches aux mille compartiments, il
avait disputé en vain au dieu créateur de la vigne
le pris du plus doux breuvage. Tous les habitants
de l'Olympe autant qu'il en est, furent leurs arbitres Le fils de Phébus leur présenta le sue tout
fraichement écoulé des rayons, mais la victoire lui
échappa; car, en recevant cet épais produit de la
féconde abeille, les immortels se dégoûtèrent bientot de la fade boisson; ils s'en lassèrent des la ti oisième coupe, et les plus altérés refusèrent d'y toucher quand elle revint pleine pour la quatrième
fois; tandis qu'ils se délectèrent à puiser à longs
traits la liqueur limpide de Bacchus, et en burent
incessamment pendant tout un jour. Dans leur ivresse,
ils s'énerveillèrent successivement de la douceur
l'importance du lieu n'a pas plus été altérée par les
siècles que son orthographe. Un manuscrit porte,
au lieu de Cisamos, Dictamos, qui fut une ville de
Crète, et s'appelait aussi Dictynne, toujours en
souvenir de la nymphe Dicté ou du fameux Dictame.
Et le dictame idois, qui par le daim mangé,
Ne guarit seulement son flanc endommagé
Par le trait gnosien; ains promptement rejette
Contre l'archer voisin la sanglante suget e.
(Dubartas, Trois. jour de la semaine, 1. 1, p. 1286.)
Cylée. Cytée passe pour avoir disparu
sous la ville de Candie: son nom harmonieux s'est
effacé devant le mot moderne ride, et pourtant
malgré la négation de Tournefort, vraiment grec,
de χάνδαξ, fosse; ce nom lui fut donné par les Sarrasins, qui la fortifièrent au neuvième siècle; et
Candie, qui communiqua à la ville entière son appellation adoucie, mais barbare, désigne, depuis
longtemps, l'ile divine que nous venons de parcourir en compagnie d'Homère et de Nomos.
Dicie.· Je ne puis oublier tout le plaisir
que m'a donné la vue de cette montagne, lorsque,
après une nuit d'orage passée parmi les erueils s01
les grandes vagues de la mer Carpathienne, j'ai
trouvé de douces brises et des ondes apaisées à
l'abri des mouts de la Crète; enfin, lorsque, par un
jour de la plus brûlante canicule, glissant ientement
sur les eaux presque à l'ombre du rivage, je contemplais les noirs sapins des sommets de Dicté, et,
plus bas, ses roches arides et son pittoresque piomontoire.
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PG 43:1259Οὐδὲν γὰρ τῶν καλῶν πόνου χωρίς. εἰς ὅλον ἦμαρ ἔπινον ἀλωφήτου χύσιν οἶνου. Καὶ μεθύων γλυκὺν οἶνον ἐθάμβεεν ἄλλος ἐπ' ἄλλες ἐξ ἑτέρου ποθέων ἕτερον δέπας ἡδέϊ θυμῷ, εὐφροσύνην ἀκόρητον ἔχων θελξίφρονος οίνου. Ζεὺς δὲ μελιῤῥαθάμιγγος ἐθάμβεεν έργα μελίσσης, δαιδαλέην τ' ὠδῖνα φιλοσμήνου τοκετοῖο, δῶρον Αρισταίοιο· καὶ οἰνοχύτῳ Διονύσῳ ώπασε λυσιπόνοιο φέρειν πρωτάγρια νίκης. Ενθεν Αρισταῖος βραδὺς ἥτεν εἰς μύθον Ἰνδῶν, όψιμος ενήσας πρότερον χόλον ἅρπαγε νίκης, ἔνδιον Ερμείαο λιπών Κυλλήνιον ἕδρην. Οὔπω γὰρ προτέρῃ Μεροπηΐδι νάσσατο νήσῳ, οὔπω δ᾽ ἀτμὸν ἔπαυσε πυρωδέα διψάδος ὥρης, Ζηνὸς ἀλεξικάκοιο φέρων φυσίζουν αρην, οὐδὲ σιδηροχίτων, δεδοκημένος ἀστέρος αἴγλην, Σείριον αἰθαλόεντος ἀναστέλλων πυρετοῖο, ἐννύχιον πρήϋνε, τὸν εἰσέτι διψαλέον πῦρ θερμὸν ἀκοντίζοντα δι' αιθέρος αίθοπι λαιμῷ άσθμασι λεπταλέοισι καταψύχουσιν ἀῆται ἀλλ' ἔτι Παῤῥασίης πέδον ᾤκεεν· ἐρχομένῳ δὲ λαὸς ἐθωρύχθη βαλανηφάγος Αρκας αλήτης, οἱ τὸ εἶχον Λαδῶνα, καὶ ἄλσεα καλὰ Λυκαίου, καὶ κραναὴν Στύμφηλον, ἀειδομένην τε πολίχνην Ρίπην, καὶ Στρατίην, καὶ Μαντινέην, καὶ Ἐνίππην, Παῤῥασίην τ' εὐδενδρον, ὅπη πέδον ἐστὶ θεαίνης δυσχωρίας. ἀειδομένας τε πολίχνας ἀειδο μένην τε πολίχνηνde ce breuvage, demandèrent joyeusement une
coupe après l'autre, et durent au vin, charme de
l'imagination, une infatigable gaieté. Jupiter admira
sans doute les travaux de l'abeille, les gouttes du
miel, et l'ingénieuse multiplication des essaims, invention d'Aristée; mais il donna la palme à la liqueur de Bacchus, car elle apaise les douleurs.
Et c'est ainsi qu'Aristée, mal guéri de son dépit
contre son heureux compétiteur, venait si lente:
ment à la guerre des Indes, et quittait tardivement
le séjour de Cyllène, demeure de Mercure; car il
n'avait pas encore habité la première fle des Méropes Il n'avait pas encore adouci la vapeur
enllammée des heures de sécheresse et amené les
souffles bienfaisants de Jupiter, le vainqueur du
mal. Il n'avait pas encore, surveillant, sous un vẻtement de fer, l'éclat de la constellation dévorante,
arrêté et endormi pendant toute la nuit, l'incendie
de la Canicule grâce à lui, maintenant les
vents rafraichissent le monde de leurs baleines
légères, pendant qu'elle lance de son gosier brûlant le feu et l'aridité. Il demeurait encore dans la
plaine de Parrhasie. Le peuple vagabond de l'Arcadie, qui se nourrit de glands, le suivait au combat, ainsi que les possesseurs des bords du Ladon des grands bois sacrés du Lycée de
Stymphale l'escarpée et des villes chantées
par le poète, Ripe Stratie Euispe
Mantinée enfin Parrhasie aus grands
L'ile des Méropes.
C'est dans l'île de Céos
que régna Aristée, dégoûté de la Béotie après la
mort de son fils Actéon. Nonnos, en la désignant
sous le nom d'île des Méropes, emprunte cette épithète à l'hymne d'Homère, Ków; TE TORI; μspóπwy
vpwwv (Hymn. à Apoll.,v. 42), et confond Céos
vpwmwv(Hymn.
avec Cos, la patrie d'Hippocrate. Hélas! le moindre
Turc de nos jours en fait la différence, puisque
Cos est encore sous le joug musulman, quand Zéa,
Ja Céos moderne, dépend du royaume de Grèce.
Toujours est-il qu'Aristée, bienfaiteur de cette fle,
y fut adoré sous l'invocation de Jupiter Aristée.
• On observe régulièrement à Céos, nous dit Ci-
- céron, ‹ le lever de la canicule, pour en conjecturer les bonnes ou mauvaises influences sur le
<cours de l'année.) (Cic., De divin., liv. I, ch. 57.)
Nonnos rappelle
L'abeille et la canicule.
ici sommairement quelques-uns des bienfaits d'Atristée, qu'il a détaillés dans le cinquième chant. Il
répète un vers entier et un héinistiche de sa précédente description, et, même en cela, il a l'exem--
ple et l'excuse d'Ilomère; ensuite, il revient complaisamment sur l'invention du miel et sur l'éducation des abeilles.
-- L'abeille, › dit Eustathe, dans
une judicieuse et spirituelſe remarque, ‹ a une vé-
‹ ritable affinité avec la poésie, en raison de toute
la peine que lui donne sa composition, comme
• par la douceur de son œuvre, et l'industrieuse
régularité de son travail La poésie prend sa part
de devoirs tout pareils et de ces mêmes fatigues.
- Οὐδὲν γὰρ τῶν
• Car, sans labeur, rien de beau.» —
καλῶν πόνου χωρίς.
Le Ladon.
Lasione, inconnue en Arcadie, va disparaitre dans mon texte et dans ma traduction sous les flots du Ladon, le célèbre Ladon,
dont on a tant parlé dans tous les siècles, mais
dont on ne dit plus comme Pausanias: Il passe
• pour le plus beau de tous les fleuves de la Grèce,
‹ et même des pays barbares.» Il est vrai que plus
baut l'ancien archéologue, presque toujours exact
et positif dans ses jugements, attribue cette supériorité à la limpidité de ses eaux. On aurait tort,»
ajoute-t-il, de croire ce fleuve assez important
• pour avoir des îles pareilles à celles du Danube
εἰς ὅλον ἦμαρ ἔπινον ἀλωφήτου χύσιν οἶνου.
Καὶ μεθύων γλυκὺν οἶνον ἐθάμβεεν ἄλλος ἐπ' ἄλλες
ἐξ ἑτέρου ποθέων ἕτερον δέπας ἡδέϊ θυμῷ,
εὐφροσύνην ἀκόρητον ἔχων θελξίφρονος οίνου.
Ζεὺς δὲ μελιῤῥαθάμιγγος ἐθάμβεεν έργα μελίσσης,
δαιδαλέην τ' ὠδῖνα φιλοσμήνου τοκετοῖο,
δῶρον Αρισταίοιο· καὶ οἰνοχύτῳ Διονύσῳ
ώπασε λυσιπόνοιο φέρειν πρωτάγρια νίκης.
· Ενθεν Αρισταῖος βραδὺς ἥτεν εἰς μύθον Ἰνδῶν,
όψιμος ενήσας πρότερον χόλον ἅρπαγε νίκης,
ἔνδιον Ερμείαο λιπών Κυλλήνιον ἕδρην.
Οὔπω γὰρ προτέρῃ Μεροπηΐδι νάσσατο νήσῳ,
οὔπω δ᾽ ἀτμὸν ἔπαυσε πυρωδέα διψάδος ὥρης,
Ζηνὸς ἀλεξικάκοιο φέρων φυσίζουν αρην,
οὐδὲ σιδηροχίτων, δεδοκημένος ἀστέρος αἴγλην,
Σείριον αἰθαλόεντος ἀναστέλλων πυρετοῖο,
ἐννύχιον πρήϋνε, τὸν εἰσέτι διψαλέον πῦρ
θερμὸν ἀκοντίζοντα δι' αιθέρος αίθοπι λαιμῷ
άσθμασι λεπταλέοισι καταψύχουσιν ἀῆται·
ἀλλ' ἔτι Παῤῥασίης πέδον ᾤκεεν· ἐρχομένῳ δὲ
λαὸς ἐθωρύχθη βαλανηφάγος Αρκας αλήτης,
οἱ τὸ εἶχον Λαδῶνα, καὶ ἄλσεα καλὰ Λυκαίου,
καὶ κραναὴν Στύμφηλον, ἀειδομένην τε πολίχνην
Ρίπην, καὶ Στρατίην, καὶ Μαντινέην, καὶ Ἐνίππην,
Παῤῥασίην τ' εὐδενδρον, ὅπη πέδον ἐστὶ θεαίνης
• ou du Pô, quand elles sont grandes tout au plus
(comme un bac. ›
Le Lycée. Le mont Lycée, dont j'ai vu
de loin les cimes dominer l'Arcadie méridionale et
s'abaisser brusquement vers la Messénie, est encore une de ces montagnes dotées en Orient du titre d'Olympe.
Et cum Cylene gelidi pineta Lycæi.
(Ovide, Mét., v. 217.)
Ces pins du Lycée et du Cyllène ont fait place à
des arbustes épineux et à une végétation rabougrie.
Stymphale. Nonnos la qualifie d'escarpée;
Polybe dit, en effet, que ses alentours sont abruptes
et difficiles, δυσχωρίας.
Ripé. Quant à Ripé, je ne comprendrais
guère d'où lui viendrait la célébrité isolée dont la
qualifie le texte grec, et voici ce que disait Strabon
de Ripé, comme de
Stratie, et d'
Enispe ses voisines:
Elles sont difficiles
‹ à trouver; et si on les trouvait, cela ne servirait
‹ à rien, car elles sont désertes.» C'est m'interdire de pousser plus avant sur ce point mon commentaire; je donne seulement à ces trois villes,
dont certains détracteurs ont voulu, en dépit de
Pausanias, faire des îles du Ladon, l'épithète commune de ἀειδομένας τε πολίχνας au lieu de ἀειδομένην τε πολίχνην qui se trouve au singulier dans le
texte, et cela signifie que ces trois villes ont été
déjà célébrées par Homère, le poète par excellence.
Mantinée. Mantinée, chez Homère charmante (patεiv), a cessé de l'être chez Nonnos,
qui la déshérité de tout attribut, malgré ses titres
à la gloire. Le P. Hardouin, qui a commenté
Pline, comme j'essaye de commenter Nonnos, lui
fait
Parrhasie. Fondée par Parrhasios, fils
de Jupiter. Ville antique qui donne aussi poétiquement son nom à l'Arcadie.
Lupercal
Parıhasio dictum Pangs de more Lycæi,
disait Virgile, qui parfois aussi a recherché le sens
étymologique.
col. 1261–1262page 18 of 29
PG 43:1261ἀστιθὲς ἀρχεγόνοιο λεχώῖον εἰσέτι Ρείης, καὶ δάπεδον Φενεοίο, καὶ Ορχομενοῖο πόληα, Ορχομενόν πολύμηλον, ἐδέθλιον ᾿Απιδανήων οἱ τ' ἔχον 'Αρκαδίην, πόλιν ᾿Αρκάδος, ὃν ποτε μήτηρ Καλλιστώ Διῖ τίκτε· πατὴρ δέ μιν εἰς πόλον ἄστρων στηρίξας, ἐκάλεσε χαλαζήεντα Βοώτην. Τόσσον Αρισταίος στρατὸν ἔπλισεν Αρκάδι λόγχῃ, ἀνδράσι μαρναμένοις νομάδας κύνας εἰς μόθον ἔλκων τόν ποτε Κυρήνη, κεμαδοσσόος "Αρτεμις άλλη, Φοιβείῃ φιλότητι λεοντοφόνος τέκε νύμφη, οππότε μεν Λιβύῃ ψαμαθώδεῖ καλός Απόλλων ήγαγε, νυμφοκόμῳ μετανάστιον ἅρπαγι δίφρῳ. Καί μιν ἔτι σπεύδοντα, λιπὼν μαντώδεα δάφνην, αὐτὸς ἑαῖς παλάμῃσι πατὴρ θώρηξεν ᾿Απόλλων, παιδὶ δὲ τόξον ἔδωκε, καὶ ἤρμοσε χειρὶ βοείην δαιδαλέην· γλαφυρὴν δὲ, καθιεμένην διὰ νώτου ὠμαδίῳ τελαμώνι, κατεκλήϊσσε φαρέτρην. Τῷ δ' ἔπι Σικελίηθεν ἑκηβόλος ἦλθεν ᾿Αχάτης, καὶ οἱ ἐφωμάρτησαν ὁμήλυδες ἀσπιδιῶται, [χων Κοσσυρίων τ', Ελύμων τε πολὺς στρατός, οἵ τε Παλί Ενθα δὲ κεῖται Αρκάς, ὑφ' οὗ δὴ πάντες ἐπίκλησιν καλέονται.ἀστιθὲς ἀρχεγόνοιο λεχώῖον εἰσέτι Ρείης,
καὶ δάπεδον Φενεοίο, καὶ Ορχομενοῖο πόληα,
Ορχομενόν πολύμηλον, ἐδέθλιον ᾿Απιδανήων·
οἱ τ' ἔχον 'Αρκαδίην, πόλιν ᾿Αρκάδος, ὃν ποτε μήτηρ
Καλλιστώ Διῖ τίκτε· πατὴρ δέ μιν εἰς πόλον ἄστρων
στηρίξας, ἐκάλεσε χαλαζήεντα Βοώτην.
Τόσσον Αρισταίος στρατὸν ἔπλισεν Αρκάδι λόγχῃ,
ἀνδράσι μαρναμένοις νομάδας κύνας εἰς μόθον ἔλκων
τόν ποτε Κυρήνη, κεμαδοσσόος "Αρτεμις άλλη,
Φοιβείῃ φιλότητι λεοντοφόνος τέκε νύμφη,
οππότε μεν Λιβύῃ ψαμαθώδεῖ καλός Απόλλων
ήγαγε, νυμφοκόμῳ μετανάστιον ἅρπαγι δίφρῳ.
Καί μιν ἔτι σπεύδοντα, λιπὼν μαντώδεα δάφνην,
αὐτὸς ἑαῖς παλάμῃσι πατὴρ θώρηξεν ᾿Απόλλων,
παιδὶ δὲ τόξον ἔδωκε, καὶ ἤρμοσε χειρὶ βοείην
δαιδαλέην· γλαφυρὴν δὲ, καθιεμένην διὰ νώτου
ὠμαδίῳ τελαμώνι, κατεκλήϊσσε φαρέτρην.
Τῷ δ' ἔπι Σικελίηθεν ἑκηβόλος ἦλθεν ᾿Αχάτης,
καὶ οἱ ἐφωμάρτησαν ὁμήλυδες ἀσπιδιῶται, [χων
Κοσσυρίων τ', Ελύμων τε πολὺς στρατός, οἵ τε Παλίoïte
fait ici un reproche dont j'ai à cœur de le venger:
Nonnos, dit-il, par licence poétique, a écrit le
• nom de la Mantinée (Mayrivata) de Plutarque, de
Xénophon, de Strabon même par un bref et un
• long, Mavzven. Le jesuite breton me senible
ici plus préoccupé de ses paradoxes habituels que
d'flomère, dont il a pourtant publié une apologie.
C'est l'Iliade qui a dit Mavevény, nécessaire à la
mesure du vers; Nonnos n'a fait que répéter, et
Forthographe homérique a tellement prévalu que
notre Français a traduit Mantinée, et non Mantinie;
on conviendra que chez l'un comme chez l'autre
poête, il n'y a pas là vraiment matière suffisante à
querelle même littéraire.
Phénée. Célèbre dans la vie d'Hercule
et d'Evandre. Il est question ici de la plaine du
lac Phénée où le Ladou cominence, et dont les eaux
salubres pendant le jour, donnaient la mort pendant la nuit: ainsi les eaux du Nil que j'aimais
tant à boire, dans les jours brûlants, rafraîchies
et filtrées dans les cruches de Kené que le vent
agitait sur ma tête, suspendues au mât de ma
barque, m'ont donné la fièvre dans la nuit que je
passai étendu sur le sable de leurs rives.
Orchoménos· était l'un des cinquante Ly-'
caonides qu'extermina Jupiter après son horrible
repas chez Lycaon, homme et roi primordial,
changé en loup. Occidit una domus. Il avait eu le
Temps de fonder la ville d'Orchomène en Arcadie,
bien moins célèbre que l'Orchomène de Minyas que
nous avons vue déjà en Béotic.
Les Aphidantes. Il s'agit ici des habitants
du district dépendant de Tégée, où régnait Aphidas,
fils d'Arcas; ou plutôt, si ce n'est tout un, des
Arcadiens Apidanéens qui vivaient sur les hauteurs
de l'Erymanthe: ils tiraient aussi leur nom d'Apis
fils de Phoronée, le Médecin-devin, enfant d'Apollon, comme l'appelle Eschyle, Tatpóμavtis nai;
'Anóliwvos, lequel s'établit en Arcadie après avoir
purgé le Péloponèse des serpents dévorants, hótes
venimeux et féroces. Le roi Apis, qui s'empara de
Sicyone, le plus antique royaume de la Grèce, et
en chassa les Telchines, était de son sang. Pentêtre c'était lui même, grâce à une allégorie des'
Telchines rapprochés des serpents; car sur ce point
il règne une obscurité telle que toutes les conjectures demeurent permises.
arbres, où est la sainte plaine réservée à la déesse
Rhea, principe des générations; et ceux qui tenaient
le territoire de Phénée et la ville du héros
Orchoménos Orchomène, riche en troupeaux,
séjour des Aphidantes et la ville Arcadie
que fonda jadis Arcas, fils de Jupiter et de Callisto;
son père l'établit dans la sphère des astres, où il en
fit le grêleux Bouvier.
C'étaient là les troupes qu'Aristée avait armées
de la lance arcadienne. Il menait au combat ses
chiens errants mêlés à ses guerriers. Cyrène, sa
mère, autre Diane chasseresse, exterminatrice des
lions, l'avait jadis donné à l'amour de Phébus,
quand le bel Apollon l'eut conduite au travers des
airs, sur son char ravisseur et nuptial, au milieu
des sables de la Libye. Le dieu lui-même, quittant
son prophétique laurier, avait de ses propres mains
armé son fils. Il lui fit don d'un arc, ajusta à son
bras un bouclier merveilleux, et affermit, par une
courroie sur ses épaules, le briliant carquois qui
flottait le long de ses reins.
Achate qui lance au loin les traits, arriva
de Sicile; ses compatriotes qui le suivent portent
des boucliers. Ce sont les troupes nombreuses des
Cosyriens et des Hélynes les peuplades
Arcas. Et voici enfin ce fondateur de la
ville Arcadie, lequel, en partant avec sa mère Calisto pour la sphère céleste, avait laissé son nom
sa province natale, et son tombeau à Mantinée:
ses restes y furent transportés du mont Ménale
voisin, aux termes d'un oracle de Delphes, exprimé
dans ce vers passablement prosaïque:
Ενθα δὲ κεῖται
Αρκάς, ὑφ' οὗ δὴ πάντες ἐπίκλησιν καλέονται.
Achate. Ici Nonnos semble laissé à luimême, et nager sans liége; car Homère n'a pas
envoyé au siége de Troie la moindre députation
sicilienne mais Virgile ne tardera pas à le secourir; et d'abord cet Achate qui commande les troupes siciliennes me paraft être purement une réminiscence de l'Enéide.
Au reste, mon voyage en Sicile de l'année 1840
me met en mesure de redresser les notions topographiques de Nonnos, ou plutôt de réparer les
erreurs de son copiste. Ce n'est pas le promontoire
Pélore qui porte une tête sourcilleuse; il étend, au
contraire, vers le détroit de Messine et les rochers
de Scylla, une longue plage sablonneuse parfaitement conforme à la description que fait Nonnos du
cap Pachyne, lequel, de son côté, ne présente point
à la mer le sol d'une presqu'île (salo dáε),
mais bien plutôt une colline escarpée. Il ne faut
donc, pour concilier le texte grec avec l'exactitude
géographique, que feuilleter les dernières pages de
mes Vingt jours en Sicile, et faire ici que les deux
promontoires Pachyne et Pélore changent de place
entre eux.
Les Cosyriens. Je débusque sans pitié les
Cillyriens, peuplade qui n'a jamais fait partie d'au -
cune contrée sicilienne ou autre tant soit peu connue, du premier rang que leur avait offert ce recensement, et j'allais mettre à leur place, dans le
texte gree, les Lilybéens, que, sans cette correction,
Nonnos eût passés sous silence. Or il me semblait
trop bon géographe et trop exact nomenclateur
pour séparer, dans le treizièine livre, une pointe du
triangle des deux autres pointes, et Lilybée de Pachyne et de Pélore, quand il les a déjà réunis en
trois
Les Hélymes, colonie troyenne, dont
Eryce et Ségeste étaient les capitales (Thucyd. 1. IV,
ch. 2.
Silius Ital., liv. XIV, v. 46).
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PG 43:1263έδρανον ἀμφενέμοντο, καὶ οἱ Κατάνην παρὰ λίμνην γείτονα Σειρήνων πόλιν ᾤκεον, ἃς Αχελώῳ τίκτεν, ἀελλήεντι συναπτομένη παρακοίτῃ αἴ τ' εἶχον Καμάριναν, ὅπη κελάδοντι ῥεέθρῳ Ιππαρις ἀστήρικτος ἐρεύγεται ἀγκύλον ὕδωρ, Τόλης θ' ἱερὸν ἄστυ, καὶ οἱ σχεδὸν ᾤκεον Αίτνης, ήχι πυρὸς κρητῆρες ἀναπτομένης ἀπὸ πέτρης θερμὸν ἀναβλύζουσι Τυρανίης σέλας εὐνῆς οἵ τε δόμους ἐδάσαντο παρ' ὀφρυόεντι Παχύνῳ, καὶ δάπεδον νησατον αλιββοίζοιο Πελώρου, καὶ Σικελὴν ᾿Αρέθουσαν, ὅπη μετανάστιος έρπει, στέμματι Πισαίῳ κομόων, Αλφειός αλήτης, πορθμεύων βατὸν οἶδμα, καὶ ἀκροτάτου διὰ πόντου ἔλκει δοῦλον Ερωτος υπέρτερον, άβροχον ύδωρ, θερμὸν ἔχων ψυχροῖο δι' ὕδατος ἀπτόμενον πῦρ. Τοῖς ἔπι Φαῦνος έκανε, περισφρήγιστον εάσας Ιταλίης διλόφοιο πελωρίδα πέζαν ἐρίπνης, τὸν βυθίῳ Κρονίωνι συναπτομένη τέκε Κίρκη, σύγγονος Αιήταο πολύθρονος, ή παρὰ λόχμη ᾤκεε πετραίοιο βαθύσκια κύκλα μελάθρου. Καὶ Λίβυες στρατόωντο παρ' ἑσπέριον κλίμα γαίης Τὰς μὲν ἄρ᾽ εὐειδής Αχελωίῳ εννηθεῖσα Γείνατο Τερψιχόρη, Μουσέων μία. πυρισφράγιστον,qui entourent le temple des Palices ceux qui έδρανον ἀμφενέμοντο, καὶ οἱ Κατάνην παρὰ λίμνην
habitent Catane ville maritime, ou qui ol
habitent Catane ville maritime, voisine des peitova Ezipho nó psov, & Axe
Sirènes Ces Sirènes, que la vermeille Terpsi- Tepixón poбess pooxpalpwv & expwv
γείτονα Σειρήνων πόλιν ᾤκεον, ἃς Αχελώῳ
chore vit naître de son union avec son époux cornu,
limnpétueux Achelous; et les possesseurs de τίκτεν, ἀελλήεντι συναπτομένη παρακοίτῃ
Camarine où le mobile Hipparis vomit
αἴ τ' εἶχον Καμάριναν, ὅπη κελάδοντι ῥεέθρῳ
bruyamment ses ondes sinueuses, et la ville sacrée
Ιππαρις ἀστήρικτος ἐρεύγεται ἀγκύλον ὕδωρ,
d'Hybla et ceux qui vivent auprès de l'Etna,
où des eratères de feu font jaillir du sein des roches Τόλης θ' ἱερὸν ἄστυ, καὶ οἱ σχεδὸν ᾤκεον Αίτνης,
incendiées les flammes incandescentes de la couche ήχι πυρὸς κρητῆρες ἀναπτομένης ἀπὸ πέτρης
de Typhon, et ceux qui disséminent leurs habitaθερμὸν ἀναβλύζουσι Τυρανίης σέλας εὐνῆς·
tions sur le sourcilleux Pachyne, la presqu'ile alοἵ τε δόμους ἐδάσαντο παρ' ὀφρυόεντι Παχύνῳ,
longée de Pélore, où la mer bat le rivage, et la
Sici ienne Arethuse où rampe le voyageur
καὶ δάπεδον νησατον αλιββοίζοιο Πελώρου,
Alphée, qui s'exile tout chargé des couronnes de καὶ Σικελὴν ᾿Αρέθουσαν, ὅπη μετανάστιος έρπει,
Pise. I se fraye une route à travers les vagues, στέμματι Πισαίῳ κομόων, Αλφειός αλήτης,
roule, esclave de l'amour, à la surface des mers une
πορθμεύων βατὸν οἶδμα, καὶ ἀκροτάτου διὰ πόντου
onde que ne corrompt jamais leur amertume, et
ἔλκει δοῦλον Ερωτος υπέρτερον, άβροχον ύδωρ,
conserve sa flamme toujours brûlante sous la fraîcheur des flots.
θερμὸν ἔχων ψυχροῖο δι' ὕδατος ἀπτόμενον πῦρ.
Τοῖς ἔπι Φαῦνος έκανε, περισφρήγιστον εάσας
Ιταλίης διλόφοιο πελωρίδα πέζαν ἐρίπνης,
τὸν βυθίῳ Κρονίωνι συναπτομένη τέκε Κίρκη,
σύγγονος Αιήταο πολύθρονος, ή παρὰ λόχμη
ᾤκεε πετραίοιο βαθύσκια κύκλα μελάθρου.
Καὶ Λίβυες στρατόωντο παρ' ἑσπέριον κλίμα γαίης
Avec eux vient Phaunos Il a quitté cette
prodigieuse plaine de l'Italie, dominée par un
double sommet que stigmatise le feu Circé,
unie au roi des mers, fils de Saturne, le mit au
monde; la magicienne Circé, la sœur d'Aète, qui
séjourne à la limite des forêts, dans les obscures
et circulaires profondeurs d'un palais de roches.
Les Libyens s'enrôlèrent aussi. Its habitent les
trois vers du deuxième chant (de 395 à 398): mais,
malg: é mon admiration pour ce promontoire que
j'ai vu prolonger ses belles montagnes sur la mer
qui le sépare de Carthage, c'est de Cosyra qu'il
s'agit ici, ile sicilienne, voisine de Sélinonte et par
conséquent de Lilybée (Steph. Byz.), ile que Pline
et Strabon ont nommée, et dont Ovide a dit:
Fertilis et Meliti sterili vicina Cosyre.
(Liv. III, Fastes, v. 567.)
Les Palices
par Diodore, leur voisin,
Calane et sa rade,
Les Sirènes, – dévolues aux mers italiennes, changent de séjour au gré des poètes. Nounos
les live auprès de Catane, et Ovide un peu plus
baut dans le détroit de Messine. Apollonius de Rhodes, après Homère, place les Sirènes dans une ile,
et c'est à l'auteur des Argonautiques que le poête
égyptien a emprunté, pour leur généalogie, le fleuve
Achélous et la muse Terpsichore, c'est-àet leur lac, si bien décrit
dire l'union des eaux et de l'harmonie.
Τὰς μὲν ἄρ᾽ εὐειδής Αχελωίῳ εννηθεῖσα
Γείνατο Τερψιχόρη, Μουσέων μία.
(Apoll. Rh., I. IV, 895.)
Les pasteurs crurent que les Muses et les Si-
‹ rènes avaient renouvelé au bord de l'Alphée le
‹ combat qu'elles s'étaient livré jadis, quand les
filles de l'Achéloūs, vaincues parles doctes sœurs,
‹ furent contraintes de se dépouiller de leurs ailes›
(Chateaubriand, les Mart., liv. II.)
Les souvenirs de la mythologie, me disait.
de Chateaubriand, et les citations de la Bible que
• j'ai accumulées dans les premiers chants des
‹ Martyrs, firent d'abord l'effet d'un étrange amalgame; mais peu à peu les lecteurs du Génie du
Christianisme s'y accoutumèrent les uns et les
• autres en découlaient naturellement; et vous ne
‹ sauriez croire quel plaisir j'avais éprouvé à recueillir en Orient toutes ces images. Nourrisson
du Pinde, et croisé à Solyne, j'étais heureux de
mèler mes délaissements aux ruines d'Athènes,
mes pleurs aux larmes de Madeleine. Or cette
dernière phrase, un peu ambitieuse, qui venait
d'être tracée pour les Mémoires d'Outre-tombe, je
l'entendais à Londres dans notre cabinet d'études
diplomatiques.
Camarine, - qu'on voit de si loin, apparet
Camarina procul (Virgile, En., III, 70.).
lipparis, fleuve ou ruisseau vanté par
Pindare (Olymp. V).
lybla el ses abeilles, rivales de l'Ilymente,
Arethuse
Arethuse enfin, chantée par
tant de puêtes et à propos de tous ces noms grecs
si mélodieux, je renvoie encore à ces mêmes Ving!
jours en Sicile, tous mes lecteurs, s'ils sont assez
avides de commentaires pour ne pas se contenter
de ceux qui précèdent ou vont suivre. Quant à moi,
je ne saurais m'en lasser. Car, me trouvant inu-
‹ tile à ce siècle, je me rejecte à cet autre; et en
● suis si embabouiné que ces vieilles choses m'intéressent et me passionnent. (Montaigne )
Néanmoins, puisque j'ai, dix ans à l'avance, écrit
sur la Sicile tout ce qui peut aider à l'intelligence
du texte de Nonnos, assez clair en cet endroit, je
demande la permission, pour procurer une diversion à mon esprit et à ma plume, de traduire un
autre poète grec encore, et de dire avec le sententieux Théognis. Et moi aussi, je suis allé autrefois en Sicile; moi aussi, j'ai vu les champs
‹ couverts de vignes de l'Eubée, et Sparte, ville
‹ illustre que baigne l'Eurotas chargé de roseaux.
Partout on m'a accueilli avec bienveillance. Et
• cependant janiais ces contrées étrangères ne
● m'ont donné assez de plaisir pour faire oublier à
mon cœur que rien n'est meilleur que la patrie.»
Phaunos. Cette désignation de l'Italic
n'a rien de précis ni de satisfaisant, soit que l'on
conserve le mot nupiopphylotov, scellé par le fru,
soit que l'on adopte πυρισφράγιστον, gonflée par ie
feu, plus intelligible en français que convenable en
grec. I resterait toujours l'énigme des trois poinles, pinópoto, ou des trois sommets: en substi-
ant, Sopot, les deux sommets, ce qui se rapproche davantage de l'édition de Falkenburg et par
conséquent du manuscrit original, on pourrait y
voir l'Apennin, dont les cimes, si elles ne sont
doubles, regardent au moins les plaines italiennes
des deux côtés. Mais il est plus probable que, par
un anachronisme pardonnable chez un poète, Nonnos a voulu désigner les campagnes de Naples, et
les deux têtes du Vésuve, qui, de son temps, comptait déjà trois siècles de ravages, mais qui n'existait pas pour Phaunos.
Les sommets de feu. — C'est en ce sens que
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PG 43:1265ἀγχινεφῆ ναίοντες ἀλήμονος ἄστεα Κάδμου. Κιῖθ: γὰρ ἀντιπόρων ἀνέμων πεφορημένος αύραις, εἰς χρόνον ᾤχες Κάδμος, ἔχων Σιθωνίδα νύμφην σύμπλοον, Αρμονίην, ἔτι παρθένον, ἧς διὰ μορφὴν γείτονας ἀντιβίους πολεμητόκος ώπλισε φήμη, ἣν Χάριν ἐν ὀνόμηνε Λίβυς στρατός· ἀδροτέρη γὰρ Βιστονὶς ἐβλάστησεν ἐπιχθονίη Χάρις ἄλλη, τῆς ἀπὸ καὶ Λιβύης Χαρίτων λόφος· ἧς ἐπὶ μορφῇ ἅρπαγος ὑσμίνης δεδονημένος άφρονι κέντρῳ, φρικτὸς ἐρωμανέων ἐκορύσσετο βάρβαρος "Αρης, λαὸς ἐρημονόμος Μαυρούσιος. Αλλά τινάσσων χερσὶ γυναιμανέεσσι Λιβυστίδος ἔγχος Αθήνης, Αρμονίης πολέμιζε, προασπίζων παρακοίτης, ἐσπερίων δ' ἐφόβησεν ὅλον γένος Αιθιοπήων σὺν Διῖ θωρηχθέντι, σὺν ᾿Αρεῖ, καὶ Κυθερείῃ. Κεῖθι καὶ, ὡς ἐνέπουσι, παρὰ Τριτωνίδι λίμνῃ Αρμονίη παρέλεκτο ῥοδώπιδι Κάδμος αλήτης Νύμφαι δ' Εσπερίδες μέλος Επλεκον, ὧν ἀπὸ κήπων Κύπρις ὁμοῦ καὶ Ἔρωτες κόσμεον εὔγαμον εὐνὴν, χρυσείην θαλάμοισιν ἐπικρεμάσαντες ὀπώρην, νύμφης ἔδνον ἔρωτος επάξιον, ἧς ἀπὸ φύλλων Αρμονίη καὶ Κάδμος έχεκτεάνῳ παρὰ παστῷ βόστρυχον ἀφνειοῖσιν ἐμιτρώσαντο κορύμβοις ἀντὶ βόδου γαμίοιο· καὶ ἁβροτέρη πέλε νύμφη, χρύσεα δῶρα φέρουσα, γέρας χρυσέης Αφροδίτης. Καὶ μέλος ἀστραίης κιθάρης ἐπίκωμον ἐγείρας, μητροπάτωρ σφαιρηδὸν ἐῷ βητάρμονι ταρσῷ οὐρανὸν ἀμφελέλιζε Λίβυς κυρτούμενος "Ατλας, καὶ μέλος ἁρμονίης ἐμελίζετο γείτονι φωνῇ. Καὶ ζυγίης φιλότητος ἑῆς μνημήϊα νύμφης, δῶκε ποδῶν ἐπίβαθρα Λιβυστίδι Κάδμος ἀρούρῃ, δωμήσας πολίων ἑκατοντάδα· δῶκε δ' ἑκάστῃ δύσβατα λαϊνέοις ὑψούμενα τείχεα πύργοις. Κείνου μνῆστιν ἔχοντες ἐπεστρατόωντο μαχηταί, μαρναμένου Βρομίοιο προασπιστήρες Εννοῦς, τηκομένης ναίοντες εδέθλια γείτονα Μήνης, καὶ Διὸς Ασβύστρο μεσημβρίζοντας εναύλους, τρίλοφος, ερημονόμος, » Τότε ἑκατὸν πάλιας οἰκη σαι περὶ τὴν Τριτωνίδα λίμνην Ελληνίδας, πᾶσαν εἶναι ἀνάγκην. 179.) Τηκομένης ναίοντες ἐδέθλια γείτονα Μήνης.ἀγχινεφῆ ναίοντες ἀλήμονος ἄστεα Κάδμου.
Κιῖθ: γὰρ ἀντιπόρων ἀνέμων πεφορημένος αύραις,
εἰς χρόνον ᾤχες Κάδμος, ἔχων Σιθωνίδα νύμφην
σύμπλοον, Αρμονίην, ἔτι παρθένον, ἧς διὰ μορφὴν
γείτονας ἀντιβίους πολεμητόκος ώπλισε φήμη,
ἣν Χάριν ἐν ὀνόμηνε Λίβυς στρατός· ἀδροτέρη γὰρ
Βιστονὶς ἐβλάστησεν ἐπιχθονίη Χάρις ἄλλη,
τῆς ἀπὸ καὶ Λιβύης Χαρίτων λόφος· ἧς ἐπὶ μορφῇ
ἅρπαγος ὑσμίνης δεδονημένος άφρονι κέντρῳ,
φρικτὸς ἐρωμανέων ἐκορύσσετο βάρβαρος "Αρης,
λαὸς ἐρημονόμος Μαυρούσιος. Αλλά τινάσσων
χερσὶ γυναιμανέεσσι Λιβυστίδος ἔγχος Αθήνης,
Αρμονίης πολέμιζε, προασπίζων παρακοίτης,
ἐσπερίων δ' ἐφόβησεν ὅλον γένος Αιθιοπήων
σὺν Διῖ θωρηχθέντι, σὺν ᾿Αρεῖ, καὶ Κυθερείῃ.
Κεῖθι καὶ, ὡς ἐνέπουσι, παρὰ Τριτωνίδι λίμνῃ
Αρμονίη παρέλεκτο ῥοδώπιδι Κάδμος αλήτης·
Νύμφαι δ' Εσπερίδες μέλος Επλεκον, ὧν ἀπὸ κήπων
Κύπρις ὁμοῦ καὶ Ἔρωτες κόσμεον εὔγαμον εὐνὴν,
χρυσείην θαλάμοισιν ἐπικρεμάσαντες ὀπώρην,
νύμφης ἔδνον ἔρωτος επάξιον, ἧς ἀπὸ φύλλων
Αρμονίη καὶ Κάδμος έχεκτεάνῳ παρὰ παστῷ
βόστρυχον ἀφνειοῖσιν ἐμιτρώσαντο κορύμβοις
ἀντὶ βόδου γαμίοιο· καὶ ἁβροτέρη πέλε νύμφη,
χρύσεα δῶρα φέρουσα, γέρας χρυσέης Αφροδίτης.
Καὶ μέλος ἀστραίης κιθάρης ἐπίκωμον ἐγείρας,
μητροπάτωρ σφαιρηδὸν ἐῷ βητάρμονι ταρσῷ
οὐρανὸν ἀμφελέλιζε Λίβυς κυρτούμενος "Ατλας,
καὶ μέλος ἁρμονίης ἐμελίζετο γείτονι φωνῇ.
Καὶ ζυγίης φιλότητος ἑῆς μνημήϊα νύμφης,
δῶκε ποδῶν ἐπίβαθρα Λιβυστίδι Κάδμος ἀρούρῃ,
δωμήσας πολίων ἑκατοντάδα· δῶκε δ' ἑκάστῃ
δύσβατα λαϊνέοις ὑψούμενα τείχεα πύργοις.
Κείνου μνῆστιν ἔχοντες ἐπεστρατόωντο μαχηταί,
μαρναμένου Βρομίοιο προασπιστήρες Εννοῦς,
τηκομένης ναίοντες εδέθλια γείτονα Μήνης,
καὶ Διὸς Ασβύστρο μεσημβρίζοντας εναύλους,
le docte commentateur des bronzes d'Herculanum a
tranché la difficulté, en traduisant ainsi ce passage:
Fauno vien dopo, dagli arsicci campi
D'Italia, ove due teste inalza un monte
Fauno di Circe figlio, e del gran Giove.
(Bronzi, I. II.)
Et cependant il me reste quelques scrupules sur
celle epithete, τρίλοφος, que nous avons déjà rencontrée (liv. VI, v. 329), appliquée au pays des
Tyrrhéniens, et qui, au lieu du Vésuve et du MonteSomma, pourrait designer les Alpes, et leur continuation, les Apennins, sous les aspects variés de
leurs cimes et de leurs penchants.
La colline des Graces. La colline des
Graces se trouve dans Hérodote (liv. IV, § 175),
et le Beuve Cinyps, cité plus loin, en descend pour
courir bien peu de temps vers la mer, comme tous
les torrents de l'Afrique septentrionale, autres que
le Nil.
Maurousie. C'est la Maurousic, le pays
des Maures, gens Maurusia, dont larbas, dédaigné
par Didon, est le roi dans l'Endide. Nonnos designe
ici par son épithete. ερημονόμος, les Maures no
mades dont Denys le Périégète fait cette remarquable description:
⚫ C'est dans ces déserts que s'étendent et se
• dispersent les innombrables tribus des nomades.
villes rapprochées des nues que Cadmus fonda dans
le cours de ses voyages au penchant occidental du
monde. Car, emporte par les souffles des vents contraires, c'est là qu'il demeura longtemps avec la
nymphe de Thrace, compagne de sa navigation, Harmonie, vierge encore. Sa beauté, dont la renommée
fait naître les combats, avait mis en armes tous les
voisins rivaux. L'armée libyenne l'avait surnommée
sa Charis: la charmante fille de la Bistonie florissait
en effet comme une Charis mortelle, et n'y a-t-il pas
en Libye une colline des graces aussi? Epris
follement du désir de l'enlever, le peuple qui vit
dans les déserts de Maurousie se souleva tout
entier dans son horrible fureur; c'était une guerre
barbare. Mais Cadmus fit vibrer dans ses mains
conjugales la lance de Minerve libyenne, et combattit
pour défendre son épouse Harmonie; il fut secouru
par Jupiter, Mars et Vénus, et mit en fuite tonte la
race des Ethiopiens de l'Hespérie. Ainsi le raconte
l'antiquité. C'est la qu'auprès du lac Tritonis (112),.
la charmante Harmonie s'unit pour la première fois
au vagabond Cadmus. Les nymphes Hespérides flrent entendre le chant de l'hymen. Dans leurs jardins, Cypris et Eros, pour parer cet heureux mariage, suspendirent une vigne d'or au lit nuptial,
dot bien digne d'un tel amour; et, dans leur opulent réduit, Harmonic ainsi que Cadmus couronnėrent leurs cheveux de ce riche feuillage, en place
de la rose accoutumée. Chargée de ces présents
dorés offerts par la Vénus dorée, l'épouse ne s'en.
montra que plus belle. C'est alors que le Libyen
Atlas, son aïeul maternel, éveillant les sons joyeux
de la lyre céleste, fit tournoyer en dansant la sphère
qui reposait sur ses épaules voûtées; et d'une voix
rapprochée il chanta la chanson des noces d'Harmonie. En souvenir de son épouse et de cet amoureux hymen, Cadmus fonda sur la terre de Libye
des villes aut nombre de cent et les dota
chacune de remparts inaccessibles dominés par des
tours de pierre: reconnaissants de ces bienfaits, leurs
belliqueux habitants se présentent aux premiers.
rangs pour prendre part aux guerres de Bacchus.
Ils avaient quitté les terres voisines de la Lune
quand elle vient de iaftre et les retrailes
C'est là qu'ils vivent sur le rivage, et au milieu
• des forets, cherchant dans la classe leur inise-
• rable existence, car ils ne savent pas fendre la
• terre avec la charrue; jamais ils n'entendent
• l'agréable bruit du chariot, ni le mugissement
• des bœufs qui reviennent à l'étable. Its paissent
• eux-mêmes au milieu des chênes, sans connaître
• l'épi, sans comprendre la moisson. ›
Le lac Tritonis.· Là est aussi le lac ou le
neuve Trilonis, situé, comme le jardin des Hesperides, dans le voisinage de l'antique Atlas.
Les cent villes de Libye. C'est ainsi
que par la fondation de cent villes libyennes, Cad.
mus devait accomplir la prophétie dont parle Bérodote. «Un Triton,» dit-il, e annonça a Jason,
• jeté par la tempete sur la cole d'Afrique, qu'un
jour les Grecs devaient bâtir cent villes sur les
• bords du lac Tritonis.» Τότε ἑκατὸν πάλιας οἰκησαι περὶ τὴν Τριτωνίδα λίμνην Ελληνίδας, πᾶσαν
εἶναι ἀνάγκην. (Herod., liv. 1V, ch. 179.)
La lune Méné.· J'ai dû îne résoudre à me
passer du commentaire que Graëfe nous a promis
sur ce vers; car, attendu trente ans pendant sa vie,
il ne paraitra pas après sa mort; je rétablis done
ainsi le texte:
Τηκομένης ναίοντες ἐδέθλια γείτονα Μήνης.
Il s'agirait ici, d'après mes conjectures, non de
la lune, mais de l'ile Ména, située dans le lac Tritonis, et habitée par les Ethiopiens ichthyophages,
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PG 43:1267έχει πυρὸς ἐκφυσήματα μεγάλα λούμενος, ὃς εἰς τὴν ἔξω ῥεῖ θάλατταν. (Μειευτ., μαντιπόλου κερόεντος, ὅπή ποτὲ πολλάκις Αμμων, ἀρνειοῦ τριέλικτον ἔχων ίνδαλμα κεραίης, ὀμφαίοις στομάτεσσιν ἐθέσπισεν, ἑσπέριος Ζεύς. Οι τε ρόον Χρεμέτζο, καὶ ο? παρὰ Κίνυφος ύδωρ ᾤχεον ἀζαλέης ψαμαθώδεα πέζαν αρούρης, Αὐσχῖσα:, Καβαλές τε συνήλυδες, οὓς πλέον ἄλλων Αρεῖ τερπομένους Ζεφυρήτος έτρεφεν ἀγκών. Τόσσος λαὸς ἔην εκατόμπολις. Έρχομένης δὲ πληθύος ἡγεμόνευε Κραται γόνος, ὃν ποτε κούρη Αγκινόη Χρεμέταο, παρὰ πλαταμώνα τοχῆς, Ψύλλου κουφονόοιο μινυνθαδίῃ τέκεν εὐνῇ, νυμφίον ἀγκὰς ἔχουσα θεημάχον, οὗ ποτε καρποὺς ἄσθματι διψαλέῳ Νότος ἔφλεγε, θερμὸς ἀήτης. Αὐτὰς 8 θωρήσσων κορυθαίολον "Αρεα νηῶν, ναύμαχον ἑσμὸν ἄγειρεν, ὅπως ποινήτορ: θεσμῷ ἠερίοις ἀνέμοισιν ἀναστήσειεν Ενυώ, ἱέμενος κτεῖναι φλογερὸν Νότον· ἄγχι δὲ νήσου Αἰολίης στόλος ἦλθε σακέσπαλος· ἀλλὰ μανέντος ἀνδρὸς, ἀκοντιστήρες αελλήεντι κυδοιμῷ Ολκάδα μαστίζοντες, ἐθωρήχθησαν ἀῆται, συμφερτὴν δονέοντες ἀρείονα σύμπνοον αύτην, καὶ στρατιὴν καὶ Ψύλλον ἐτυμβεύσαντο θαλάσσῃ,méridionales de Jupiter Asbyste oracle
cornu. Là, le Jupiter Hespérien, caché sous le nom
d'Ammon, et sous la forme d'un bélier aux cornes
triplement enroulées, annonçait autrefois l'avenir
de sa bouche prophétique. Puis venaient les cultivateurs des rives du Chrémétès la plaine sablonneuse et aride, voisine des eaux du Cinyphe
les Auschises et leurs compagnons les Cabales
favoris de Mars, que nourrit la vallée de Zéphyre.
Telle était la nombreuse population des cent villes.
Cratégone la commandait. Anchinoé, fille du
Chrémétés, l'avait mis au monde dans la plaine qu'arrose le fleuve son père, après son union si éphémère
avec Psyllos l'insensé; Psyllos, l'antagoniste
des dieux, dont Notos, le vent torride, avait un jour
desséché les moissons sous ses vapeurs consumantes.
Aussitôt, transportant Mars et ses casques étincolants sur la mer, Psyllos avait rassemblé un essaim de guerriers maritimes pour soulever une lutte
vengeresse contre ces vents dévastateurs; il veut
immoler le brûlant Notos, et, au bruit des boucliers,
il amène une puissante flotte auprès des îles Eoliennes. la vue de sa folie, les vents s'arment
aussi, attaquent ses vaisseaux de leurs tempêtes
retentissantes, agitent tous ensemble leurs souffles
réunis, l'emportent, et ensevelissent sous la mer
Psyllos ainsi que ses troupes,
(Diod., liv. III.) J'ai d'ailleurs, pour appuyer ma
version, Bochart, qui voudrait lire allouévre (File
brûlante), en raison de ces expressions de Diodore,
Méné possède de grands soupiraux de feu, έχει πυρὸς
ἐκφυσήματα μεγάλα il est soutenu lui-memne par
Triller (Crit., liv. I, c. VI), qui propose trouvĘS,
liquescentis insulæ; et si j'adopte cette dernière
leçon, c'est qu'elle ressemble davantage au terme
du manuscrit, tixtoµévηs, el explique mieux l'erreur du copiste.
Jupiter Asbyste. Jupiter Asbyste nous a
déjà occupé dans un des chants qui précèdent.
Le fleuve Chrémètes. Le Chrémètes est
au-si peu connu comme fleuve que comme père
d'Anchiroé, et l'on n'en sait que ce qu'en disent les
Météores d'Aristote. Le plus grand avec le Nil des
fleuves connus de la Libye, il se jette dans la mer
extérieure (est-ce donc l'Océan?) "Ote Xpapers xaλούμενος, ὃς εἰς τὴν ἔξω ῥεῖ θάλατταν. (Μειευτ., liv.
1, ch. XIII); mais si Chrémètes est un des noms du
Nil, comme quelques géographes l'ont cru, pourquoi
ne pas lire Anchinoé, qu'Apollodore nous dit être
fille du Nil? Nous retrouverions ainsi la jeune veuve
de Psyllos dans l'épouse de Bélus, qui devint la
mère de Danans et d'Ægyptos.
"
Le fleuve Cinyphe. - C'est le Cinyphe, le
Cinyps d'Hérodote, dont les boucs fournissent aux
soldats pour leur coiffure, et aux plus pauvres matelots pour leurs voiles, une barbe blanchie par la
vieillesse; et cela me fait songer à ces voiles_en
poil de chèvre, noires comme les tentes des Bédouins, que les barques des Maures pêcheurs tendent aux vents dans l'Archipel, ainsi qu'à ces nobles
chèvres que j'ai vues toutes vivantes, en 1818. des.
cendre sur nos vaisseaux les courants du Bosphore
pour donner à Paris nos moelleux cachemires français.
Incanaque menta
Cinyphii tondent hirci, setasque comantes,
Usum in castrorum, et miseris velamina nautis.
(Virg., Géorg. 1. III, v. 3 2.)
Les Auschises et les Cabales. Les Auschises sont à l'occident des Asbystes, et entourent
les Cabales, tribu peu nombreuse, dit Hérodote,
qui s'étend sur les côtes de la mer vers le terri-
#toire de Barca. ›
μαντιπόλου κερόεντος, ὅπή ποτὲ πολλάκις Αμμων,
ἀρνειοῦ τριέλικτον ἔχων ίνδαλμα κεραίης,
ὀμφαίοις στομάτεσσιν ἐθέσπισεν, ἑσπέριος Ζεύς.
Οι τε ρόον Χρεμέτζο, καὶ ο? παρὰ Κίνυφος ύδωρ
ᾤχεον ἀζαλέης ψαμαθώδεα πέζαν αρούρης,
Αὐσχῖσα:, Καβαλές τε συνήλυδες, οὓς πλέον ἄλλων
Αρεῖ τερπομένους Ζεφυρήτος έτρεφεν ἀγκών.
Τόσσος λαὸς ἔην εκατόμπολις. Έρχομένης δὲ
πληθύος ἡγεμόνευε Κραται γόνος, ὃν ποτε κούρη
Αγκινόη Χρεμέταο, παρὰ πλαταμώνα τοχῆς,
Ψύλλου κουφονόοιο μινυνθαδίῃ τέκεν εὐνῇ,
νυμφίον ἀγκὰς ἔχουσα θεημάχον, οὗ ποτε καρποὺς
ἄσθματι διψαλέῳ Νότος ἔφλεγε, θερμὸς ἀήτης.
Αὐτὰς 8 θωρήσσων κορυθαίολον "Αρεα νηῶν,
ναύμαχον ἑσμὸν ἄγειρεν, ὅπως ποινήτορ: θεσμῷ
ἠερίοις ἀνέμοισιν ἀναστήσειεν Ενυώ,
ἱέμενος κτεῖναι φλογερὸν Νότον· ἄγχι δὲ νήσου
Αἰολίης στόλος ἦλθε σακέσπαλος· ἀλλὰ μανέντος
ἀνδρὸς, ἀκοντιστήρες αελλήεντι κυδοιμῷ
Ολκάδα μαστίζοντες, ἐθωρήχθησαν ἀῆται,
συμφερτὴν δονέοντες ἀρείονα σύμπνοον αύτην,
καὶ στρατιὴν καὶ Ψύλλον ἐτυμβεύσαντο θαλάσσῃ,
Poi la plebe di Barca, e nuda, e inerme
Quasi, sotto Alarcon passar si vede;
Che la vita famelica nell' erme
Piagge, gran tempo sostentò di prede.
(Le Tasse, Ger., cant. XVII, st. 19.)
Cratégone. Cratégone, le fils de la force,
est un personnage totalement inconnu dans la mythologie grecque, et appartient sans doute à quelque
légende d'Egypte ou d'Afrique que Nonnos aura recueillie sur place.
Psyllos. Psyllos, l'insensé, est pris probablement ici pour personnifier l'imbécillité nationale. Le vent du midi, dit tonjours Hérodote,
‹ ayant desséché leurs citernes, les Psylles tinrent
‹ conseil entre eux, et résolurent, d'un consente-
⚫ment unanime, de faire la guerre au vent du midi
(je rapporte ce qu'on dit en Libyet. Arrivés dans
• les déserts, ce même vent se mit à souffler et les
• ensevelit sous le sable. › On lit à ce sujet dans
les Mémoires de littérature de l'Académie, t. X.
p. 437, après la tradition des Psylles enfouis par les
vents d'Afrique dans les sables du desert: Nonnus renchérit bien sur tout ce merveilleux au
XIII livre de ses Dionysiaques, où, faisant le dé-
• nombrement des peuples qui accompagnent Bacchus dans son expédition des Indes, il suppose,
‹ à l'occasion des Psylles, qu'un de leurs rois,
• pour. venger la mort de son fils, équipa une flotte
contre le vent du midi, qu'il aborda aux fles
⚫ Eoliennes dans le dessein de l'y attaquer, el que
• les vents, armés pour leur défense, submergèrent
⚫ le roi Psyllos avec tous ses vaisseaux. N'est-il
• pas admirable que ce roi aille chercher au septentrion le vent du midi? car les îles Eoliennes
• sont au nord de la grande Syrte; mais c'est de
• quoi Nonnus s'est peu embarrassé. ›
J'ai à coeur de blanchir mon poête des injustes
imputations de M. l'abbé Souchay. Il n'y a rien
d'extraordinaire ni d'inconséquent à ce que Psyllos,
pour éteindre le fleuve dévastateur de ses campa
gnes, et non pour venger la mort d'un fils, dont ni
la fable ni le poëte égyptien n'ont parlé, soit allé
attaquer les vents chez eux, dans leur royaume et
leur citadelle; c'est une tactique approuvée en tout
temps et d'ailleurs ceux qui la trouvent ridicule
ne devraient-ils pas se souvenir que Nounos a fajt
de Psyllos un insensé?
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PG 43:1269Κυπριάδας δὲ φάλαγγας εκοσμήτην 'Αγαπήνωρ, εὐχαίτης τε Λάπηθος· ἐθωρήσσοντο δὲ πολλοὶ, οἵ τ᾽ ἔλαχον Σρήκειαν, ἀλίκτυπον ἄντυγα νήσου, Κύπρον, εϋπτερύγων θεοδέγμονα νῆσον Ερώτων, Κύπριδος αὐτογόνοιο φερώνυμον, ἧς ποτε Κύπρου ἄκρα περιγράψας βυθίῃ γλωχίνι τριαίνης, ἰτοφυεῖ δελφίνι τύπου τορνώτατο Νηρεύς. ϋππότε γὰρ γονόεσσα, κατάρρυτος ἄρσενι λύθρῳ, Ουρανίη μόρφωσε λεχώῖον ἀφρὸν ἑέρση, καὶ Παρίην ἔδινε, Κεραστίδος εἰς χθόνα Κύπρου, έμφρονα θυμὸν ἔχων, ὑπὲρ οίδματος έτρεχε δελφίς, ἐξομένην λοφίῃσιν ἐλαφρίζων Αφροδίτην. Οἵ τ᾽ ἔχον Ὑλάταο πέδον, καὶ ἐδέθλια Χυτροῦ, καὶ Τάμασον, καὶ Τέμβρον, Ἐρύσθειάν τε πολίχνην, Εκοσμήτην Αγαπήνωρ Τῶν μὲν ἄρ᾽ Ἀμφίμαχος καὶ Θάλπιος ἡγησάσθην.Κυπριάδας δὲ φάλαγγας εκοσμήτην 'Αγαπήνωρ,
εὐχαίτης τε Λάπηθος· ἐθωρήσσοντο δὲ πολλοὶ,
οἵ τ᾽ ἔλαχον Σρήκειαν, ἀλίκτυπον ἄντυγα νήσου,
Κύπρον, εϋπτερύγων θεοδέγμονα νῆσον Ερώτων,
Κύπριδος αὐτογόνοιο φερώνυμον, ἧς ποτε Κύπρου
ἄκρα περιγράψας βυθίῃ γλωχίνι τριαίνης,
ἰτοφυεῖ δελφίνι τύπου τορνώτατο Νηρεύς.
ϋππότε γὰρ γονόεσσα, κατάρρυτος ἄρσενι λύθρῳ,
Ουρανίη μόρφωσε λεχώῖον ἀφρὸν ἑέρση,
καὶ Παρίην ἔδινε, Κεραστίδος εἰς χθόνα Κύπρου,
έμφρονα θυμὸν ἔχων, ὑπὲρ οίδματος έτρεχε δελφίς,
ἐξομένην λοφίῃσιν ἐλαφρίζων Αφροδίτην.
Οἵ τ᾽ ἔχον Ὑλάταο πέδον, καὶ ἐδέθλια Χυτροῦ,
καὶ Τάμασον, καὶ Τέμβρον, Ἐρύσθειάν τε πολίχνην,
Agapénor. De Libye en Samothrace le
trajet serait long et la transition brusque. Et cependait tous les textes de Nonnos, tant imprimés que
ukanuscrits, s'accordent à nous ramener en Samothrace pour nous renvoyer immédiatement dans
Tile de Chypre. Cette marche, au rebours de l'ordre
ethnographique, m'a surpris. Et plus j'y ai réfléchi,
plus je me suis convaincu qu'il y avait une forte
interversion du texte. Je crois avoir bien fait de la
réparer. Dans ce but, j'ai transporté les trente-huit
vers qui séparent Psyllos le Libyen, d'Agapénor le
Cypriote (de 392 à 431), au bout du dénombrement,
trois vers avant la fin du livre, c'est-à-dire sous
les numéros 527 à £65. De cette façon, le lecteur
passe tout naturellement d'Egypte en Chypre, ce
qui est la route habituelle; et il n'aura plus que
très-peu de chemin à faire pour revenir des sommets
de Mycale à Samothrace. Par là, Nonnos aura
imité l'ordre homérique, lequel, sans enjambement,
va toujours d'une province limitrophe à l'autre. Il
aura, en outre, pour couronner sa nomenclature,
réservé le souvenir du premier chantre du monde,
et placé la fin de son dénombrement sous le patronage d'Orphée, comme l'invocation à Homere en
fait le délnit. Ces bons effets ne lui auront rien
coûté, quant à lui, et à moi, seulement quelques
chiffres changés dans la pagination des feuilles.
C'est par un même procédé, mais avec une moindre
interversion du texte, que j'ai placé les Mygdoniens
après les Phrygiens; le vers 514 semblait m'ordonner
cette réforme; et puisque l'armée des Indes se réunit
en Mygdonie, le contingent mygdonien devait clore
le catalogue. Je n'ai fait figurer après lui que Caunos
et Orphée dont Nonnos voulait nous rappeler l'aventure personnelle ou la mémoire, et couronner
ainsi par une sorte d'épisode poétique son long
dénombrement. Or mes conjectures et mon procédé
de reclassement, qui ont rejeté Samothrace à la fin
du livre, ont reçu une parfaite confirmation d'un
manuscrit consulté à la Vaticane par mon ami,
M. le comte Ad. de Caraman, en 1854. C'est la
copie Regina, qui a appartenu à la reine Christine
de Suède, où le vers linal 562 suit immédiatement
le dénombrement de la Samothrace, comme le bon
sens me l'avait prématurément indiqué.
Nous voici donc à l'ile de Chypre; et tout d'abord j'élimine du texte grec ce vaillant Litros dont
on n'entendit jamais parler (Airpo; ȧyfivep), et je
Jui substitue le celèbre Ag pénor, qui, après le siége
de Troie, fut jeté par les tempêtes dans l'ile de Chypre od il fonda Paphos. Εκοσμήτην Αγαπήνωρ
Loyalty te Aánog. J'emploie à cet effet, pour rétablir le rhythme, le genre duel, ainsi qu'Homère
me l'a enseigné dans une occasion toute pareille:
Τῶν μὲν ἄρ᾽ Ἀμφίμαχος καὶ Θάλπιος ἡγησάσθην.
(Iliade, II, 620.)
Les phalanges des Cypriens sont sous les ordres
d'Agapénor et de Lapithos à la belle chevelure.
De nombreux guerriers les suivent; ce sont les heureux habitants de Sphécie que baigne la mer
dans sa rondeur; Cypre, retraite divine des amours
aux ailes rapides; Cypre, honorée du nom de la primitive Cypris, et dont Nérée, traçant les contours
avec la pointe de son trident maritime, fit la forme
pareille au dauphin son compagnon. Car, au moment où la rosée productrice et divine, mêlée à un
germe puissant, féconda l'écume des mers, et en
créa la déesse de Paphos dans les parages de Cypre
Cérastide ce fut un dauphin qui courut, dans
son instinct prudent, sur la surface des ondes, et
y soutint Vénus assise sur son dos; les possesseurs de la plaine d'Hylate des murs de Chytros de Tamase de Tembros
Puis, après avoir expliqué qu'ici
Sphécie, mot à mot, l'île des Guépes; et
phis loin,
Céraste, - la Cornue, à raison de la multiplicité de ses caps, sont des variétés des noms
primitifs de l'île de Chypre réunies dans un seul
vers de Lycophron, j'ajoute qu'Etienne de Byzance
ne l'a pas compris, et qu'il n'est pas sans excuse,
vu l'obscurité habituelle de l'Alexandra (Lyc.,
vers 447). Ensuite je viens à
Hylate, — qui figure dans Lycophron également, et qui est la ville Dylé ou Hylate, consac:ée à Apollon.
Il n'y a point eu dans les dictionnaires géographiques, et surtout il n'est jamais resté dans ma
mémoire de voyageur, d'autre
Sestos
que
La grant tour de Seste,
Là cù lléro, par amour, tant osa.
(Marot.)
Je vais donc, en place de cette Sestos étrangère
à l'île de Chypre, que porte le texte grec, proposer
Chytros, maintenant Citria, ou Cythere, ou PalæoChytro, si l'on en croit le judicieux d'Anville; Chy
thro, dont le miel rivalisait avec l'Hymette (Diophanes, Geop., liv. XV). Je ne sais si, en cette
circonstance, je ne me laisse pas emporter trop loin
par mon vieux penchant pour Citria, et si je ne
commets pas une grosse erreur topographique; mais
je vois, et je voudrais revoir partout cette délicieuse
vallée de Cythère, dont mon imagination s'est empreinte; arrosée des eaux de la haute et abondante
source du mont Panacre que nous allons rencontrer
plus bas, elle est ombragée d'orangers toujours en
fleurs et en fruits. C'est là qu'après un jour entier
de fatigues poétiques dans ces collines pittoresques,
je reçus chez le riche Hadji Pétraki la plus délas
sante hospitalité. C'était ce même Pierre le Pèlerin
que je devais, trois ans plus tard, reconnaitre pauvre, exilé, presque fou, dans les rues de Londres,
et dont M. de Chateaubriand m'aida à soulager les
malheurs. J'étouffe ces réminiscences qui font remonter, en soupirant, m² pensée vers un âge plus
heureux;
126) Tamase. Certes elle ne doit pas être
bien éloignée de Chytri, puisque Ovide affirme que
c'est la meilleure contrée de l'lle. Telluris Cypri
pars optima (Met., liv. X, v. 545); sans doute en
raison de l'abondance et de la qualité de ses mines
de cuivre (Strabon, liv. XIV).
Tembros, autre dépendance d'ApollonHylate, est citée dans un vers des Bassariques de
Dionysos le Samien, que nous a conservé Étienne
de Byzance; et ce vers confirnie le nom de la villó
suivante Erystée, que Græfe semble disposé à
contester.
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PG 43:1271καὶ τέμενος βαθύδενδρον ὀρεσσαύλοιο Πανάκρου. Ἐκ δὲ Σόλων κεκόρ στο πολύς στρατός, ἐκ δὲ Λαπήθων, ὕστερον ἣν ἐκάλεσσαν ὁμώνυμον ἡγεμονος, ὃς τότε λαὸν ἄγειρεν, ἐν εὐθύρσῳ δὲ κυδοιμῷ κάτθανε, καὶ κτερέϊστο, καὶ οὔνομα λεῖπε πολίταις. Οι τε πόλιν Κινύρειαν, ἐπώνυμον εἰσέτι πετρῶν ἀρχεγόνου Κινύραο, καὶ Οὐρανίης πέδον ἕδρης, αιθερίου κενεῶνος ἐπώνυμον, ὅττι πολίτας Ετρεφεν ἀστράπτοντας ἐπουρανίων τύπον ἄστρων. Οἵ τ᾽ εἶχον Κραπάσειαν, ἀλιστερές οἶδας αρούρης, καὶ Πάφον, ἀβροκόμων στεφανηφόρον όρμον Ερώτων, ἐξ ὑδάτων ἐπίβαθρον ἀνερχομένης Αφροδίτης,de la ville d'Érysthée et des tertres ombragés du Panacre montagneux: enfin les Solons
envoyèrent une troupe nombreuse ainsi que
les Lapèths: ceux-ci prirent plus tard cette
dénomination, quand le chef qui les avait rassem
bles périt dans la guerre des Indes, y fut enseveli,
et laissa son nom à ses concitoyens; puis les habitants de la ville de Cinyre, qui porte encore le nom
des rochers de l'antique Cinyras et la plaine
où est située Uranie l'homonyme de la céleste volte, parce qu'elle renfermait des citoyens
brillants à l'égal des astres du ciel; et les maîtres
de Carpasie dont la mer environne le sol;
Paphos le port orné des guirlandes des plus
élégants amours. C'est là que le délicieux Satraque roule des ondes chères à la fille de la mer,
heureux; mais je ne puis m'empêcher, à cette occasion, d'ajouter un argument de plus à ma polémique de l'an passé en faveur de la Cythère de
Chypre, que contestait le savant archéologue, directeur de l'excellente revue intitulée le Correspondant.
Non-seulement Dapper, dans son Exacie Description des iles de l'Archipel, a fait un chapitre
de la Cythère de Chypre; mais, à côté de l'autorité
d'Ortelius, que M. de Chateaubriand a proclamé le
Ptolémée moderne (Introduction à l'Itinéraire)
j'aurais pu citer Virgile lui-même lorsqu'il fait dire
à Vénus (En., liv. X, v. 501:
Est Amathus, est celsa mihi Paphos, atque Cythera,
Idaliæque domus.
Certainement Vénus n'est pas tombée sciemment
dans la faute de géographie qui m'était reprochée:
elle n'a pas confondu sa ville de Cythère en Chypre,
avec son fle de Cythère, et, dans sa réponse à Jupiter, elle n'a pas sauté de Paphos à l'entrée de
l'Archipel, pour en revenir aussitôt à Idalie. C'est
évidemment quatre villes de Chypre qu'elle a citées
ensemble, Ainathonte, Paphos, Idalie, et Cythère. ›
Cela dit, je continue mes commentaires ethnographiques.
Erysthée appartient à Apollon médecin,
on sauveur (de 'Epów, je préserve), adoré en Chypre pour avoir guéri Vénus de son amour après
la mort d'Adonis, sans doute, ajoute un chroniqueur malin, en tachant de le remplacer.
Le mont Panacre. - Ces trois villes, entassées dans un seul vers des Dionysiaques, me
ramènent, malgré moi, au mont Panacré qui les
domine. Meursius, sur la foi de Nonnos. l'avait
appelé Panarcie (Cyp., 1. 1. p. 42); mais Abr. Berkelius, en commentant Etienne de Byzance, y a
substitué Panacre. Au lieu de ce dernier nom que
je croyais dévolu à une montagne de Crète, je l'aurais à mon tour qualifié volontiers de mont Plialacre, Mont Chauve, en France Chaumont, si Nonnos n'avait vanté l'épaisseur de ses forêts. Car,
pour être véridique, je n'ai aperçu que des buissons touffus et de vigoureux arbustes, en pleine
végétation du mois de juin, sur ces hauteurs du
mont Panacre hérissées de rochers et de pics aigus.
Les Solons, qu'Hérodote nomme Soliens
(liv. V, § 110), sont désignés par Ptolémée comme
habitant les penchants septentrionaux de l'fle.
Au partir d'Egypte, dit Plutarque-Amyot,
• Solon passa en Cypre, là où il eut fort grande
• amitié avec un des princes du païs nommé Phi-
•locyprus, qui estoit seigneur d'une ville, non
• guéres grande, en assiette bien forte, mais en
* païs aspre, maigre et stérile. Parquoy Solon lui
remonstra qu'il vallait beaucoup mieux la re-
‹ muer de ce lieu là en une belle et fertile plaine
• qui estoit au dessoubs, et la y redifier plus
grande et plus plaisante qu'elle n'estoit ce qui
● fut faict à sa persuasion; et ſut lui-même pré127%
καὶ τέμενος βαθύδενδρον ὀρεσσαύλοιο Πανάκρου.
Ἐκ δὲ Σόλων κεκόρ στο πολύς στρατός, ἐκ δὲ Λαπήθων,
ὕστερον ἣν ἐκάλεσσαν ὁμώνυμον ἡγεμονος,
ὃς τότε λαὸν ἄγειρεν, ἐν εὐθύρσῳ δὲ κυδοιμῷ
κάτθανε, καὶ κτερέϊστο, καὶ οὔνομα λεῖπε πολίταις.
Οι τε πόλιν Κινύρειαν, ἐπώνυμον εἰσέτι πετρῶν
ἀρχεγόνου Κινύραο, καὶ Οὐρανίης πέδον ἕδρης,
αιθερίου κενεῶνος ἐπώνυμον, ὅττι πολίτας
Ετρεφεν ἀστράπτοντας ἐπουρανίων τύπον ἄστρων.
Οἵ τ᾽ εἶχον Κραπάσειαν, ἀλιστερές οἶδας αρούρης,
καὶ Πάφον, ἀβροκόμων στεφανηφόρον όρμον Ερώτων,
ἐξ ὑδάτων ἐπίβαθρον ἀνερχομένης Αφροδίτης,
• sent aiant toute la superintendance du bastiment
de la ville, laquelle il ayda à disposer et ordonner très bien, tant pour le plaisir que pour la
‹ force et pour la seureté, de manière que beaucoup de gens y vindrent d'ailleurs babiter. Et
⚫lequel, pour honorer Solon, appela sa ville Soles,
• qui paravant s'appelait A'pie.
pie.
Les Lapèthes· ou Lapithes, nommés ainsi
plus tard de ce Lapithos, qui commanda les bataillons cypriens avec Agapénor, étaient au nord de
la longue montagne qui partage l'ile en deux régions et en deux climats: la ville charmante de
Lapethe, ainsi la désigne un vers d'Alexandre d'Ephèse (Steph. Byzant.), Kał iµɛpóɛosa Aány,005, est
aujourd'hui la chét.ve bourgade de Lapito.
Cinyras. Cinyre fut ainsi appelée de Cinyras, père incestueux d'Adonis, que la maritime
Cypre vit comblé de richesses par la divinité; et
la richesse que répand la main divine est la plus
durable. (Pindare, Ném., 8.)
Uranie. Je n'ai pu reconnaître d'abord
nulle part la ville Uranie, éponyme de la sphère
céleste. J'avais cru en retrouver quelques vestiges
dans cette invocation de Catulle, d'où certains critiques même l'ont chassée: 0 Vénus, dit-il,
toi qui honores de ta présence Idatie la sainte,
Ourie, Amathonte, etc. Mais j'ai rencontré ensuite une explication satisfaisante à demi. Mélétius
assure que dans le voisinage de Carpasie se trouve,
rapprochée comme dans les Dionysiaques, la plaine
Oura boos, queue de la rache; et c'est en effet l'extrémité orientale de l'ile dont on a parfois comparé
la forme à une génisse. Le savant archevêque d'A
thènes a retourné ainsi la Boosoura de Strabon; et
je n'y vois nul inconvénient. Mais Nonnos, effrayé
sans doute de la vulgarité de l'image, aura cherché
une étymologie plus relevée; et il me semble qu'à
son tour il l'a portée trop baut, puisque, par une
forte hyperbole, il fait de ses habitants autant d'étoiles. Au reste, Ouraboos aurait son pendant daus
la géographie antique et même moderne: on connait plus d'un promontoire appelé Tête de bœuf,
Bucéphale, sans parler du coursier d'Alexandre; et
le Delta que forment les deux branches du Nil audessons du Caire est dit aussi le ventre de la vache
(Batn el-Bakhara), dans la langue des Fellabs.
Néanmoins je dois penser que Nonnos a emprunié
son Uranie, comme la ville suivante, à Diodore de
Sicile, qui en fait une des conquêtes de Démétrius.
Carpasie (et non Crapasie comme le veul
Græfe) fut fondée dans la partie orientale de l'ite
par Pygmalion, frère de Didon, et roi de la cité
de Tyr qui se trouvait presque en face sur le contineuk.
Paphos. Tout est dit de Paphos, si ce
n'est que le torrent dont elle boit quelques gouttes
d'ean, est ce même
Satraque, où Vénus et Adonis seraient
aujourd'hui bien embarrassés de se baiguer pendant la saison, prolongée dans l'ile de Chypre, od
col. 1273–1274page 24 of 29
PG 43:1273ᾖχι θαλασσιγόνου Παφίης νυμφ τον ὕδωρ, Σάτραχος ἱμερόεις, ὅθι πολλάκις οἷομα λαβοῦσα, Κύπρις ἀνεχλαίνωσε λελουμένον υιέα Μύρης καὶ πόλιν ἀρχεγόνου ποτὲ Περσέος, ᾧ ποτε Τεύκρος, καλλείψας Σαλαμίνα, χολωομένου Τελαμώνος, ὁπλοτέρην πύργωσεν ἀειδομένην Σαλαμίνα, Λυδῶν δ' ἀδρὸς ὅμιλος ἐπέῤῥεεν, οἵ τ᾽ ἔχον ἄμφω, Κίμψον ἐϋψήφιδα καὶ ὀφρυόεσσαν Ἰτώνην, οἱ τε Τορήβιον εὐρύ, καὶ οἱ Πλούτοιο τιθήνας Σάρδιας εξώδινας, ὁμήλικας Ηριγενείης καὶ χθόνα Βακχείην σταφυληκόμον, ᾖχί τε κούρος ἀμπελόεις Διόνυσος, ἔχων δέπας ἔμπλεον οίνου, 'Ρείῃ πρῶτα κέρασσε, πόλιν δ᾽ ὀνόμηνε Κεράσσας καὶ σκοπιὰς Πανοῖς, καὶ οἱ ρόον ἔλλαχον Ερμου, υδατόεν τε Μέταλλον, όπη Πακτώλιον ἱλὺν ξανθὸς ἀποπτύων ἁμαρύσσεται δλύος ξέρσης. Καὶ Στατάλων κεκόρυστο πολύς στρατός, ᾗχι Τυφωεύς, Πάρου θ' αὖ ἑκατέστομαι Βαρβάρου ποταμοῦ ῥοαὶ Καρπίζουσιν άνομβροι. ᾧ ποτε Τεύκρος,ᾖχι θαλασσιγόνου Παφίης νυμφ τον ὕδωρ,
Σάτραχος ἱμερόεις, ὅθι πολλάκις οἷομα λαβοῦσα,
Κύπρις ἀνεχλαίνωσε λελουμένον υιέα Μύρης
καὶ πόλιν ἀρχεγόνου ποτὲ Περσέος, ᾧ ποτε Τεύκρος,
καλλείψας Σαλαμίνα, χολωομένου Τελαμώνος,
ὁπλοτέρην πύργωσεν ἀειδομένην Σαλαμίνα,
Λυδῶν δ' ἀδρὸς ὅμιλος ἐπέῤῥεεν, οἵ τ᾽ ἔχον ἄμφω,
Κίμψον ἐϋψήφιδα καὶ ὀφρυόεσσαν Ἰτώνην,
οἱ τε Τορήβιον εὐρύ, καὶ οἱ Πλούτοιο τιθήνας
Σάρδιας εξώδινας, ὁμήλικας Ηριγενείης
καὶ χθόνα Βακχείην σταφυληκόμον, ᾖχί τε κούρος
ἀμπελόεις Διόνυσος, ἔχων δέπας ἔμπλεον οίνου,
'Ρείῃ πρῶτα κέρασσε, πόλιν δ᾽ ὀνόμηνε Κεράσσας·
καὶ σκοπιὰς Πανοῖς, καὶ οἱ ρόον ἔλλαχον Ερμου,
υδατόεν τε Μέταλλον, όπη Πακτώλιον ἱλὺν
ξανθὸς ἀποπτύων ἁμαρύσσεται δλύος ξέρσης.
Καὶ Στατάλων κεκόρυστο πολύς στρατός, ᾗχι Τυφωεύς,
l'on se baigne en plein air. Et pourtant ce fleuve
Satraque doit être le même que le fleuve Bar-
‹ baros, aux cent embouchures, qui n'a pas besoin
‹ des pluies pour fertiliser Paphos. ›
Πάρου θ' αὖ ἑκατέστομαι
Βαρβάρου ποταμοῦ ῥοαὶ
Καρπίζουσιν άνομβροι.
(Eurip., Bacch., v. 404.)
Au reste, Paphos a beau ne plus être la capitale
de l'ile, elle en est toujours la ville la plus célèbre.
Salamine, Lapithos et Paphos forment les
trois premières sections que Cluvier, le plus savant géographe des temps modernes, a déterminées
pour l'ile de Chypre. La quatrième seule manque
dans le recensement de Nonnos; et c'est Amathonte. On remarquera ici que le vers de Nonnos
ᾧ ποτε Τεύκρος, etc., est la traduction littérale
d'Horace:
Teucer Salamina patremque
Cum fugeret.
(Liv. 1, od. 7.)
Teucer, frère d'Ajax, et créateur de Salamine, fut
plus heureux qu'Hélénus, frère d'Hector; celui-ci
ne fonda sur le rivage de l'Epire qu'un faible simulacre de son pays:
Parvam Trojam simulataque magnis
Pergama,
tandis que Teucer établit en Chypre une ville
bien plus considérable que son exiguê patrie. Et ces villes cypriennes, s'écrie le
chœur des Perses dans le dénombrenent des
pays soumis à Darius, Paphos, Soles et Sa-
• famine, dont la métropole est maintenant pour
(nous la cause de tant de larmes. › (Eschyle,
Perses, v. 893.) Avant d'avoir parcouru en peu
d'heures toute cette île de Salanine, voisine d'Athènes, j'avais suivi dans ses transformations
Pautre Salamine de Teucer, depuis son antiquité,
commencée sous les noms de Coronis et de Constantia, jusqu'au dernier, qui fut Famagouste: et
j'ai vu les remparts ruinés de cette cité des Vénitiens blanchir au bout de la longue plaine de
Chypre quand je chassais les francolins dans les
tits des torrents bordés de lauriers-roses.
Cimpsos. J'aurais du renoncer a Cimpsos, et lui chercher un remplaçant parmi les villes
İydiennes qui sont rares ou du moins peu connues,
si je ne l'avais enfin rencontré, ville où pays, dans
uu vers de Lycophron (vers 1353) entre le Tmole
et le Pactole. Tzetzès le nomme sans rien ajouter Meursius et Potter l'ont négligé dans leurs
commentaires de l'inintelligible Alexandra, peutêtre en raison d'une certaine apparence d'étrangeté que ce mot porte en lui-même, et je fais
comme eux. Or M. Dehèque, qui s'est dévoué ré1274
car elle a bien souventinondé des eaux de ce fleuve
le fils de Myrrha, son époux, quand il s'y livre aux
plaisirs du bain. Enfin les Etats de l'antique Persée,
où Tencer, fuyant Salamine et la colère de Télamon,
devait fonder un jour une seconde Salamine
plus célèbre que la première.
Les voluptueuses phalanges des Lydiens accoururent en foule. Ceux qui occupaient Cimpsos
aux riches cailloux; et la sourcilleuse Stome
et la vaste Torébie et la nourrice de Plutus,
Sardes grosse d'une souterraine opulence,
contemporaine de l'Aurore; et la Terre, que parent
les grappes de Bacchus, où ce dieu, tout enfant,
remplissant une coupe du jus de la vigne, le versa
pour la première fois à Rhéa, et en souvenir nomma
la ville Cérassas et ceux qui eurent en partage les penchants d'lloanie et les courants
de l'Hernios et les ondes du Métallos, dont
les jaunes trésors font jaillir et briller dans ses eaux
le limon du Pactole; et les rangs multipliés des
Stataliens
cemment avec une si heureuse patience à deviner
les énigmes de Lycophron, ne s'est pas arrêté plus
que moi à Cimpsos.
Itone. Itone est aussi une ville de Lydie, a dit Etienne de Byzance, quand il parle de
I'ltone de Thessalie; c'est là tout ce que j'en sais.
J'ai néanmoins découvert dans la Pharsale un certain Itonus qui, le premier, fondit l'argent et frappa
monnaie:
Primus.....
Fudit et argentum flammis aurumque moneta
Fregit.
(Lucain, 1. VI, v. 402.)
Ce monarque primitif devait être d'ltone en Lydie, si même son nom ne signifiait pas naturelle -
ment Itonien. De tous les peuples que nous
• connaissons, dit Hérodote, les Lydiens fu-
• rent les premiers à faire, pour leur usage, des
monnaies d'or et d'argent (liv. 1. § 94). › Les
métaux apportés par ses fleuves ou produits par
son sol y abondaient.
Torébie.
Thorrébon, dont notre poête
a adouci l'appellation en favorisant la mesure de
son vers, fut fondée par Torrbèle, fils d'Atys,
comme Lydos, et tous les deux donnèrent successivement leur nom à la contrée; mais Lydos lui
laissa le sien. Leur sœur Torrhébic fut aimée de
Jupiter et en eut un fils, Carios, qui, de son côté,
donna ce nom à l'une des montagnes du pays.
Sardes. — Sardes, l'antique Sardes dont
le sol était gros d'argent et d'or, cóɩvos, fuit
vraiment la nourrice de Plutus, dieu chthonien des
richesses souterraines, car elle était la capitale
du royaume de Crésus.
Cérassas.· Cérassas, contrée affectionnée de Bacchus, prend son nom du verbe xɛpávvuμt (je verse ou je méle le vin), source de tant
d'autres étymologies. Elle devait être située sur les
penchants du Tiole, père des vins généreux.
Firmissima vina,
Tmolus et adsurgit quibus.
(Virg., Géorg., 1. II, v. 97.)
Hoanie.
Hoanos est une ville de Lydie,
citée dans les Bassariques de Dionysios et non ailurs, que nous avons perdues à mon vil regret,
car elles auraient jeté un grand jour sur mes
perquisitions. Etienne de Byzance, qui les rappelle, la qualifie de ville; ici c'est une montagne.
Métallos.· Métallos est une source ou un
affluent du Pactole qui s'explique de lui-inème.
Les Stataliens. - Les Stataliens me paraissent constituer, avec les Arimes de l'Iliade, unc
seule et ménie peuplade où Typhée git renversé
(liv. 11, v. 763), Typhée le volcan, personnifié.
col. 1275–1276page 25 of 29
PG 43:1275Στῆθι τάλαν. Λόγος δὲ ἄρα τὸ βέλος ᾿Απόλλωνος θερμὸν ἀναβλύζων πυριθαλπέος ἆσθμα κεραυνού, ἔφλεγε γείτονα χῶρον· ἀελλήεντι δὲ καπνῷ αιθομένου Τυφῶνος ἐτεφρώθησαν ἐρίπναι, γυιοβόρῳ σπινθήρι μαραινομένων κεφαλάων. ᾿Αλλὰ Διὸς Λυδοῖο θυώδεα ναὸν ἐάσας, ἀρητὴρ ἀσίδηρος μάρνατο κέντορι μύθο, μύθῳ ἀκοντιστήρι, καὶ οὐ τμητῆρι σιδήρω, γλώσσῃ ἐρητύων πειθήνιον υἱὸν ἀρούρης, ἔγχος ἔχων στόμα θοῦρον, ἔπος ξίφος, ἀσπίδα φωνὴν, τοῦτο θεοκλήτῳ προχέων ἔπος ἀνθερεῶνι Στῆθι, τάλαν· φλογόεις δὲ Γίγας ὑπὸ μυστίδι τέχνη ἀλλαγέος μύθοιο σοφῷ στηρίζετο δεσμῷ, ἀνέρα δειμαίνων, κεκορυθμένον ἔμφρον: λόγχῃ, γυιοπέδην ἀσίδηρον ἔχων ποινήτορι μύθῳ. Οὐδὲ τόσον τρομέεσκεν διστευτῆρα κεραυνού αἰνογίγας πολύπηχυς, ὅσον ῥηξήνορα μύστην, γλώσσῃ διστεύοντα λάλον βέλος. Εἶχε δὲ κάμνων ἕλκεα φωνήεντα, πεπαρμένος οξέϊ μύθῳ. Καὶ πυρὸς ἕλκος ἔχων, τετορημένος ἔγχει θερμῷ, ἄλλῳ θερμοτέρῳ νοερῷ πυρὶ κάμνε Τυφωεύς, καὶ στατὸν ἀστυφέλικτον ενερρίζωσεν ἀνάγκη ταρσὸν ἐχιδνήεντα πεπηγότα μητέρι Γαίῃ, οὐτηθεὶς ἀχάρακτον αναιμάκτῳ δέμας αἰχμη. ᾿Αλλὰ τὰ μὲν προτέροισιν ἐν ἀνδράσιν ἤγαγεν αιών. [Λυδών, Καὶ Φρύγες ἐστρατόωντο παρ' ἐγρεμόνων στίχα οι τ' ἔλαχον Βούδειαν, ἀειδομένην τε πολίχνην δενδροκόμον Τελμησσόν, ἐξσκιον ἄλσος ἀμούρης οἱ Δρεσίην ἐνέμοντο καὶ θβριμον, ὅς τε δεέθροις Μαιάνδρου σχολιοῖσιν ἐὸν παραβάλλεται ὕδωρ, καὶ δάπεδον Δοίαντος ἐπώνυμον· οἵ τε Κελαινές εΰσχιον ἄλσος αρούρης,C'est là que vomissant les brûlantes exhalaisons
de la foudre embrasée, Typhée avait incendié la
contrée d'alentour. Sous la vapeur tou: biflonnante
de ses feux, les sommets des pics escarpés, desséchés par des étincelles dévorantes, tombaient en
cendres. Alors, quitiant le temple embaumé de Jupiter lydien, un prêtre se présenta sans armes, pour
combattre par sa parole dominatrice, et soumettre
& robéissance le fils de la Terre; parole pénétrante
qui remplace le fer aigu. Sa lance est sa bouche
intrépide; son épée est sa langue; son bouclier est
sa voix. De son gosier inspiré il fait sortir ces mots:
Arrête, misérable (146)! Aussitôt le géant incandescent, enchaîné par la magique puissance de
l'invincible parole, s'arrête, tremble devant cet
homme armé de la lance de l'intelligence; et, mieux
que le fer, ces mots vengeurs deviennent des entraves. Jamais le terrible Typhée aux deux cents
bras n'avait frémi devant les flèches du tonnerre
autant que devant le puissant magicien dont la
bouche fance un trait éloquent; atteint de ces mots
acérés, il gémit sous le tranchant de la voix; et
déjà cicatricé de la foudre, déjà percé d'une pique
de feu, il a rencontré le feu de la pensée plus brùlant encore: il est frappé d'un coup qui ne laisse
après lui ni sang ni trace, et il succombe; alors il
suspend forcément sa marche, se solidifie, enfonce
ses pieds monstrueux dans le sein de sa mère et
s'y enracine... Mais toutes ces choses. le temps les
a accomplies chez les homines primitiſs.
Auprès des vaillants Lydiens se rangeaient les
peuples Phrygiens; les habitants de Boudée
de Telmesse ville célèbre, parée de ses beaux
arbres et des ombrages de sa vaste forêt; de Drésie et des rives de l'Obrime qui mêle
ses eaux au cours sinueux du Méandre; de la terre
qui porte le nom de Doias les possesseurs
Etymologie des Stataliens. Cette étymo
logie se trouve plus loin dans le vers 485 de ce
wdmne chant des Dionysiaques Στῆθι τάλαν.
La parole est l'arme d'Apollon, a dit Himėrius, Λόγος δὲ ἄρα τὸ βέλος ᾿Απόλλωνος (ap. Plut.,
p. 113). Et comme un propos en amène un autre,
je ne puis m'empêcher d'appliquer à Nonnos et à
moi-même son humble traducteur, ce que M. Boissonade dit si judicieusement de cet Himérius, et
de M. Wernsdorf, son collecteur.
Quelques lecteurs d'un goût trop sévère peut-
• être et trop dédaigneux, ne lui sauront pas trop
de gré de toutes les peines qu'il s'est données
pour nous faire lire aussi complet que possible
‹ un déclamateur du Bas-Empire. Mais les bons
• esprits savent que rien n'est à mépriser; qu'il
faut soigneusement recueillir et conserver jus-
• qu'aux moindres débris de l'antiquité, que les
• monuments s'éclairent mutuellement, et que
• ceux que l'on se croirait quelquefois en droit de
négliger deviennent précieux par le jour qu'ils
⚫ peuvent jeter sur les plus beaux chefs-d'œuvre. ›
(Boissonade, Biog. Univ. art. Himérius.)
Boudée. Boudée est citée dans l'Iliade
en dehors du Catalogue comme une ville bien babitée, svatouévr. Etait-elle en Thessalie, en Béotic,
ou en Macédoine? Je veux croire avec Nomnos
qu'elle était aussi en Phrygie; et elle pourrait avoir
quelque analogie avec cette étape de Scipion, Beudos quod vetus appellant, dont fait mention TiteLive (liv. XXXVIII, ch. 15).
Telmesse. Téménie est une ville phrygienne sur les confins de la Lycaonie. C'est tout
ce qu'en dit Etienne de Byzance; et Strabon n'en
parle pas. La célébrité que lui attribue Nonnos
θερμὸν ἀναβλύζων πυριθαλπέος ἆσθμα κεραυνού,
ἔφλεγε γείτονα χῶρον· ἀελλήεντι δὲ καπνῷ
αιθομένου Τυφῶνος ἐτεφρώθησαν ἐρίπναι,
γυιοβόρῳ σπινθήρι μαραινομένων κεφαλάων.
᾿Αλλὰ Διὸς Λυδοῖο θυώδεα ναὸν ἐάσας,
ἀρητὴρ ἀσίδηρος μάρνατο κέντορι μύθο,
μύθῳ ἀκοντιστήρι, καὶ οὐ τμητῆρι σιδήρω,
γλώσσῃ ἐρητύων πειθήνιον υἱὸν ἀρούρης,
ἔγχος ἔχων στόμα θοῦρον, ἔπος ξίφος, ἀσπίδα φωνὴν,
τοῦτο θεοκλήτῳ προχέων ἔπος ἀνθερεῶνι·
Στῆθι, τάλαν· φλογόεις δὲ Γίγας ὑπὸ μυστίδι τέχνη
ἀλλαγέος μύθοιο σοφῷ στηρίζετο δεσμῷ,
ἀνέρα δειμαίνων, κεκορυθμένον ἔμφρον: λόγχῃ,
γυιοπέδην ἀσίδηρον ἔχων ποινήτορι μύθῳ.
Οὐδὲ τόσον τρομέεσκεν διστευτῆρα κεραυνού
αἰνογίγας πολύπηχυς, ὅσον ῥηξήνορα μύστην,
γλώσσῃ διστεύοντα λάλον βέλος. Εἶχε δὲ κάμνων
ἕλκεα φωνήεντα, πεπαρμένος οξέϊ μύθῳ.
Καὶ πυρὸς ἕλκος ἔχων, τετορημένος ἔγχει θερμῷ,
ἄλλῳ θερμοτέρῳ νοερῷ πυρὶ κάμνε Τυφωεύς,
καὶ στατὸν ἀστυφέλικτον ενερρίζωσεν ἀνάγκη
ταρσὸν ἐχιδνήεντα πεπηγότα μητέρι Γαίῃ,
οὐτηθεὶς ἀχάρακτον αναιμάκτῳ δέμας αἰχμη.
᾿Αλλὰ τὰ μὲν προτέροισιν ἐν ἀνδράσιν ἤγαγεν αιών.
[Λυδών,
Καὶ Φρύγες ἐστρατόωντο παρ' ἐγρεμόνων στίχα
οι τ' ἔλαχον Βούδειαν, ἀειδομένην τε πολίχνην
δενδροκόμον Τελμησσόν, ἐξσκιον ἄλσος ἀμούρης
οἱ Δρεσίην ἐνέμοντο καὶ θβριμον, ὅς τε δεέθροις
Μαιάνδρου σχολιοῖσιν ἐὸν παραβάλλεται ὕδωρ,
καὶ δάπεδον Δοίαντος ἐπώνυμον· οἵ τε Κελαινές
s'évanouit devant ce nom presque inconnu. Mais
si, au lieu de Téménie, nous lisons Telmesse ou
Termesse qui devait être limitrophe, ville toute
différente de cette autre Telmesse ou Telirisse
dont je crois avoir vu les ruines en Lycie, la mesure du vers n'y perdra rien; et comme, suivant
le témoignage de Cicéron, elle avait une excellente
école d'baruspices (qua in urbe excellit aruspicum
disciplina), qu'en outre elle a été vantée par Herodote, Arrien, saint Clément d'Alexandrie et saint
Grégoire de Nazianze, l'épithète àɛtòoµévηy trouverait ainsi sa juste application, et les grands bois
sacrés, εΰσχιον ἄλσος αρούρης, auraient leur raison
d'être (si j'ose, en un tel sujet, m'exprimer d'une
façon si moderne), dans les agros uberrimos maximeque fertiles (Cic. De div., liv. II, ch. 42), dont
la fécondité favorise les expériences de la divination.
Drésie. Drésie est encore une de ces
localités insignifiantes que le poète Denys dans ses
Bassariques avait seul designées. Serait-ce la patrie
homonyme du guerrier Dresos qui tomba sous les
coups d'Euryale, au début du sixième chaut de
l'Iliade?
Obrime. Le fleuve Obrimos a une autre
terminaison chez Pline, Obrimas. Tite-Live parle
de ses sources auprès desquelles Séleucus se rendit
en allant d'Apamée au-devant de Scipion.
Doias. Doïas est un emprunt de notre
poête à Apollonius de Rhodes. La plaine de Doias, >
dit son scholiaste, est voisine de trois villes habitées par les Amazones, selon Phérécyde l'his-
⚫torien: Lycastie, Thémiscyre et Chalybe. >
Ne pouvant en retracer l'emplacement, j'en admire
au moins l'euphonie.
col. 1277–1278page 26 of 29
PG 43:1277εὐροχόρους ἐνέμοντο, καὶ ἵλαον βόον υργούς. Τοῖσι συνεστρατόωντο καὶ οἱ λάχον άστεα ναίειν γείτονα Σαγγαρίου, καὶ Ἐπίκτητος έδρανα γαίης, Τῶν πρόμος ἡγεμόνευε, λιπών ὀφιώδεα Δίρκην, Πρίασος, 'Αονίης μετανάστιος ἀστὸς ἀρούρης. Οππότε γὰρ Φρυγίης πέδον ἔκλυσεν ὑέτιος Ζεὺς, ὀμβρηροῖς πελάγεσσι χέων ὑψίδρομον ὕδωρ, καὶ δρύες ἐκρύφθησαν, ἀκανθοφόροις τ' ἐνὶ βήσσαις διψαλέα: ποταμηδὸν ἐκυμαίνοντο κολώναι, ἱκμαλέον τότε δῶμα λιπών, κεκαλυμμένον όμβρῳ, καὶ ῥέον ξερόφοιτον, ἀκοντιστῆρα μελάθρων, Πρίστος Δονίης μετανάσσατο κόλπον ἀρούρης, Ζηνὸς ἀλυσκάζων θανατηφόρον όμβριον ύδωρ. Αἰεὶ δ' ἀλλοδαποῖσι παρ' ἀνδράσι δάκρυα λείβων, μνώετο Σαγγαρίοιο, καὶ ἠθάδα δίζετο πηγήν, Δονίου ποταμοίο πιὼν ἀλλότριον ὕδωρ. υψὲ δὲ δύσνιφον οἶδμα καὶ ὑδατόεσσαν ἀνάγκην Ζεὺς ὕπατος πρήῦνε, καὶ ἐκ Σιπύλοιο καρήνων κλυζομένης Φρυγίης παλινάγρετον ήλασεν ὕδωρ καὶ ῥόον Εννοσίγαιος ὅλον μετέθηκε τριαίνη εἰς βυθίους κευθμῶνας ἀτεκμάρτοιο θαλάσσης, καὶ νιφετοῦ κελάδοντος ἐγυμνώθησαν ἐρίπναι. Καὶ τότε Βοιωτοῖο παλίνδρομος οἶδας κάσας, Πρίασης ὑπερόμητις τὴν ὑπεδύσατο πάτρην, καὶ γενέτην βαρύγουνον ἀρήγονι πήχεος ὁλκῷ νόστιμος ἀγκὰς ἔμαρψεν, ὃν εὐσεβέων χάριν ἔργων Ζεὺς μέγας ὀμβρήεντος ἀνεζώγρησεν ὀλέθρου, Ομβριον δν καλέουσιν. Ἀπὸ Φρυγίοιο δὲ κόλπου Πρίασον αὐχήεντες ἐκυκλώσαντο μαχηταί. ἱερὰ ρεύματα Γοργούς, ἱκαστήρια Γοργούς, ποιον καὶ μαλακόν, ἱλάου όδου Όργους. χρυσοφόρους,εὐροχόρους ἐνέμοντο, καὶ ἵλαον βόον υργούς.
Τοῖσι συνεστρατόωντο καὶ οἱ λάχον άστεα ναίειν
γείτονα Σαγγαρίου, καὶ Ἐπίκτητος έδρανα γαίης,
Τῶν πρόμος ἡγεμόνευε, λιπών ὀφιώδεα Δίρκην,
Πρίασος, 'Αονίης μετανάστιος ἀστὸς ἀρούρης.
Οππότε γὰρ Φρυγίης πέδον ἔκλυσεν ὑέτιος Ζεὺς,
ὀμβρηροῖς πελάγεσσι χέων ὑψίδρομον ὕδωρ,
καὶ δρύες ἐκρύφθησαν, ἀκανθοφόροις τ' ἐνὶ βήσσαις
διψαλέα: ποταμηδὸν ἐκυμαίνοντο κολώναι,
ἱκμαλέον τότε δῶμα λιπών, κεκαλυμμένον όμβρῳ,
καὶ ῥέον ξερόφοιτον, ἀκοντιστῆρα μελάθρων,
Πρίστος Δονίης μετανάσσατο κόλπον ἀρούρης,
Ζηνὸς ἀλυσκάζων θανατηφόρον όμβριον ύδωρ.
Αἰεὶ δ' ἀλλοδαποῖσι παρ' ἀνδράσι δάκρυα λείβων,
μνώετο Σαγγαρίοιο, καὶ ἠθάδα δίζετο πηγήν,
Δονίου ποταμοίο πιὼν ἀλλότριον ὕδωρ.
υψὲ δὲ δύσνιφον οἶδμα καὶ ὑδατόεσσαν ἀνάγκην
Ζεὺς ὕπατος πρήῦνε, καὶ ἐκ Σιπύλοιο καρήνων
κλυζομένης Φρυγίης παλινάγρετον ήλασεν ὕδωρ
καὶ ῥόον Εννοσίγαιος ὅλον μετέθηκε τριαίνη
εἰς βυθίους κευθμῶνας ἀτεκμάρτοιο θαλάσσης,
καὶ νιφετοῦ κελάδοντος ἐγυμνώθησαν ἐρίπναι.
Καὶ τότε Βοιωτοῖο παλίνδρομος οἶδας κάσας,
Πρίασης ὑπερόμητις τὴν ὑπεδύσατο πάτρην,
καὶ γενέτην βαρύγουνον ἀρήγονι πήχεος ὁλκῷ
νόστιμος ἀγκὰς ἔμαρψεν, ὃν εὐσεβέων χάριν ἔργων
Ζεὺς μέγας ὀμβρήεντος ἀνεζώγρησεν ὀλέθρου,
Ομβριον δν καλέουσιν. Ἀπὸ Φρυγίοιο δὲ κόλπου
Πρίασον αὐχήεντες ἐκυκλώσαντο μαχηταί.
Célènes. Célènes, qui, depuis, fut Apamée, est située au pied de la montagne Signia,
qu'entourent les trois fleuves Marsyas, Obrimas et
Argas. Ce rapprochement et ce voisinage, que
Pline atteste, n'ont été d'une merveilleuse ressource pour éclaircir un des vers les plus embrouillés de Nonnos. J'ai donc mis de côté la version de Cuæus, ἱερὰ ρεύματα Γοργούς, celle de
Falkenburg, Daochpia, et même celle de Græfe,
ἱκαστήρια Γοργούς, tout aussi obscure; et, persuade
que mon poēte, partisan à l'excès des réminiscences
complètes et des images prolongées, n'a pas voulu
séparer le fleuve
Orgas, du fleuve Obrimas, que Pline a
nommés l'un à côté de l'autre, je donne au premier la terminaison grecque os, ainsi que vient de
procéder Nonnos à l'égard de son voisin, au lieu
de l'as, produit présumé de la Carie au langage
barbare, Kapwy Bapбapopwvwv (Homère, I. II,
867). Puis, ayant remarqué que Strabon parle de
son cours lent et tranquille, ποιον καὶ μαλακόν,
j'ai composé de tous ces éléments, ou plutôt j'ai
restitué au texte ces mots ἱλάου όδου Όργους. Εnfin, enhardi par ma propre initiative, j'ai changé
dans le même vers l'épithète xpugoxópovs, que Græfe
trouve stupide, et la sienne χρυσοφόρους, qui me
paraît également assez mal assortie a Célènes, en
celle de supuxópov, spacieuse, qui me semble plus
convenable pour une ville baignée par trois fleuves
et destinée à porter plus tard le nom de Kibolos,
arche universelle. Tel est et restera mon raisonnement sur ce vers 517, jusqu'à ce qu'un nouveau
commentateur ou lecteur de Nonnos essaye de le
renverser; mais les uns et les autres sont fort
rares.
La Phrygie Epictète. Je prétends encore
ayoir joute raison quand je destitue la terre Eles1278
de la spacieuse Célène et des bords de l'Orgas aux flots adoucis. Avec eux viennent ceux
qui ont l'heureux privilége d'habiter les villes vaisines du Sangaris et les contrées de la Phrygie
Epictete Priase les commande; il a enfiu
quitté Dircé, séjour du dragon.
Priase était devenu citoyen de la terre d'Aonie,
lorsque le pluvieux Jupiter inonda la plaine phrygienne et versa les cataractes du ciel sur des murs
s'élevant jusqu'aux nues; quand les chênes furent
engloutis, et que, dans leurs ravins buissonneux,
les arides collines se virent assaillies par les fleuves.
C'est alors que Priase abandonna son humide demeure envahie par les flots; et, fuyant ces torrents
aériens qui sapaient les plus solides murailles, il se
transporta dans un golfe de la terre d'Aonie pour
se garantir des pluies meurtrières de Jupiter
Mais toujours, parmi ces hommes d'un autre pays,
Priase pleurait au souvenir du Sangaris, redemiandait sa fontaine accoutumée, et ne buvait qu'à regret l'onde étrangère du fleuve d'Aonie. Enfin le roi
des cieux suspendit les courants neigeux et les fatales inondations; il chassa de la Phrygie submergée
les eaux que repoussaient les cimes du Sipyle;
Neptune, avec son trident, ouvrit à tous ces torrents une issue dans les profondeurs de la mer qui
n'en fut point altérée. Les rochers se dégagèrent de
ces bruyantes cascades; alors, abandonnant la
Béotie, Priase, dont les pensées étaient restées en
arrière, retourna dans son pays; à peine arrivé, il
se jeta dans les ondes pour secourir son père au
pas chancelant qu'elles entraînaient; il le saisit dans
ses bras, et, pour prix de sa piété, le grand Jupiter,
le dieu qu'on invoque sous le nom de Torrentiel,
le sauva de la fureur du torrent. Les guerriers de
la Phrygie, glorieux d'un tel chef, se réunissent
autour de Priase.
pide, qui est une énigme pour tous les savants, et
que j'en fais le sol Epiciète. La Phrygie-Epictète
comprenait en effet la plus grande partie des villes
qu'arrose le Sangaris dans sa région supérieure, et
avant de se rapprocher de l'Euxin.
Priase. La pluie de Jupiter (Aids bµбpoc)
était chez les Grecs une pluie excessive, diluviale,
dont le roi des dieux se réservait à lui seul le privilége; il pouvait prêter sa fondre et ses tempètes
à Pallas pour punir le second Ajax, à Junon pour
persécuter Enée, mais il gardait pour lui Sat
pluie. Or, comme le dit Théognis, Jupiter ne peut
plaire à tout le monde, soit qu'il lache ses pluies,
soit qu'il les retienne. Et c'est de là que vient
le Métayer de la Fontaine:
Qu'il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bise,
Enfin du sec ou du mouillé.
Jupiter y consent. Contrat pussé, notre homme
Tranche du roi des airs, pleut, vente, et fait en somme
Un climat pour lui seul.
Je demande la permission d'interrompre le cours
de mes observations météorologiques, en faveur de
quelques vers de cet épisode de Priase. Les mêmes
yeux qui se sont justement attendris à l'image du
Grec de Virgile mourant sur la terre de Laurente
avec le doux souvenir d'Argos, n'auront-ils pas
une larme pour Priase, pleurant à la mémoire du
Sangaris, et regrettant la source qui avait coutume
de le désaltérer? L'épithète appliquée à cet exilé,
qui pense en arrière, botepuntis, n'a-t-elle pas ici,
j'ose le dire, une expression sublime? Convenonsen, ces trois vers, si mélodieux et si touchants, qui
arrêteut, d'eux-mêmes le lecteur pour le faire soupirer, et se gravent si bien dans son esprit,
dommagent de la sécheresse d'une nomenclature,
et compensent bien des aspérités.
col. 1279–1280page 27 of 29
PG 43:1279οἳ φέρατε Τοὺς δὲ λίγα κροτέοντας ὑπ᾽ εὐρύθμῳ χθόνα ταρσῷ, καὶ Γάδιος καὶ Στάμνος ἐπὶ κλόνον ώπλισαν Ινδῶν Καὶ στρατὸν ὀρχηστήρα περισκαίροντα δοκεύων, τοῖον ἔπος λέξειας, ὅτι πρόμος ἡγεμονεύει εἰς χορὸν, οὐκ ἐπὶ δῆριν, ἐνόπλιον ἄνδρα κομίζων. Τοῖσι γὰρ ἐρχομένοισιν ἀνακρούουσα χορείην, Μυγδονὶς ἐγρεκύδοιμος ἐπὶ κλόνον ἔβρε με φόρμιγξ, ἀντὶ χοροῦ πέμπουσα μόθου λαοσσόον ηχώ. Καὶ πολέμῳ σάλπιγγες ἔσαν σύριγγες Ερώτων, καὶ δίδυμοι Βερέκυντες ὁμόζυγες ἔκλαγον αὐλοὶ, καὶ κτύπον ἀμφιπλήνα βαρυσμαράγων ἀπὸ χειρῶν χαλκείοις πατάγοισιν ἐμυκήσαντο βοείαι. Αστερίου δ' ἀπάνευθεν ἑοῦ γενέταο μολόντος ἀρτιθαλής Μίλητος ὁμόστολος ίκετο Βάκχῳ, Καῦνον ἔχων συνάεθλον, ἀδελφεόν, ὃς τότε Καρῶν λαὸν ἄγων, ἔτι κοῦρος, ἐδύσατο φύλοπιν Ἰνδῶν. Οὔπω γὰρ δυσέρωτα δολοπλόκον ἔπλεκεν ὀμφὴν γνωτῆς οίστρον ἔχων ἀδαήμονος· οὐδὲ καὶ αὐτὴν, ἀντιτύπου φιλότητος ὁμοζήλων ἐπὶ λέκτρων Ζηνὶ συναπτομένην, ἐμελίζετο σύγγονον "Ηρην, Λάτμιον ἀμφὶ βόαυλον ἀκοιμήτοιο Σελήνης, ὀλβίζων ὑπ' ἔρωτι μεμηλότα γείτονι πέτρη νυμφίον Ενδυμίωνα ποθοβλήτοιο Σελήνης ἀλλ' ἔτι Βύβλις την φιλοπάρθενος· ἀλλ' ἔτι Θήρην Καῦνος ὁμογνήτων ἐδιδάσκετο νῆῖς ἐρώτων οὔπω δ', ἀβροκόμοιο κασιγνήτοιο φυγόντος, δάκρυσιν όμβρηθεῖσα δέμας μορφώσατο κούρη, καὶ ῥέον ὑδατόεντα γοήμονος ἔβλυε πηγῆς. Τῷ δ' ἅμα θαρσήεντες ἐπεῤῥώοντο μαχηταί, οἱ Μυκάλην ἐνέμοντο, καὶ οἱ λάχον ἀγκύλον ὕδωρ εἰς χθόνα δυομένοιο παλιννόστου ποταμοίο, Μαιάνδρου σχολιοῖο, διερπύζοντος ἐναύλων. Θρηϊκίης δὲ Σάμοιο συνέῤῥεον ασπιδιῶται, κοίρανος οὓς προΐαλλε, βαθυσμήριγγος ὑπήνης Ημαθίων βαρύγουνος ἔχων χιονώδεα χαίτην, Τιτήνων μελέεσσιν εοικότας, οἵ τ᾽ ἔχον ἄμφω, ἀγχίαλον Μύρμηκα καὶ ἀνθεμόεντα Σαώχην,Gabios et Stamnos menent à la guerre
des Indes une population légère qui frappe le sol de
ses pas cadencés. la vue de ces bataillons qui
sautent et bondissent, vous diriez que leur-chef
conduit ses hommes armés dans un chœur, et non
au combat. C'est la lyre de Mygdonie qui règle
leur marche par un chant de danse. Ses sons, au
lieu de les mener dans les rondes, les précipitent
dans la mêlée. Les pipeaux amoureux sont pour eux
de belliqueuses trompettes. La double flûte de Bérécynte résonne; et les tambourins, frappés sur les
deux faces par leurs mains bruyantes, retentissent
sous des grelots d'airain.
Le fils d'Astérios, qui marche dans l'armée d'un
autre côté que son père, Milet à la fleur de
lage, se tient auprès de Bacchus. Son frère Caunos l'accompagne: Caunos, tout jeune alors,
chef des Cariens; il les guide à la guerre des Indes;
il n'a pas encore éprouvé ce fatal et trompeur amour
que lui réserve la destinée et que doit lui inspirer
son innocente sœur; il n'a pas encore célébré et invoqué dans ses chants Junon, sœur elle-même et
compagne de Jupiter, image de cette union fraternelle qu'il doit souhaiter si ardemment un jour; il
n'a pas, auprès des autres du Latmos, οἳ Phale
ne dort jamais, envié les tendres amours de la
Lune enivrée de désirs pour son époux Endymion,
qui soupire sous la roche voisine. Byblis est encore
la chaste Byblis. Dans son innocence de ces funestes passions d'un meme sang, Caunos n'a encore appris que la chasse; et la nymphe, au φέρατε
de son aimable frère, n'a pas encore perdu sa
forme sous ses larmes, et fait jaillir de son corps
inanimé les courants d'une source plaintive
Avec Milet, et sous ses ordres, accouraient les
guerriers de Mycale et les habitants des bords du
Méandre, dont le cours tortueux traverse des abinies
souterrains avant de ramper au grand jour.
Puis venaient en foute les guerriers de Samothrace, robustes et membrus comme des Titans.
C'est leur roi Hémathion qui les envoie; Hémathion,
ratenti par la vieillesse, à la barbe touffue el à la
blanche chevelure. Avec eux les habitants de Myra
mèce sur la mer, et du mont Saoce
Gazios.
Gazios et
Stamnos. Ces deux chefs des Mygdoniens
demeurent parfaitement inconnus. Ce sont sans
doute les plus habiles danseurs de ces bataillons
sacrés que Nonnos représente sous les mêmes traits
qu'Hérodote. Cyrus, par le conseil de Crésus, leur
ayant fait porter des robes longues pour les amollir
ei les rendre sédentaires, ils devinrent bientôt en
effet,
Un peuple sans vigueur et presque inanimé,
Qui gémissait sous l'or dont il était armé.
(Racine, Alexandre.)
Ces vêtements ioniens sont, à peu de chose près,
l'ancien costume des Turcs, inventé par Sémiramis
déguiser et confondre les sexes. En lisant
Pastos pour ráétos, terme sans signification, on
aurait, pour le premier des guerriers danseurs, le
sobriquet de Trésorier ou de Coffrefort, et pour
Stannos, son collègue, celui d'Amphore ou de Pot
à boire..
Je me défie néanmoins de ces noms burlesques,
} et j'aime mieux, à propos des chefs de l'antique Lydie. rappeler les vers élégants de M. de Fontanes:
Et ces doux Lydiens, qui du sein du repos
Transportés à regret, sur ces sanglants rivages,
Du fortuné Méandre ont vu fuir les ombrages,
Le Tmole, le Caïstre aux flois mélodieux,
Où les cygnes mourants murmurent leurs adieux.
(Gr. sauv., ch. 11.)
Τοὺς δὲ λίγα κροτέοντας ὑπ᾽ εὐρύθμῳ χθόνα ταρσῷ,
καὶ Γάδιος καὶ Στάμνος ἐπὶ κλόνον ώπλισαν Ινδῶν
Καὶ στρατὸν ὀρχηστήρα περισκαίροντα δοκεύων,
τοῖον ἔπος λέξειας, ὅτι πρόμος ἡγεμονεύει
εἰς χορὸν, οὐκ ἐπὶ δῆριν, ἐνόπλιον ἄνδρα κομίζων.
Τοῖσι γὰρ ἐρχομένοισιν ἀνακρούουσα χορείην,
Μυγδονὶς ἐγρεκύδοιμος ἐπὶ κλόνον ἔβρε με φόρμιγξ,
ἀντὶ χοροῦ πέμπουσα μόθου λαοσσόον ηχώ.
Καὶ πολέμῳ σάλπιγγες ἔσαν σύριγγες Ερώτων,
καὶ δίδυμοι Βερέκυντες ὁμόζυγες ἔκλαγον αὐλοὶ,
καὶ κτύπον ἀμφιπλήνα βαρυσμαράγων ἀπὸ χειρῶν
χαλκείοις πατάγοισιν ἐμυκήσαντο βοείαι.
Αστερίου δ' ἀπάνευθεν ἑοῦ γενέταο μολόντος
ἀρτιθαλής Μίλητος ὁμόστολος ίκετο Βάκχῳ,
Καῦνον ἔχων συνάεθλον, ἀδελφεόν, ὃς τότε Καρῶν
λαὸν ἄγων, ἔτι κοῦρος, ἐδύσατο φύλοπιν Ἰνδῶν.
Οὔπω γὰρ δυσέρωτα δολοπλόκον ἔπλεκεν ὀμφὴν
γνωτῆς οίστρον ἔχων ἀδαήμονος· οὐδὲ καὶ αὐτὴν,
ἀντιτύπου φιλότητος ὁμοζήλων ἐπὶ λέκτρων
Ζηνὶ συναπτομένην, ἐμελίζετο σύγγονον "Ηρην,
Λάτμιον ἀμφὶ βόαυλον ἀκοιμήτοιο Σελήνης,
ὀλβίζων ὑπ' ἔρωτι μεμηλότα γείτονι πέτρη
νυμφίον Ενδυμίωνα ποθοβλήτοιο Σελήνης -
ἀλλ' ἔτι Βύβλις την φιλοπάρθενος· ἀλλ' ἔτι Θήρην
Καῦνος ὁμογνήτων ἐδιδάσκετο νῆῖς ἐρώτων·
οὔπω δ', ἀβροκόμοιο κασιγνήτοιο φυγόντος,
δάκρυσιν όμβρηθεῖσα δέμας μορφώσατο κούρη,
καὶ ῥέον ὑδατόεντα γοήμονος ἔβλυε πηγῆς.
Τῷ δ' ἅμα θαρσήεντες ἐπεῤῥώοντο μαχηταί,
οἱ Μυκάλην ἐνέμοντο, καὶ οἱ λάχον ἀγκύλον ὕδωρ
εἰς χθόνα δυομένοιο παλιννόστου ποταμοίο,
Μαιάνδρου σχολιοῖο, διερπύζοντος ἐναύλων.
Θρηϊκίης δὲ Σάμοιο συνέῤῥεον ασπιδιῶται,
κοίρανος οὓς προΐαλλε, βαθυσμήριγγος ὑπήνης
Ημαθίων βαρύγουνος ἔχων χιονώδεα χαίτην,
Τιτήνων μελέεσσιν εοικότας, οἵ τ᾽ ἔχον ἄμφω,
ἀγχίαλον Μύρμηκα καὶ ἀνθεμόεντα Σαώχην,
· Nonnos altère ici visiblement la
Milet.
généalogie de Milet.
Caunos. Il fait de ce héros le fils d'astérios et le frère de Caunos, comme de
Byblis, — par conséquent; quand il est
connu, dans les fastes mythologiques, pour être
le fils d'Apollon, l'époux de Cyanée, le père de Caunos et le fondateur de la célèbre ville d'Asie qui
porte son nom. Sans m'appesäntir sur cet épisode
de Byblis, qui raccourcit en peu de vers le récit
dramatique et passionné d'Ovide, je retourne à Samothrace, que j'ai gardée pour la fin de mou labeur.
Or la lacune qui se présente dans les éditions
de Falkenburg et de Græfe, huit vers avant la fin
de ce même chant, et dont je n'ai tenu aucun
compte, me semblerait fortifier mon système de
transposition. Elle pourrait être le résultat d'un
déplacement de feuillets, et prouverait ainsi que je
n'ai pas eu tort d'enlever l'île de Samothrace du
rang qu'elle occupait entre l'Egypte et Chypre,
pour en faire en quelque sorte la péroraison de
mon dénombrement.
Myrmèce. Myrmèce était sans doute un
port maritime de Samothrace, dominé par
Le mont Sauce, qui s'élève au milieu de
Tile: Autollitur monte Saoce (Prine, liv. IV, § 23).
Ce titre de Myrmèce, fourmi, étymologic des Myrmidons, était assez commun en Orient. Quelques
iles de la mer Libyque le portent: et le lac de Knı-
col. 1281–1282page 28 of 29
PG 43:1281καὶ χθονα Τεμπυρίοιο, καὶ εὐλείμωνος ἀρούρης ἄλσεα Οδρυσίων τε, κατάσκια δενδράδι λόχμη, καὶ ζαθέην Ζήρυνθον ἀκοιμήτων Κορυβάντων, κτίσμα φατιζομένης Περσηίδος, ὁππόθι κούρης μυστιπόλων δαΐδων θιασώδεις εἰσιν ἐρίπναι οι τε πολυγλώχινος ὑπὸ κρηπῖδος αρούρης Βρίσιαν ἀμφενέμοντο, καὶ ἂς ὑπὸ γείτονι πόντῳ 'Ατραπιτοὺς βυθίοιο Ποσειδάωνος ἀκούω. Τόσσαι μὲν στίχες ἦλθον ὁμήλυδες· ἀρχεγόνου δὲ Ηλέκτρης ὁμόφυλον ἐπιστώσαντο γενέθλην. Κεῖθι γὰρ 'Αρμονίην, γένος αιθέρος, αἷμα θαλάσσης, Αρης, Ζεὺς, Κυθέρεια, θεῶν χραισμήτορι, Κάδμῳ κουριδίην ἀνάεδνον ἐδωρήσαντο γυναίκα. Τοῖσι κορυσσομένοισι σὺν εὐθύρσω Διονύσω, Ηλέκτρης ἀνέτελλε δι' αιθέρος εβδομος ἀστὴρ, δεξιὸν ὑσμίνης σημήϊον· ἀμφὶ δὲ νίκῃ Πληϊάδων κελάδησε βοῆς ἀντίθροος ηχώ, γνωτής αἷμα φέροντι χαριζομένη Διονύσω, καὶ στρατιῇ πόρε θάρσος ὁμοιον. Ερχομένων δὲ Ἄγυρος ἡγεμόνευεν, ἐς "Αρεα δεύτερος "Αρης, Αγυρος ὑψιχάρηνος, έχων ίνδαλμα Γιγάντων. Τοῦ μὲν τὴν ἄγναμπτον ὅλον δέμας· ἐκ δὲ καρήνου, αυχενίου τε τένοντος ὀπισθοκόμων ἐπὶ νώτων Ισοφανείς πλοκαμίδες ἀκανθοφόροισιν ἐχίνοις ἔῤῥεον, ιξύος ἄχρι κατήλυδες· εἶχε δὲ δειρὴν μηκεδανὴν, περίμετρον, ὁμοῖον αὐχένι πέτρης, βάρβαρον ἦθος ἔχων πατρώϊον. Οὐδέ τις αὐτοῦ φέρτερος ἄλλος ίκανεν ἑώῖον ἐς μόθον Ἰνδῶν νόσφι Διωνύσοιο· καὶ ὅρκιον ὤμοσε Νίκην, Ἰνδῴην χθόνα πᾶσαν ἐῷ δορὶ μοῦνος ὀλέσσαι. πιτοί τε διηνεκέες, — πέτραι τ' ηλίβατοι),καὶ χθονα Τεμπυρίοιο, καὶ εὐλείμωνος ἀρούρης
ἄλσεα Οδρυσίων τε, κατάσκια δενδράδι λόχμη,
καὶ ζαθέην Ζήρυνθον ἀκοιμήτων Κορυβάντων,
κτίσμα φατιζομένης Περσηίδος, ὁππόθι κούρης
μυστιπόλων δαΐδων θιασώδεις εἰσιν ἐρίπναι·
οι τε πολυγλώχινος ὑπὸ κρηπῖδος αρούρης
Βρίσιαν ἀμφενέμοντο, καὶ ἂς ὑπὸ γείτονι πόντῳ
'Ατραπιτοὺς βυθίοιο Ποσειδάωνος ἀκούω.
Τόσσαι μὲν στίχες ἦλθον ὁμήλυδες· ἀρχεγόνου δὲ
Ηλέκτρης ὁμόφυλον ἐπιστώσαντο γενέθλην.
Κεῖθι γὰρ 'Αρμονίην, γένος αιθέρος, αἷμα θαλάσσης,
Αρης, Ζεὺς, Κυθέρεια, θεῶν χραισμήτορι, Κάδμῳ
κουριδίην ἀνάεδνον ἐδωρήσαντο γυναίκα.
Τοῖσι κορυσσομένοισι σὺν εὐθύρσω Διονύσω,
Ηλέκτρης ἀνέτελλε δι' αιθέρος εβδομος ἀστὴρ,
δεξιὸν ὑσμίνης σημήϊον· ἀμφὶ δὲ νίκῃ
Πληϊάδων κελάδησε βοῆς ἀντίθροος ηχώ,
γνωτής αἷμα φέροντι χαριζομένη Διονύσω,
καὶ στρατιῇ πόρε θάρσος ὁμοιον. Ερχομένων δὲ
Ἄγυρος ἡγεμόνευεν, ἐς "Αρεα δεύτερος "Αρης,
Αγυρος ὑψιχάρηνος, έχων ίνδαλμα Γιγάντων.
Τοῦ μὲν τὴν ἄγναμπτον ὅλον δέμας· ἐκ δὲ καρήνου,
αυχενίου τε τένοντος ὀπισθοκόμων ἐπὶ νώτων
Ισοφανείς πλοκαμίδες ἀκανθοφόροισιν ἐχίνοις
ἔῤῥεον, ιξύος ἄχρι κατήλυδες· εἶχε δὲ δειρὴν
μηκεδανὴν, περίμετρον, ὁμοῖον αὐχένι πέτρης,
βάρβαρον ἦθος ἔχων πατρώϊον. Οὐδέ τις αὐτοῦ
φέρτερος ἄλλος ίκανεν ἑώῖον ἐς μόθον Ἰνδῶν
νόσφι Διωνύσοιο· καὶ ὅρκιον ὤμοσε Νίκην,
Ἰνδῴην χθόνα πᾶσαν ἐῷ δορὶ μοῦνος ὀλέσσαι.
chuck-Tcheckmedgé, grossi des eaux des vastes forêts qui entourent Constantinople, dont j'ai tant
agité les flots et parcouru les rivages dans mes excursions de chasseur, se nomme également myrmex. Ainsi furent désignés en plus d'une contrée
les lieux habités par les laborieux agriculteurs qui
remuaient et creusaient la terre, comme les fourmis.
Tempyra. Sur la foi d'Ovide, quand il
prétend qu'il n'y a pas loin de Samothrace à Temруга,
Saltus ab hac terra brevis est Tempyra petenti,
j'efface du texte grec Tesmérios, qui n'a jamais
compté dans la topographie de la Thrace, et j'y
intercale Tempyra. Hélas! Ovide ne connaissait
que trop bien le lieu de son exil. Il visita TemPyre; et de là, prenant congé de la barque fidèle
qui lui avait fait traverser les mers de la Grèce, il
tit le reste de la route à pied, sans doute pour arriver à Tomes le plus tard possible.
Nam mihi Bistonios placuit pede carpere campos.
(Tristes, 1. X, v. 23.)
Les Odrysiens. Je n'ai pu découvrir aucune trace des bois sacrés de Physiade que portent
les manuscrits. Je l'ai remplacée, de ma propre autorité, par Odrysiade, dont Bacebus portait le surnoin, et dont Etienne de Byzance, comme tout exprès pour me venir en aide, se plaft à indiquer le
genre féminin qui va si bien à ma version. J'avais
cru un moment que Callimaque me prèterait pour
la circonstance Physadie, Þvσáðstay, dont il ne sait
que faire (Hymne à Pallas, vers 47), car ses commentateurs n'ont pu la trouver nulle part; mais
Physadie est une fontaine de Laconie, et Physiåde
ou Odrysiade est une forêt de la Thrace.
exposé aux vents, des champs de Tympyra
des forêts sacrées des Ourysiens
aux riches prairies ombragées de bosquets; de la
divine Zerynthe séjour des Corybantes qui
ne connaissent pas le sommeil. Elle fut båtie par
la célèbre Hécate Perséide là où sont les roches consacrées par ses fêtes et par ses sanglantes
cérémonies; et ceux qui habitent Brisia sur
les bords d'une terre à tant de promontoires, et le
pays voisin de la mer qu'on m'a dit s'appeler les
sentiers du Neptune souterrain
Tels étaient les bataillons concitoyens qui obéissaient, issus d'une même tribu, à la génération de
la primitive Electre. C'est dans leur patrie que
Jupiter, Mars et Vénus avaient accordé pour épouse
légitime Harmonie, race des cieux, lignée de la
mer, à Cadmus leur auxiliaire, bien qu'il n'eût aucune dot à lui offrir. Pendant que ces populations
s'armaient en faveur du dieu du thyrse, Electre,
septième constellation, s'élevait dans le ciel, heureux augure du combat. La voix répercutée des
Pléiades, en l'honneur de leur sœur dont Bacchus
était le descendant, répéta les chants de la victoire,
et redoubla l'intrépidité de ses bataillons. Ogyros
guidait leur marche: Ogyros un second Mars
dans les combats; Ogyros, qui porte la tête élevée
et l'apparence d'un géant. Ses forces ne se lassent
jamais. Sa chevelure, semblable aux piquants des
hérissons, tombe sur les nerfs de son cou, sur son
dos et jusque sur ses flanes. Sa tête démesurée
s'allonge comine la pointe d'une roche; il tient de
son pays les coutumes barbares; nul ne le dépasse
dans les exploits de la guerre orientale, si ce n'est
Bacchus. Et il a juré par la Victoire que, lui seul,
il anéantirait sous sa lance les légions de l'Inde
tout entière.
Zérinthe. -Zérinthe est, dans Lycophron,
une ville de la Thrace, consacrée à Hécate; et un
vers de l'obscure Cassandre m'a servi à exp¿quer
une énigme de Nonnes.
Hecate, Perséide. - La terrible Hécate s'appelait en effet Perséide, car elle était fille de Persès et d'Astérie. (Voir la Théogonie d'llésiode. )
Ibat ad antiquas Hecates Perseidos uras.
(Ovide, Métam., 1. VII, v. 61.)
Brisia.
Enfin Brolios, que j'ai inutilement cherché dans les traités de géographie antique, devient Brisia, peuplade de Thrace, que NonDos ne pouvait convenablement oublier; car la
nymphe Brisa, son éponyme, était une des nourrices de Bacchus; et par ce motif encore, Bacchus
fut surnommé Briséos.
Les sentiers de Neptune. Ce n'est pas
sans peine que j'ai rectifié ces dénominations de
la Thrace; je retrouve plus aisément dans ma mémoire, non sans doute l'emplacement de cette ville
sous-marine, pour ainsi dire, que la carte de l'infortuné Riga ne m'a pas montrée, et dont Nonnos
ne dit que le surnom vulgaire, mais au moins ses
attributs topographiques. J'ai vu dans le golfe
d'Enos, au bord de la mer, de pareils escarpe.
ments. La description du poëte me rappelle aussi
les chemins suspendus sur des mers profondes et
creusés dans les rocs de Santorin, comme les
abords d'Ithaque qu'Homère a décrits avec leurs
roches monstrueuses et leurs raides sentiers (àτpaπιτοί τε διηνεκέες, — πέτραι τ' ηλίβατοι), Homère,
Odyss., XIII, 195.
Ogyros. Oros, que le vieil Hémathion,
après l'apothéose d'Electre, a mis à la tête de ses
col. 1283–1284page 29 of 29
PG 43:1283Καὶ θρασὺς υἱὸς "Αρηος, τὴν Πίμπλειαν έάσας, Βιστονίης Οίαγρος εκώμασεν ἄστρον ἀρούρης, Ορφέα καλλείψας ἐπὶ γούνασι Καλλιοπείης, νήπιον, ἀρτιχύτῳ μεμελημένον εἰσέτι μαζῷ. Τόσσαι μὲν στίχες ἦλθον. Ομοζήλῳ δὲ πορεί λαῶν ἀγρομένων Κυβεληΐδες έκτυπον αὐλαί, Μυγδονίης τε πόληος ἐκυκλώθησαν ἀγυιαί.NONNI PANOP. DIONYS. FRAGMENTA:
Le vaillant fils de Mars, Œagre, a quitté sa ville
de Pimplée c'est là qu'il s'enorgueillit d'Orphée, l'astre de la Thrace; il l'a laissé sur les genoux de Calliopée, si enfant qu'il n'a encore d'autre
souci que le lait de sa jeune mère.
Telle se présente l'armée. Sous les pas de ces
nations rassemblées dans un même dessein, le palais de Cybèle retentit, et les rues de la ville de
Mygdonie se peuplent de leur multitude
troupes, en les envoyant à l'armée de Bacchus,
était sans doute un chef de la Thrace. Sa stature
est pareille à celle des géants domiciliés dans les
hautes montagnes de Rhodope; il est un second
Mars, divinité nationale de l'endroit. Enfin il est
barbare comme les Thraces, et son nom, qui ne se
retrouve pas dans les annales grecques, est barbare
comme lui.
Pimplée. Orphée a ici une mention parculière et bien méritée. Nonnos détache du dénombrement des peuplades soumises au géant Ogyros,
Pimplée, la patric de l'Astre de la Thrace, et il
donne à Eagre, le. père du premier chantre du
monde, une place spéciale parmi les héros. Pimplée est située au pied du mont Olympe, et fail aujourd'hui partie de la Thessalie; mais dans les
temps antiques, la circonscription de la Thrace
s'étendait jusque-là.
Epilogue du dénombrement. Je demande
grâce, en terminant ce long commentaire topographique, pour les souvenirs de mes voyages en
Orient qui s'y sont glissés au courant de la plume,
et presque malgré moi. Certes, je ne cherche point
à me prévaloir de l'avantage que j'ai pu tirer de
mes excursions levantines pour l'interprétation des
Καὶ θρασὺς υἱὸς "Αρηος, τὴν Πίμπλειαν έάσας,
Βιστονίης Οίαγρος εκώμασεν ἄστρον ἀρούρης,
Ορφέα καλλείψας ἐπὶ γούνασι Καλλιοπείης,
νήπιον, ἀρτιχύτῳ μεμελημένον εἰσέτι μαζῷ.
Τόσσαι μὲν στίχες ἦλθον. Ομοζήλῳ δὲ πορεί
λαῶν ἀγρομένων Κυβεληΐδες έκτυπον αὐλαί,
Μυγδονίης τε πόληος ἐκυκλώθησαν ἀγυιαί.
Pauvre
énigmes ou des allusions de Nonnos.
profit, me disait récemment un sévère censeur,
pauvre profit appliqué à un médiocre poëte! Est-ce
une compensation suffisante de toutes vos fatigues
dans ces pérégrinations si difficiles ators? -
cela j'ai répondu, d'abord, que cette peine était un
plaisir.
Fatigue si l'on veut, ma fatigue m'èst chère;
puis, que, dédié aux grands écrivains de la Grèce
et surtout à Homère, car je ne pensais pas alors à
Nonnos, ce voyage avait été pour moi, ce qu'il est
resté depuis, une véritable jouissance.
Quant à mes tortures de commentateur autour
de ces vers d'une géographie technique, je pourrais m'en consoler avec malignité, en réfléchissant
que le poète auteur de ces ennuis en a éprouvé
au moins autant à les composer; mais j'aime mieux
croire que ses efforts et les miens n'auront pas été
complétement improductifs, et que, si les notions
ethnographiques de Nonnos ne peuvent, comme
celles d'Homère, entrer dans un code hellénique,
elles jetteront du moins quelque lumière sur plusieurs points obscurs jusqu'ici dans l'histoire des
nations.
NONNI
COLLECTIO ET INTERPRETATIO HISTORIARUM
QUARUM MEMINIT S. GREGORIUS NAZIANZENUS.
Vide hujusce Patrologiæ tomum XXXVI, Operum S. Gregorii Nazianzeni tom. II.